‹ Les moteurs à explosions dans la marine de pêcheChapitre 99 sur 171 · IV. — Eventualité d'une crise économique consécutive à la · texte numérisé non relu

IV. — Eventualité d'une crise économique consécutive à la

transformalion de l'armement.

La surproduction est un accident économique, résultant d'une rupture d'équilibre soit entre les facteurs de la production, soit entre la production elle-même et le marché.

Cas de surproduction

Une chaloupe bretonne, armée de la senne tournante, rentre chargée de sardines à tel point que l'usine refuse ensuite le poisson pêché, au filet dérivant, par les autres barques. Un grand chalutier vapeur arrive dans un port et y liquide toute

sa pêche ; les pêcheurs locaux ne peuvent plus vendre la leur,

— in

Dans le premier cas, c’est l'usine qui est insuffisante ; dans le second, ce sont les débouchés du port. Si des machines à grand débit avaient pu traiter toute la sardine, si un train de marée s'était trouvé pour enlever tout le poisson, il n’y eût pas eu surproduction.

Que l’on admette un instant l'entrée en service, subite, à l'heure même où nous sommes, de quelques milliers de bateaux à moteur ; avec l’organisation actuelle ce phénomène produirait, à n’en pas douter, des perturbations économiques très graves : la chute des prix, le chômage..., toutes les conséquences de la mévente.

Aussi, et c’est maintenant que nous pouvons saisir toute l'importance des questions traitées dans le titre I” de la deuxième partie, avons-nous admis que la transformation de la flotte ne devait être qu’un article de tout un programme de réformes intéressant aussi bien l'outillage que le marché de la pêche.

Dès lors, si à une production plus intense s'ouvrent des débouchés plus grands, si au perfectionnement des méhodes et des moyens correspond le perfectionnement du marché, il n’y aura pas surproduction.

Il n’y aura pas, en conséquence, de chute de prix qui lui soit imputable.

Nous avons admis, nous le rappelons, une substitution progressive de mixtes à voiliers ; nous n'avons pas voulu nous placer dans l’hypothèse de la création d’une flotte mixte comptant plus d'unités que la flotte à voile qu’elle remplacerait. Ce serait demander au marché un accroissement de débouchés trop rapide pour être, dans la moyenne des cas, vraisemblable.

Ceci ne veut pas dire que des crises isolées n'’éclateront pas ; aucune entreprise humaine n’en est à l'abri. Mais ce ne

seront que des accidents passagers, sans aucun caractère d’un

mal endémique et à coup sûr beaucoup moins graves que la crise de la pêche bretonne, crise sans issue, précisément parce qu’on veut la conjurer par des remèdes qui sont le contre-pied

du progrès, vrais contresens économiques.

Ces vues sont confirmées par des faits et nous avons, en France même, l'exemple d’une industrialisation intense de flotte de pêche qui s’est opérée sans heurts et pour la plus

grande prospérité de la région où elle s’est produite.

Cet exemple, c’est celui de Boulogne-sur-Mer. En une quinzaine d’années, l'emploi de la machine à vapeur, à bord

des bâtiments, a transformé l’armement de pêche de ce port.

Il y à donc eu là une expérience d'autant plus précieuse qu'elle a aujourd’hui la sanction du temps et qu'elle a porté

sur des pêches considérables et variées.

Nous en exposons, dans le tableau ci-après, les diverses

phases et les résultats.

8 E ATOME EE El Le EME = E S's MN sde Merle QSÉMNEES Bi Me ee MECS ler ENS 2 RS MAS S IA SSNS ES Sn Aves el er MaSetlresimies RE NE RE ES 1 UNSS OMIS) MES VS ON Pt 2e < Elo = éo le he Ness ss 2.2 Z à = Fa ds |= RS ee She = ee S © à a 3 E AND NE SA a Abe & At ST © Sa Fe À =] = 1871 | 268 | 7.430 » » » 91467 8,67 |400 »| 3 ASSIS 205700 » 2 » 81,11 | 10,44 [335 »| 3,6 | 18911284 | 9.120 » 8 » 4,04 | 14,24 1319 »| 5 1900 | 286 111.100! 27 28 19 LS RIRE RE ER 1e 1906 | 243 [23.470] 40 55 60 70,47 | 84941858. »\18

(4) Nous n'avons de renseignements que sur les harenguiers en service depuis 1893. (2) Nous n'avons (le renseignements que sur les petits vapeurs en service depuis 1879. (3) Nous n’avons de renseignements que sur les grands vapeurs en service depuis 1894. (4) Ou puissance de pêche au tonneau.

D'après les documents du rapport de M. Brasseur, au Con-

grès de Bordeaux (1908) : Boulogne, port de pêche.

QUELQUES PRIX DE VENTE 1891 | 1901 | 1906 OBSERVATIONS Morue le kilog. en fr.| 0 43 | O 71 | O 54 D'après les documents Maquereau frais — US 08007 du rapport de M. Brasseur au Congrès de Bordeaux Hareng frais — 0 28 | 0 37 | O 23 | (1908) : Boulogne, port de pêche.

Poisson frais 0 0 65 j

Le prix de la tonne de poisson n’a donc pas sensiblement varié.

La raison de ce maintien des cours est bien celle que nous avons fait prévoir.

Les prix se sont maintenus parce qu'il n’y à pas eu surproduction ; il n'y a pas eu surproduction, parce que le marché boulonnais a su s'organiser en même temps que la flotte se transformait. La place est toujours restée saine, ainsi qu’en fait foi la comparaison du produit de la pêche avec les exportations

et les importations.

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