‹ Les mots qui restent: supplément à la troisème édition du "Musée de la conversation"; répertoireChapitre 1 sur 258 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

aux hypothèses plus ou moins fantaisistes qui ne sont appuyées d'aucun document, d'aucun texte précis. C'est ce qui nous a fait écarter la plupart des anciens proverbes, pour lesquels il se présente souvent deux ou trois explications, plus incertaines les unes que les autres* Nous ne les avons mentionnés que très exceptionnellement, en particulier quand leur souvenir se rattache à quelque circonstance marquante.

Nos recherches ont du porter surtout sur les formules d'origine littéraire, c'est-à-dire sur les mots écrits par leurs auteurs eux-mêmes ou sur les paroles prêtées à divers personnages par des témoins plus ou. moins véridiques, par des biographes ou des historiens plus ou moins scrupuleux.

En chacune de ces formules, il y a lieu de considérer deux éléments bien distincts : le fond, c'est-à-dire l'idée qu'elle exprime, et la forme.

Dans bien des cas, ce n'est qu'au point de vue de la forme qu'on peut espérer éclaircir leur origine. En effet, lorsqu'il s'agit d'une idée générale, relative à la morale par exemple, il est le plus souvent impossible de lui découvrir un auteur. On peut dire que cette idée n'appartient à personne, et pour en retrouver la source première, il faudrait remonter, non pas seulement à l'antiquité, mais aux premiers âges de l'humanité. Les formules modernes qui expriment ce genre d'idées ne font que répéter ce qui a été dit maintes fois, et l'on verra, en plus d'une occasion, se vérifier cette réflexion de Voltaire à propos de l'épitaphe que le poète François Maynard s'était composée :

« La plupart des beaux vers de morale sont des traductions. ))

[Ecrl^>ains français du siècle de Louis XI V^ art.

Maynard.)

« A présent, écrivait-il une autre fois, dans une lettre à

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