ALLER ALPHONSE
pas être antérieur à juillet 1790. Du moins n'en a-t-on retrouvé aucune trace avant cette époque.
Quant au couplet révolutionnaire que l'on cite souvent, on ne le voit figurer dans aucune des versions connues du Ca ira.
« Quelques-uns, dit Dumersan dans le recueil cité plus haut (p. 77), ajoutèrent de sinistres paroles que je n'ai jamais vues imprimées, mais qu'à cette époque j'ai entendu chanter dans les rues et les promenades :
Ah I ça ira, ça ira, ça ira, Les aristocrates à la lanterne ; Ah I ça ira, ça ira, ça ira.
Les aristocrates on les pendra ; Et quand on les aura tous pendus.
On leur fich'ra la pelle au c...
» C'est tout ce que je me rappelle de cette brutale improvisation. »
M. Isambert n'a pu retrouver qu'un lambeau de ce couplet, dans un certain Dictionnaire laconique, imprimé en 1791.
Toutefois, il est certain que le cri sinistre « à la lanterne ! » remonte à 1789. On l'entendit souvent retentir dans les journées des 5 et 6 octobre, et il dut prendre naissance lors des pendaisons qui furent faites dès le mois de juillet au fameux réverbère de l'épicier Delanoue, au coin de la place de Grève et de la rue de la Vannerie.