‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 245 sur 277 · A TOULON · texte numérisé non relu

A TOULON

A Monsieur Le Comte de Ca^es, Ministre secrétaire d'Etat au Département de la Police générale.

Monseigneur,

La femme du nommé Simon, savetier, qui fut chargé par la Convention Nationale de la garde du malheureux Dauphin Louis XVII, se trouve en ce moment à Toulon.

Cette femme, veuve de ce Simon, épousa un agent comptable. Cet homme étant mort, elle se maria en troisième noces avec un nommé Giraud, marchand de planches à Toulon, dont elle est devenue veuve.

Elle eut du nommé Simon, deux fils qui ont été au service de l'ex Roi de Naples et qui doivent se trouver en ce moment à Marseille, elle eut de ses autres maris deux filles qui vivent avec elle.

Votre Excellence n'ignore point les traitemens infâmes que le nommé Simon et sa femme, firent éprouver au fils infortuné de Louis XVI. 11 parait que non contente de cette conduite infâme, la veuve Simon fait aujourd'hui trophée de ses procédés barbares envers ce rejeton de nos rois. J'ai voulu

I. Jusqu'à plus ample information, nous tenons les documents insérés sous la lettre C pour inédits. Us ont été copiés aux Archives Nationales^ c" F ' 6806.

établirjuridiquement les propos attribués à cette femmeetque Ton dit avoir été tenus par elle à un sieur PortanU, habitant de Toulon^ bon royaliste et jouissant d'une réputation intacte. Mais cet individu, soit par commisération, soit qu'il craigne de se compromettre, a prétendu qu'il n'étoit point à sa connaissance que la femme Simon eut tenu aucun propos condamnable.

Je suis aujourd'hui informé que les habitans de Toulon doivent adresser à la Chambre des députés, une pétition tendante à ce que la veuve Simon soit considérée comme régicide et tenue de sortir de France, conformément à l'article 7 de la loi du 12 janvier 1816.

Quoique la veuve Giraud, cy devant femme du nommé Simon, ne se trouve dans aucun des cas prévus par l'art. 7, il seroit instant que si cette femme n'est point renvoyée de France, elle fut au moins éloignée de Toulon, où sa présence ne peut produire qu'un mauvais effet.

J'ajouterai qu'au mois d'octobre 1814, époque où S. M. R. Monsieur le comte d'Artois, se rendit à Toulon, la veuve Giraud eut l'impudeur de se rendre avec ses filles au bal que la Ville offrait à ce prince.

Je prie Votre Excellence de me faire connaitre le plus tôt possible ses intentions relativement à cette femme.

Je suis avec respect.

Monseigneur,

de Votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur. Le Com'* sp' de police.

An. Roux.

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