I. Chronique anonyme de Monstrelet, t. VI, p
a. Monstrelet, Chronique, I. 1,'ch. 170.
). Manifeste de Jean-Sam-Peur contré les armagnacs (as avril 1417) envoyé aux bonnes villes du Royaume (Pannier, Louis duc de Guyenne, p. 19) : « Et (de Paris) nostre dit très redoubté seigneur et neveu arriva audit lieu de G)mpiègne le jour de son partement de haute heure, combien quMl y ait vingt lieues de distance dudit lieu de Paris jusques audit lieu de Compiègne, lequel inconvénient n*a pas esté seul. Car le soir dudit jour, nostre dit très redoubté seigneur et neveu fut très griefvement malade, et sans longtemps après est allé de vie. à trepassement, tout enflé parmi les {oues, la langue, les boulevres et la gorge, et les yeux eslevez et ss^illants hors, laquelle chose est grant pitié à voir, vu qu'icelle fourme de mourir est une des manières dont gens empoissonnés ont accoustumé de mourir, et l'ont empoisonné les dessus dits rapineurs pour pareille raison qu'ils empoispnnèrent nostre dit très redoubté seigneur son frère. »
Maintenant que nous connaissons ses ascendants et ses collatéraux, il ne nous reste plus qu'à étudier ses maladies acquises.
C'est au début de l'année 1454 que la santé du roi commence à s'altérer. Ses indispositions sont, à partir de cette date, assez fréquentes, et Tannée suivante, il doit écrire à un de ses fidèles* pour le rassurer sur son état. Nous mentionnerons seulement,* sans y attacher d'autre importance, un accident dont il avait failli être victime (le 11 octobre 1422), étant à la Rochelle, où il tenait conseil avec ses barons : le plancher de la chambre où l'^assemblée se trouvait réunie s'écroula soudain, et plusieurs des assistants furent grièvement blessés ; Jean de Bourbon y trouva même la mort. Le dauphin (futur Charles VU) resta dans sa « chaire » et ne fut que légèrement contusionné*. ' il garda longtemps le souvenir de cet accident, qui avait vivement frappé son imagination
1. Le 26 septembre (145^) il écrivait à Chabannes : « Et à ce qae nous escrivez que avez envoie maistre Pierre Burdelot par deçà pour sçavoir au certain de Pestât et disposition de nostre personne, pour ce que nouvelles ont esté par delà que avons aucunement esté mal disposez... nous avons deux ou trois jours estez ung peu mal disposez d^ung costé, mais, grâces à Nostre Seigneur, nous sommes très bien gueris« et aussi en bonne santé et disposicion que feumes longtemps a... » Fresne de Beaucourt, cité par Brachet, op, cit,. Ut, p. 326.
2. Cf. Monstrelet, édition Doùet, t. IV, p. 12a, oct. 1433, et p. 143 ; Chronique d'Altnçon, édition F. de Beàucourt, t. 1, p. 240, n. 2 ; GesUs dês nobles^ édition Vallet de Viriville, p. 187, chap. 196; Jouveneldes Ursins,dansF.de Beaucourt, t. 1, p. 240, n. 2; Raynal, Histoire du Berry, t.. 111, i** partie, p. 9, etc., etc.
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malade: il lui en resta des terreurs, des défiances continuelles *, et une mobilité de caractère * et d'humeur, qui nous autorisent à le classer parmi ces névropathes qu'on nomme plus précisément des neurasthéniques, dans notre langue médicale actuelle.
Cette neurasthénie peut-elle être rattachée au précédent traumatisme? Nous venons de voir qu'il n'avait reçu qu'une contusion légère ; encore sommes-nous peut-être allé un peu loin dans l'interprétation des textes ; nous aurions dû dire plutôt une commotion. Qyoiqu'il en soit del'étiologie de cette neurasthénie, nous ne devions pas omettre de la signaler... A-t-elle lieu de nous surprendre chez le fils de cette Isabeau dont nous avons révélé les tares psychiques ? Et seronsnous davantage étonné que Charles Vil ait manifesté un goût, que l'on peut dire assez vif, pour les « damoiselles folles de leur corps » et les « grandes, belles et honnestes dames », qui devaient rechercher à l'envi les faveurs de ce roi de physionomie agréable et de maintien gracieux ? '
Pendant un temps, certes, il fut sobre et tempéré, ce qui contribua beaucoup à le maintenir en bon état : il fut rarement malade, parce qu'il observait fidèlement le régime que les médecins lui avaient prescrit. Mais, plus tard, la vie licencieuse * qu'il