DÉLUGE
Après nous le déluge I
L'historien grec Dion Cassius rapporte, au chapitre LVIII de son Histoire romaine^ que Tempereur Tibère avait jcoutume de répéter cet ancien adage :
Eaou 6avovTOç yaia [Xi/ÔYjTO) tcuçi.
Vers grec que Ton croit tiré du Bellérophon d'Euripide, et dont on trouve plusieurs mentions dans les anciens auteurs. (Cicéron, De finibus^ I. III, ch. xix ; Sénèque, DeClementia^ I. II, ch. ii.)
II signifie littéralement :
(( Après ma mort, que la teri*e soit dévorée par le feu ! »
et peut se traduire par :
(( Après moi la fin du monde ! »
Au récit de Suétone, Néron, entendant ce vers cité par un de ses familiers, s'écria :
(( Que ce soit de mon vivant ! » (K{xou Cwvtoç) et il exécuta sa menace.
(Vie de Néron, chap. 28.)
Le mot : « Après nous le déluge ! » qui n'est qu'une variante du précédent, parait avoir été de ceux qu'affectionnait M'°® de Pompadour.
Voici ce qu'écrit à ce propos M"*^ Marie Fel (chanteuse de l'Opéra, née en 1706), dans une note sur le peintre Quentin de La Tour, un de ses adorateurs :
(( Il m'a raconté aussi que peignant M""® de Pompadour, le roy, après l'affaire de Rosbach, arriva fort triste, elle luy dit : qu'il ne falloit point qu'il s'aflligeàt,
au'il tomberoit malade, qu'au reste après eux le éluge.
» La Tour retint le mot ; quand le roy fut party, il