CHAISE CHANGER
On sait que, dès les premières années du r^'^gne de Louis-Philippe, la gaieté des Parisiens, longtemps comprimée par un régime austère, sembla vouloir prendre une éclatante revanche, et passa par une sorte de crise aiguë, qui atteignit son paroxysme à Pépoque du carnaval, en 1834 et en 1835.
C'était h; temps où lord Seymour, sui'uommé milord TArsouille, étonnait Paris |)ar ses luxueuses excentricités, (jue d'ailleurs on se |)laisait à exagérer.
On se ruait aux bals Musai'd, (|ui, après avoir quitté la salle des Variétés, et avant de pénétrer à FOpéra, se donnaient alors rue Saint- Honoré, 359.
(( Là, disait-on à propos de ce roi de Torchestre, dans le Figaro du 3 mars 1835, tout obéit à ses fantaisies ; dépassant Rossini, il a placé le fracas dans Torchestre ; la contredanse de la chaise cassée se termine par la criaillerie de cinquante chaises /^risées du même coup. Le fouet, K3 pistolet, le pétard, tout lui devient harmonie pour célébrer ses joies. »
Cinquante chaises brisées !... cela représente un assez joli total de bâtons, dont Texistence, au milieu de cette cohue» en délire, devait olFrir un parfait modèle de désordre et d'agitation, bien digne de rester proverbial.
Sans nous exagérer la valeur de cette hypothèse, qui "^s'appuie sur un fait certain, nous la croyons préférable à celles qui ont été proposées jusqu'ici.