II. — Possibilité de conslilution de sociétés de capitaux
Le développement du chalutage à vapeur a entraîné la constitution de sociétés anonymes. Il ne pouvait en être autrement, les grands chalutiers représentant des valeurs considérables, parfois plusieurs centaines de mille francs, et nécessitant de forts capitaux pour leur exploitation. Si bien que le plus grand nombre des chalutiers à vapeur sont possédés par des sociétés anonymes. É
La création de bateaux à moteur peut-elle entraîner semblable conséquence?
IT est certain que les bateaux mixtes, tels que nous les concevons, ne représenteront pas des valeurs approchant, même de loin, celles des puissants trawlers. La société anonyme ne sera donc pas la condition sine qua non, en quelque sorte, de leur développement. Mais se présentera-t-il des cas où l’exploitation du voilier à moteur pourra être susceptible d’attirer l'argent des capitalistes par la perspective de bénéfices intéressants ?
Il serait bien difficile de l’avancer en ce qui touche les
petites unités des pêches côtières ; celles-ci semblent a priori
(1) Il peut être intéressant de mettre en relief la part des frais revenant au moteur. Ce tableau l'indique.
Puissance du moteur en HP| € 40 14
caen
Nombre de moteurs 2.700! 1.100 600 300
| Coûtannuelpar moteurenf.| 1.500! 2.400) 3.000, 5.100
Coût total en millions de f.| 3.05 | 2.64 | 1.80
devoir rester tout d’abord, comme les voiliers d'aujourd'hui, la propriété exclusive du patron.
Au contraire, les unités un peu considérables, d’une valeur déjà assez élevée, offriront, sans doute, un champ assez vaste à la constitution des sociétés. En dehors des sociétés anonymes, réservées aux exploitations nécessitant de gros capitaux, il y a place, ici, pour des associations formées entre gens se connaissant, connaissant un ou plusieurs bons patrons de pêche et désireux de faire fructifier leurs fonds en utilisant les capacités de ces derniers ; dès lors, la forme normale est la commandite
simple ou par action.
Un exemple permettra de concevoir le mode d’organisation d'une de ces sociétés.
Nous supposerons qu'il s’agit de l'exploitation du dundee à moteur, dont le bilan annuel à été exposé précédemment (1).
Nous rappelons ses caractéristiques : 30 à 35 tonneaux, moteur 28 HP, équipage : 6 hommes dont le patron, pêches : thon, poisson frais, etc.
Le capital nécessaire serait de 30,000 fr., divisé en plusieurs parts.
Les produits de l’exploitation seraient répartis à raison de 2/5 pour les associés propriétaires, 3/5 pour le patron de l'équipage.
Les obligations et charges seraient partagées ainsi
Les associés propriétaires du bateau assureraient les dépenses afférentes à l'entretien, au carénage, aux assurances, aux charges imposées par la loi, aux frais généraux, à 2/5 des frais de vente du poisson et l'amortissement du matériel. Le
patron et l'équipage régleraient les dépenses de combustible
(1) Voir page.153,.
liquide, huiles de graissage, d'appâts et 3/5 des frais de vente.
Ils assureraient leur nourriture (1).
Le gérant recevrait 2 % du produit brut de la vente. Le devis d'exploitation annuelle s'établit ainsi :
Capital. — Achat du bateau :
Coque et gréement.............. 16.000 f. »
MOTS I RE To en nt De 11.000 »
LORIE 27.000f. 27.000f.»
Hondside soulement. 02.2. Montre Mere 3.000 » TOR 30.000 f. »