VEAU
On dirait du veau !
(Supplc^mcnt.)
Le mot est un peu plus ancien que nous ne pensions.
Un auteur dramatique de beaucoup de talent et d'esprit a eu Théroïque courage de réclamer la paternité de cette malheureuse locution, et de nous révéler sa véritable origine.
Voici ce que M. Ernest Blum écrivait dans le Gaulois du 18 mars 1898 {Journal d'un vaudecillisté) :
(( On dirait du veau » est tout simplement une de ces inspirations qui font partie de mes œuvres complètes...
» Nous écrivions, Blau, Toché et moi pour Offenbach un livret d'opérette iniiiulù Belle Lu/'Ciie, — je précise, rintègre histoire Texige. L'amusante Desclauzas, qui devait jouer dans la pièce, avait à exprimer son opinion sur un homard qu'elle venait de manger et qu'elle trouvait excellent ; l'un de mes collaborateurs lui avait fait s'écrier:
)) — On dirait du bœuf!
)) Une me sembla pas que la chose fût suffisante, et pour l'accentuer, à la place de bœuf je mis veau. C'était délicieux ! »
Effectivement, à la scrne x du 1""* acte, la nommée Marceline, patronne d'une blanchisserie, trouvant ses ouvrières en train de faire la fête avec des gardesfrançaises, consent à prendre part au festin et se laisse tenter par un superbe homard :