‹ Les mots de VoltaireChapitre 45 sur 62 · Au théâtre · texte numérisé non relu

Au théâtre

Le nombre des gens qui remercient Dieu est petit; ceux qui se donnent au diable composent la grande partie de ce monde. Pour moi, je jouis du bonheur des autres.

Je n'ai fait qu'une chose raisonnable dans ma vie, c'est de cultiver la terre. Celui qui défriche un champ rend plus de service au genre humain que tous les barbouilleurs de papier de l'Europe.

Je tire de mon cerveau ce que je peux, mais le cerveau est bientôt desséché, il n'y a que le cœur d'inépuisable.

Je trouve que plus on est vieux,plus on doit être hardi. Je suis du sentiment du vieux Renaud qui di-ait qu'il n'appartenait qu'aux gens de quatrevingts ans de conspirer.

Il y a deux monstres qui désolent la terre en pleine paix : l'un est la calomnie, et l'autre l'intolérance; je les combattrai jusqu'à ma mort.

Je voudrais que mon nom fût anéanti et que mes œuvres subsistassent.

Le mérite et la persécution sont mes cordons bleus.

Je puise ma sensibilité pour les innocents malheureux dans le même fond dont je tire mon intlexibilité avec les perfides.

Jean-Jacques ^ n'écrit que pour écrire, et moi j'écris pour agir.

Si la nature ne m'avait donné deux antidotes excellents, l'amour du travail et la gaîté, il y a longtemps que je serais mort de désespoir.

J'aime passionnément la philosophie qui tend au bien de la société et à Tinstruction de l'esprit humain, et je n'aime point du tout l'autre.

J'aime passionnément à dire des vérités que d'autres n'osent pas dire et à remplir des devoirs que d'autres n'osent pas remplir.

Je n'ai point sacrifié ma liberté au roi de Prusse et je la préférerai toujours à tous les rois. 1. Jean-Jacques Rousseau.

L'étude fait tous mes titres, tous mes honneurs, toute mon ambition.

La carrière de Ninon de Lenclos qui ne fit point de vers, et qui eut et donna longtemps beaucoup de plaisir, est assurément préférable à la mienne.

Je trouve que le plaisir de secourir les hommes est la seule ressource d'un vieillard.

Je cultive mon jardin; mais il faut bien qu'il y ait des crapauds ; ils n'empêchent pas mes rossignols de chanter.

Ma destinée est de prendre le parti des opprimés.

J'ai dans toutes mes passions détesté le vice de l'ingratitude : et si j'avais obligation au diable je dirais du bien de ses cornes.

Je n'ai d'autre prétention en ce monde que de satisfaire mon cœur.

:29i MOTS DE VOLTAIRE

Je crains bien de mourir en 1772; c'est l'année centenaire de la Saint-Barthélemi.

Si j'ai quelque bonne qualité en moi, elle parait si peu au dehors qu'il faudrait m'ouvrir l'estomac pour la trouver.

Mon symbole à moi est : Je pardonne à ceux qui se trompent, je les prie de me pardonner de même.

Pardonnons aux hommes et qu'on nous pardonne. Je finis par ce souhait unique que Dieu veuille exaucer.

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