Robiquet, loc. cil
2. Le 30 mai, sur les trois heures, le roi de la Saint-Barthélémy s'éteignait.
Voici en quels termes les registres de la Ville (H. 1787, f 141) mentionnent la mort de Charles IX : <( L'an après le partement du roy de Polongne, le roy Charles ncufiesme de ce nom, ayant longuement esté malade au chasteau de Vincenncs, rendit son esprit à Dieu au dict lieu, le xxx* et pénultième jour de dimanche de la Pentecôte, au présent an 1574.»
M. Paul Robiquet a cru découvrir dans les termes de la lettre qu'il a pris soin de souligner, une ambiguïté que nous avouons n'y pas trouver.
« Il est impossible, écrit ce distingué historien*, d'affirmer d'une manière absolue que Charles IX est mort empoisonné ; mais cette conclusion pourrait être appuyée sur des présomptions assez fortes.
« De Thou, après avoir insisté sur la constitution robuste du roi, rapporte que bien des gens croyaient qu'on avait avancé sa mort : Tautopsie, d'après le même historien, ne fit qu'augmenter les soupçons, car on trouva dans le corps des taches livides. (Cf. Hist. Univ., t. Vil, p. 64).
« D'AuBiGNÉ accuse Githerine * d'avoir fait un étalage hypocrite de sa douleur, pour « arracher de la pensée des grands et du peuple l'opinion que presque tous avoyent qu'elle eust apporté de la fraude et de l'artifice à la mort de son fils. »(//»/., col. 701).
<ti Enfin Brantôme, qui nie les tâches livides, confirme qu'on professait publiquement Voppinion de la poison. {Hommes illustres, t. IV, p. 216). »
Voilà, évidemment, quelques présomptions, mais nous persistons néanmoins à nous en rapporter au document médico-légal que nous avons commenté, et nous continuerons, jusqu'à la découverte d'une pièce décisive, à nous en tenir aux conclusions que nous avons adoptées, et qui ne diffèrent pas sensiblement, du reste, de celles qu'avec sa haute autorité le professeur Brouardel avait formulées avant nous.
1. V. Hisi. municipale de Paris, par P. Robiquet, p. 658, n- 1.
2. V. dans Balzac, Etudes philosophiques sur Catherine de Médtcisy tome XV de l'édition Houssiaux (1874), p. 471 etsuiv., une très curieuse réhabilitation de cette reine, mère de trois rois.