Les Poisons dans Vbisioire (en préparation
3. « Ce prince (Charles V) avait, dans sa jeunesse, été empoisonné par Charles le Mauvais. L'activité du poison lui avait fait tomber les ongles et les cheveux; longtemps ses
■ jours avaient été menacés ; il n'avait dû sa guérison qu'aux soins assidus d'un médecin de l'empereur Charles IV, qui avait conseillé un cautère au bras et prescrit le régime à suivre, en annonçant que quand le cautère cesserait de couler, sa vie serait en danger, et qu'il mourrait peu de temps après. «Ce fut tm ijSoque Charles s'aperçut de cette suppression, triste présage de sa fin. » Berthevin, Recherches historiques sur les derniers jours des rois de France y Paris, 1825, p. • 29. Henri Martin, Sismondi, etc. ont réédité Terreur commune.
Vers 1365, le roî présenta une déformation articulaire de la main droite, à la suite d'accès de goutte : n'oublions pas que Charles V était fils de rhumatisant, arrière-petit-fils de goutteux; que son oncle était mort de cachexie goutteuse; que Tun de ses frères, sinon deux, avait également subi les atteintes de la même diathèse.
Enfin, le 16 septembre 1380, à la suite d'unesérie d'attaques de goutte, le roi succombait, après avoir présenté les symptômes suivants, que nos confrères pourront comme nous interpréter : un état persistant d'orthopnée, des phénomènes asphyxîques, du délire, des douleurs terribles, avec angoisse cardiaque (le malade poussait des cris dont toute la maison retentissait), et de l'hyperestésie des téguments *.
N'est-ce pas là le tableau symptomatique de l'angine de poitrine coronarienne, telle qu'on l'observe dans une lésion de l'aorte — et ce diagnostic est-il en désaccord avec ce que nous venons de faire connaître des antécédents goutteux du père de Charles VI?
I. Cf. la Relation anonyme dj la mort de Charles K, par Hauréau {Notices et Extraits des Mss. de la Bibliothèque Nationale, 1886, t. XXXI, 2' partie, p. 5).
PIÈCES JUSTIFICATIVES