‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 48 sur 277 · TRAITÉ AVEC LE BEY DE TUNIS, POUR LA CESSION DU CORPS DE SAINT-LOUIS · texte numérisé non relu

TRAITÉ AVEC LE BEY DE TUNIS, POUR LA CESSION DU CORPS DE SAINT-LOUIS

« Louangesà Dieu, Punique auquel retournent toutes choses ! Nous cédons à perpétuité à S. M. le roi de France un emplacement dans la Maalka, suffisant pour ériger un monument religieux en l'honneur de Louis IX, à l'endroit où ce prince est mort. Nous nous engageons à respecter ce monument consacré par l'empereur de France, à la mémoire d'un de ses plus illustres aïeux.

« Salut de la part du serviteur de Dieu.

« Le 7 de sefer, de l'année 1346 de l'hégire (juillet 1850).

Hussein, Pacha-Bey.

Que le Très-Haut lui soit favorable!

Le consul général des affaires du roi, Lesseps.

I. Marquis de Villeneuve-Trans, Hisioirs ds Saint Louis^ toi de France, 1. 1, p. xlvii.

PIÈCES JUSTIFICATIVES

Le 15 mai i843ytandis qu'on s'occupait de la restauration de la sainte Chapelle, des ouvriers, en levant une dalle au -centre de l'abside de la chapelle haute, tronvérent une boîte d'étain renfermant un cœur. Ce monument funéraire ne por* tant aucune inscription, une longue et confuse discussion s'engagea parmi les archéologues au sujet de ce viscère, que les uns prétendaient être celui du roi Saint Louis; ce que •d'autres niaient non moins énergiquement. II est assez généralement admis, à l'heure actuelle, que le cœur du saint roi repose, comme nous l'avons indiqué plus haut, à Montréal, près Palerme ; et, par suite, que le cœur trouvé dans la Ste'Chapelle ne saurait être attribué au roi Louis IX. Mais le champ des controverses reste toujours ouvert, car tous ne s'avouent pas vaincus*.

Le monastère royal de Saint-Louis de Poissy* fut fondé par Philippe-le-Bel, qui ordonna en mourant de déposer son cœur dans Téglise de l'endroit, laquelle possédait égale-

1. Cf. sur cette question, en faveur de la thèse de la non authenticité : Examen critique de la découverte du prétendu cœur de Saint Louis, faite à la Sainte-Chapelle, le 15 mai 184?, par Letronne, Paris, 1844 ; pour l'authenticité: Preuves de la découverte du cœur de Saint LouiSf rassemblées par MM. Berger de Xivrey, Deville, Ch. Lenormand, Le Prévost, P. Paris et le baron Taylor. Paris, 1846.

2. Dès le temps du roi Robert, et bâti peut-être par lui, il existait à Poissy un manoir ou maison royale, et trois anciens

ment dans son trésor la partie supérieure de la tête de Saint- Louis.

Le trésor royal de Saint-Denis conservait aussi un reliquaire de vermeil doré, où était enchâssée la mâchoire inférieure ou menton de Saint-Louis. Deux petites statues, représentant Philippe 111 et Philippe-le-Bel, supportaient la relique.

La tête de Saint-Louis a longtemps été conservée au Palais de Justice, et Ton y gardait aussi, dit-on, le dais sous lequel le monarque avait siégé en la chambre du Châtelet.

L'abbaye de Saint-Victor possédait une de ses côtes.

En 1298, Philippe-le-Bel fit exhumer de Saint-Denis le corps de son saint aïeul, pour le transférer dans la Sainte-Chapelle de Paris. A cette époque, plusieurs de ses ossements durent être- distribués à diverses églises, monastères, corporations et personnages marquants; d'autres en possédaient déjà. Ainsi, une côte de Saint-Louis existait à l'abbaye de Saint-Victor, dont l'abbé, Raoul (mort le 8 novembre 1247), avait été Tami du monarque. Ce prince, ayant été gravement mjilade à Saint-Germain-en-Laye, Marguerite s'engagea sur les Evangiles, en présence d'Adam de Chambly, évêque de Senlis, d'Eudes, abbé de Saint-Denis, et de Raoul, abbé de Saint-Victor, qu'elle mettrait à exécution de point en point le testament du roi son époux.

On trouve dans le Trésor des Chartres, cote 19, ce petit roole de la distribution des reliques de Sainct Loys :

« La Sainte-Chapelle du roi, â Paris, le chief (tête). » L'emperiez (l'empereur) aura une jointe (articulation) d'ung des doigts de Saint-Loys.

monastères, dédiés, dit Helgaud, historien contemporain, à la Vierge, à Saint-Jean et à Saint-Martin. Nos rois passaient souvent la belle saison en cette résidence, où Blanche accoucha plusieurs fois. La tradition porte que le lit où elle mit au monde Saint-Louis se trouvait placé au lieu même où fut bâti, dans la suite, le grand autel des religieuses dominicaines. On explique même, par cette circonstance, comment cette église ne se trouve pas orientée comme les autres. (Cf. Hist. de Saint LouiSy par le marquis de Villeneuve, t. 1, p. 542).

» Les professeurs de Paris, ung des os de sa main. » Les frères du Val-des-Escholiers-les-Compiègne, une joincte.

» L'abbesse de Pontoise, une des costes.

» L'abbé de Reaumont (Royaumont), une pièce de l'épaule.

» L'abbesse du Lys, ung des os de la main. »

Le cœur et les entrailles de Saint-Louis furent, comme nous l'avons dit, déposés dans la cathédrale de Montréal, la plus belle église de la Sicile. Un monument sépulcral, situé dans une des chapelles du chœur de l'église, renferme cette précieuse relique.

Une statue d'or, érigée à Saint-Louis par ordre de Philippe-le-Bel, était conservée dans la Sainte-Chapelle. Cette statue, où le monarque était représenté les yeux fermés, a servi de type à celle qu'on exécuta pour l'église des Carmes de la place Maubert. Le chœur renfermait des peintures ordonnées par Philippe-le>Long et par Jeanne, sa femme, fondateurs de cette maison, en 1317; et l'on y retrouvait Saint-Louis et sa famille, en habits de cour.

Une autre statue de ce monarque, très estimée des connaisseurs, figura longtemps sur le portail des Cordeliers de Parts. Elle provenait de l'ancien portail de l'hôtel des Quinze- Vingts, rue Saint-Honoré, fondé par Saint-Louis au retour de la croisade. Après la démolition de l'hôpital des Quinze- Vingts, les statues de Saint-Louis et de Marguerite, qui se trouvaient placées sur ce portail, furent déposées, en 1781, dans la salle des antiques du Louvre '.

En 1306, on fit la translation de la tête de Saint-Louis à la Sainte-Chapelle de Paris.

11 paraîtrait cependant que les ossements de Saint-Louis furent rapportés à Saint-Denis; car une seconde translation eut lieu en 1392, sous le règne de Charles VI, qui arriva au Moustier royal avec une châsse d'or de 252 marcs. Elle avait été commencée par Charles V. Les principaux personnages du royaume furent appelés à celte cérémonie. Le roi, en manteau royal, porta lui-même les os sur l'autel. 11 en donna

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