CHOIX
Voici le sabre de mon père !
Tu vas le mettre à ton côté.
Ton bras est fort, ton âme est fière. Ce glaive sera bien porté...
Fritz répond :
Vous pouvez sans terreur confier à mon bras
Le sabre vénéré de monsieur votre père. . .
Je reviendrai vainqueur, ou ne reviendrai pas!
Il y a cinquante ou soixante ans, il était fort question de ce vénérable accessoire dans les pièces larmoyantes.
Le 21 octobre 1836, à ce même théâtre où Ton devait applaudir un jour la spirituelle boulFonnerie de MM. Meilhac et Halévy, un public moins blagueur s'attendrissait en écoutant une touchante comédie de Ch. Desnoyers et d'Avrecourt, intitulée VEpée de mon père,
A la dernière scène, Henri, Tun des héros, renonçant à celle qu'il aime, s'écrie :
(( Pour me consoler, pour me faire oublier mon amour, il me reste... ma mère... et cette épée. L'épée de mon père ! »
Dans la Closerie des genêts, drame en cinq actes de Frédéric Soulié, représenté à T Ambigu-Comique le 14 octobre 1846, un personnage, apportant des épées pour un duel, disait solennellement aux deux adversaires :
« Voici les épées de vos pères ! )>
Nous citerons enfin ces vers de Victor Hugo, adressés à la France :
T'insulter ! t'insulter! ma mère!
Mais n'avons-nous pas tous, ô ciel !
Parmi nos livres, près d'Homère, Quelque vieux sabre paternel ?