En amour, dans la vieillesse
i8 MOTS DE VOLTAIRE
Je crois bien que de cent jeunes femmes qui ont de vieux maris, il y en a quatre-vingt-dix neuf au moins qui souliaitent sincèrement leur mort; mais vous en trouverez à peine une qui veuille se charger d'empoisonner celui dont elle voudrait porter le deuil.
Le divorce est probablement de la même date à peu près que le mariage. Je crois pourtant que le mariage est de quelques semaines plus ancien.
Pour juger valablement un procès d'adultère, il faudrait que douze hommes et douze femmeâ fussent les juges, avec un hermaphrodite qui eût la voix prépondérante en cas de partage.
Les philosophes erotiques ont souvent agité la question si Héloïse put encore aimer véritablement .I?>e7rt/^6Z quand il fut moine et châtré? L'une de ces qualités fai sait très grand tort à Tautre.
Le cardinal de Fleuri appelait les femmes qui avaient cette faiblessepourleursvaletsde chambre des femmes valétu dinaires.
11 est plaisant qu'onait faitune vertu du vice de
chasteté ; voilà encore une drôle de chasteté que celle qui mène tout droit les hommes au péché d'Onan, et les filles aux pâles couleurs !
C'est une superstition de l'espèce humaine d'avoir imaginé que la virginité pouvait être une vertu.
Newton disait qu'un Anglais avait converti sa première femme, mais n'avait pas pu venir àbout de laseconde, parce que ses arguments avaient plus de force autrefois.
Vous ne trouverez pas une femme dans Paris qui se tue pour ne pas être violée.
Pour les filles ou femmes qui se plaindraient d'avoir été violées il n'y aurait, ce me semble, qu'à leur conter comment une reine éluda autrefois l'accusation d'une complaignante.EUe prit un fourreau d'épée ; et le remuant toujours, elle fit voir à la dame qu'il n'était pas possible alors de mettre l'épée dans le fourreau.
Il ne faut pas qu'on prononce en public un mot , qu'une honnête femme ne puisse répéter.
Tous les raisonnements des hommes ne valent pas un sentiment d'une femme.
Une des raisons qui doivent faire estimer les femmes qui font usage de leur esprit, c'est que le goût seul les détermine.
Un instinctheureux fait apercevoir aux femmes d'esprit si on parle Lien ou mal ; c'est aux philosophes à développer cet instinct.
Il était ridicule autrefois d'être savant,parce que les siences étaient ridicules en elles-mêmes. Un homme qui savait tout ce que l'école enseigne ne savait que des impertinences ; mais aujourd'hui il est permis même à une femme de savoir, parce qu'en effet la lecture de bonslivres et les vérités mathématiques n'ont rien que de respectable.
On a vu des femmes très savantes comme il en fut de guerrières ; mais il n'y en eut jamais d'inventrices.
Il y a dans Paris un grand nombre de petites sociétés où préside toujours quelque femme qui dans le déclin de sa beauté fait briller l'aurore de son esprit.
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N'est-ce pas assez que les femmes soient jalouses en amour ; faut-il encore qu'elles le soient en belles-lettres ?
Vous autres femmes vous êtes accoutumées à être le premier mobile destragédies, comme vous l'êtes de ce monde. 11 faut que vous soyez amoureuses comme des folles, que vous ayez des rivales, que vous fassiez desrivaux; il faut qu'on vous adore, qu'on vous tue, qu'on vous regrette, qu'on se tue avec vous. Mais, mesdames, Cicéron et Caton ne sont pas galants. César et Catilina couchèrent avec vous, j'en conviens ; mais assurément ils n'étaient pas gens à se tuer pour vous.
J'ai connu un commis des bureaux de Versailles, né avec beaucoup d'esprit, qui disait : Jesuis bien malheureux, je n'ai pas le temps d'avoir du goût.
Ne ressemblons-nous pas presque tous à ce vieux général de quatre-vingt-dix ans, qui, ayant rencontré des jeunes gens qui faisaient lin peu de désordre avec des filles, leur dit en colère: Messieurs, est-ce là l'exemple que je vous donne?
Rousseau^ ayant montré à son antagoniste^