I-'ig. 78. — Variation des écailles, pattes. Il renfer
d'aprèsFicaibi.- a, écaille de intérieurement les puissants muscles alaires.
Le métatliorax est très réduit; il porte les balanciers et la troisième paire de pattes; on voit en outre, sur ses parlies latérales, les stigmates thoraciques postérieurs.
La face dorsale du thorax est souvent glabre; les côtés sont généralement ornés de poils, de soies et d'écaillés qui descendent jusque sur les hanches et affectent une disposition variable, suivant les espèces. D'autres fois, elle porte des soies de taille inégale, dans l'intervalle desquelles apparaissent les téguments [Anophèles] ; ou bien, elle est ornée d'écaillés plus ou moins longues, de forme et de coloration diverses (fig. 78, a-c) et disposées en dessins caractéristiques (Culex, fig. 79, b).
la nuque de Culex hortensisQ :
b, écaille du thorax de C. spathipalpis Q; écaille du thorax de C. pipiens o'; d, écaille de la patte de C. pipiens ; e, écaille du bord alaire de C. pipiem. — a, b, c, X 373 ; d, e, X 430.
Fig. 79. — Schème de la disposition des ornements colorés, d'après Ficalbi. — n , Culex pipiens vu par la face dorsale ; b, thorax vu d'en haut; c, d, abdomen vu d'en haut ; e, articles du tarse.
MORPHOLOGIE ET ANATOMIE
Ailes. — Les ailes sont diaphanes et se recouvrent sur l'abdomen à l'état de repos; on trouvera plus haut (p. 3 à 6) tous les détails utiles sur leur structure et leurs variations. L'incisure axillaire, l'alula et la tegula font défaut ou sont de taille moyenne (Culex) ; l'antitegula est bien distincte. Les nervures, ainsi que les bords
Fig. 80. — Aile de Culex pipiens.
Fig. 81. — Aile A' Anophèles maculipennis.
apical et postérieur, portent des rangées d'écaillés, qui affectent trois formes différentes (fig. 78, e) et donnent à l'aile un aspect cilié. Chez les Culex, la membrane alaire est généralement claire et incolore (fig. 80); chez les Anophèles, elle présente au contraire des taches ou macules, formées par une accumulation d'écaillés au point où certaines nervures se ramifient (fig. 81). Par exemple, Anophèles maculipennis présente quatre taches caractéristiques. Culex annulatus fait exception, en ce que ses ailes sont ornées de cinq taches.
Les balanciers, qui remplacent les ailes postérieures, sont des appendices formés d'un pédicule grêle, portant une masse sphérique.
Pattes. — Elles sont longues et grêles,
très fragiles et se rompent au moindre contact. Leur longueur augmente de la première à la troisième paire. Elles sont ornées d'écaillés (fig. 78, d) très touffues et colorées de diverses façons, d'où résultent des mouchetures, des anneaux et autres ornementations ; elles portent aussi des poils et des soies, principalement vers l'extrémité des articles.
Fig. 82. — Patte de la troisième paire chez Culex pipiens Q, d'après Ficalbi.
— f, fémur ou cuisse ; /(, hanche; ta, tarse formé de cinq articles ; ti, tibia ou jambe: tr , trochanter; 1-3, différents articles du tarse.
Ceux-ci sont au nombre de neuf (fig. 82) : la hanche (h) fixée au tliorax ; le trochanter (tr), très petit; le fémur ou misse (f), assez longet grêle ; le tibia ou jambe {ti), plus long que le précédent ; enfin le tarse [ta], qui comprend les cinq derniers articles. Le tarse, considéré dans son ensemble, est plus long que le fémur et le tibia réunis; il se compose d'articles inégaux, dont la longueur diminue du premier au dernier. Nombre d'espèces ont le tarse orné d'anneaux blancs ou jaunâtres, situés soit à l'extrémité proximale des articles, soit sur les deux extrémités constituant une articulation (fig. 79, c);
Fii;. 83. — Appareil unguéal de la patte antérieure droite chez Culexpipiens, d'après Ficalbi.
Fig. 84. — Oncles de la première paire de pattes chez Cutex xpathipaipi» c'". d'après Ficalbi.
Fig. 8a. — Grilles des trois paires de pattes du mâle et de la première paire de pattes de la femelle, chez Culex glaphijropterus, d'après Ficalbi. X 14f>-
ces anneaux colorés ont une grande importance systématique.
Le dernier article du tarse porte un appareil unguéal assez compliqué (fig. 83). On distingue deux griffes ou ongles, deux pulvilli, sortes de raquettes hérissées de poils et de soies assez longues, et une pièce penniforme impaire.
Les gritïes sont des pièces chitineuses, acérées, plus ou moins incurvées et hérissées de poils rigides, surtout à la base et à la face dorsale. Elles peuvent varier de taille et de forme d'une espèce à l'autre, d'un sexe à l'autre, d'une patte à l autie et même d'une griffe à l'autre dans une même palle (fig. 83, 84, 85). Ces variations ne sont nullement un jeu du hasard, mais présentent au contraire d'excellents caiactères de classification, si bien qu il est indispen-
MORPHOLOGIE ET ANATOMIE
sable de donner, dans toute description de Moustique, le dessin des deux griffes de chacune des trois paires de pattes, chez le mâle et la femelle. Arribâlzaga a mis en évidence ces variations et a basé sur elles la création de plusieurs genres nouveaux.