‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 258 sur 277 · I . Cf. Intermédiaire y 30 août 1895 (Nouvelles · texte numérisé non relu

I . Cf. Intermédiaire y 30 août 1895 (Nouvelles

qu'il s'était chargé de remettre à don Carlos était bien celui d'un enfant de dix ans, le soumit à Texamen de quatre de nos confrères, les D' Jouin, Martellièrc, Siredey et Chevassus qui certifièrent, tous quatre, que le cœur soumis à leur examen appartenait à un enfant « de dix à onze ans'».

Nous nous mîmes en mesure, de notre côté, de faire, en toute indépendance, une contre-enquête, non plus auprès des médecins n'ayant aucune compétence déterminée, mais auprès de nos maîtres de la Faculté. Nous résumons ci-dessous leurs réponses * :

«Je ne crois pas, dit M. Séc, qu'il soit possible, dans les conditions énoncées, de se prononcer sur l'âge d'un cœur. Des coupes .pratiquées sur ce cœur ne pourraient rien apprendre de plus que la simple vue du cœur ouvert. »

Le D' Mathias Duv.il nous répondit à son tour qu'on a l'habitude de voir des pièces fraîches, d'une conservation certaine, et qu'il en est différemment des pièces conservées depuis cent ans; surtout qu'il y a conservation et conservation. Avec une bonne conservation on peut affirmer quMl s'agit d'un enfant et non d'un adulte. Mais le cœur de Louis XVII était-il bien conservé?

Le D' Tillaux, longtemps directeur de l'amphithéâ/re de Clamart, qui a pratiqué un nombre considérable d'autopsies, déclara « la question anatomique du cœur de Louis XVU insoluble ».

Frappé par un deuil de famille, le D' Laborde fut très bref, se réservant de parler plus tard :

<v Je crains que ces données ne suffisent pas pour établir la parfaite authenticité du jeune cœur royal, voué à tant d'aventures et de discussions, comme l'identité du personnage. »

Enfin, le D** Sappey attestait qu'il lut paraissait impossible de dire qu'un cœur,qui a été tourà tour plongé dans l'alcool et laissé à l'air libre, est un cœur d'enfant ou d'adulte. Le D'Jouin crut devoir s'élever avec force contre ces con-

1. V. àzusX^ Chronique médicale, (n* du i" novembre 1895) le fac-similé des certificats de nos confrères.

3. On trouvera les résultats complets de notre enquête dans la Chronique médicale àw 1" nov. 1895.

clusions et maintint son opinion, très formelle, sur Tâge du cœur qu'il avait examiné. Nous ne reviendrons pas sur son argumentation ; ce n'est, au surplus, qu'un débat académique.

Fût-il d'ailleurs prouvé que le cœur en litige avait appartenu à un enfant de lo à 1 1 ans, resterait à démontrer que cet enfant était bien le dauphin. Or le malheur est que tous les cœurs des enfants de lo ans se ressemblent à peu de chose près et que rien ne permet de distinguer un cœur de dauphin de France d'un cœur de manant M...

I. Dans une lettre en date du 2? avril 1901, M. Maurice Pascal, celui-là même qui fut jadis chargé de remettre le cœur de « Louis XVI 1 » à Don Carlos, nous fait connaître que cette relique se trouve « actuellement en la chapelle de Froshdorff, auprès du fichu ensanglanté que portait sur réchafaud Marie-Antoinette; auprès de reliques de Saint- Louis, roi de France, et des épines de la couronne d'épines de la Sainte-Chapelle de Paris. »

r DIVISION PRÉFECTURE DE POLICE

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