CHAMBALOT, MARIANNE, ANNE-MARIE
CHAMBALOT
Mademoiselle, je voua remercie. Que vous avez le u^este gracieux!... Vous vous appelez Anne-Marie?...
ANNE-MARIE
( )ui, monsieur. {\ Marianne.) Gomment va l'oncle?
MARIANNE
Tout de même. Et toi?
ANNE-MARIE Tout de même. (Elle va ranger à droite et à gauche.) GHAMBALOT
Et la fièvre typhoïde s'est attaquée à cette charmante petite fille?
MARIANNE
Ah oui donc!.. Elle est orpheline, alors j'en ai la charge, vous savez... Vous n'allez pas rester dans le pays?
GHAMBALOT
Si... Pourquoi? Ça vous chiffanne?
MARIANNE
Ohl Je vous reconnais bien!... Eh, oui!... Dimanche, à Fouesnant, vous avez écrasé le petit toutou de la balayeuse. Son chien, c'était son seul plaisir, donc!... Elle n'a plus personne, la vieille... Ah! si vous n'aviez pas filé si vite, vous l'auriez vue pleurer en le ramassant... Elle lui parlait comme à son enfant... quoi!
La douleur avive l'intelligence!.... A qui, ces framboises-là, dans le panier? C'est pour vendre? Je les achète. .. Voilà quarante sous.
MARIANNE
Il y en a pour trois francs. Je les ai payées cinquante sous à mon gendre!
CHAMBALOT. (il en mange quelques-unes aussitôt.)
^'()us avez eu tort. Moi, jo ne me laisse })as rouler, quoique Parisien.
MARIANNE
C'est mallieureux tout de même... Je i)erds là-dessus dix sous... C'est bien pour ne pas faire de bruit chez le docteur.
CHAMBALOT
liomerciez-moi. Pour réparer cette ])etite perte, vous inventerez, tout à l'heure, au marché, dos moyens plus astucieux de profit... Et ce que vous aurez gagné en adresse commerciale, vous servira beaucoup dans hi suite. (Ironique.) Vous avez compris? Non? Ça ne fait rien !