Culex pipiens Liuué
Bibliuyraphie. — En raison de l'extrême complication de la bibliographie relative à cette espèce et de la multiplicité des noms qui lui ont été attribués, nous croyons utile de rapporter à chaque espèce nominale les références qui la concernent. Nous donnerons d'abord les indications relatives à l'Europe, renvoyant plus loin celles qui touchent aux autres contrées.
Culex pipiens Linné, 17j8. — Linné, 1758, p. OOi, 1 ; 1761, p. 4(54, 1890; 1767, p. 1002, 1. — Fabricius, 1781, p. 469, 1 ; 1787, p. 363, 1 ; 1794, p. 400, 1 ; 1805, p. 33, 1. - Schrank, 1781, p. 481. 980; 1803, p. 166, 2565. - De Villers, 1789, p. .562, 1. — Olivier, 1791, p. 133, 1. — Gmelin. 1792, p. 2886, 1. — Meigen. 1804, 1, p. 5, 9 ; 1818, 1, p. 7, 10 ; 1830, Abbild., pl. II, tig.2.
— Latreille, 1805, p. 284, 1 ; 1809, p. 246. — Macquart, 1826, p. 217, 4, pl. IV, fig. 8 ; 1834, I, p. 34, 4. pl. I, lig. 1 bis. — Robineau-Desvoidy, 1827, p. 408, 26. — Stephens, 1829. — Eversniann, 1834. — Zetterstedt, 1840, p. 807, 4; 1850, IX, p. 3455, 1 ; 1855, XII, p. 4835, 1. — Staeger, 1839, II, p. 553, 1. — Gimnierthal, 1845, p. 291, 8. — Walker, 1848. p. 8; 1856 a, pl. XXV. lig. 7. — Schiner, 1864, p. 628, 9. — Rondani, 1872, IV, p. 30, 2. — Van der Wulp, 1877, p. 328. 9. — Siebke, 1877, p. 192, 1. — Neuhaus, 1886, p. I, 4. — StrobI, 1893. — Ficalbi, 1896, p. 277, 39, pl. II, lig. 1-5 et 19 ; pl. 111, lig. 6, 10, 23, 24, 41 ; pl. IV, lig. 17, 20, 27 ; pl. V, lig. 28 — 30 ; 1899, p. 207, 13. — Giles, 1900 c. p. 324, 130; 1902, p. 437, 82.
— Polaillon, 1901, p. 68, 1. — Thcobald, 1901 c, 11, p. 132, 111, pl. XXIX, lig. 113. — Macdonald, 1901. — Sarmento et França, 1902. — R. RIanchard, 1902 a et 1902 b. — Recker, 1903, p. 67.
Culex dliaris Linné, 1767. — Linné, 1767, p. 1002, 2. — Schrank. 1781, p. 481, 981 ; 1803, p. 167. 2567. — De Villers, 1789, p. 563, 2. — Gmelin, 1792, p. 2887, 2. — Meigen, 1804, Zusâzze, p. 7, c. — Robineau-Desvoidy, 1827, p. 410, 40. — Zetterstedt, 1840, p. 807, 5; 1850, IX, p. 34.56, 2. - Walker, 1848, p. 8 ; 1856, III, p. 247, 7. — Schiner, 1864, p. 628, 9. - Van der Wulp, 1877, p. 329, 10. — Siebke, 1877, p. 192, 2. — Ficalbi, 1896, p. 279, 40 ; 1899, p. 207. — Van der Wulp et Meijere, 1898, p. 24. — Giles, 1900 c, p. 326, 132.
Cnlrx cnnitnunis de Geer, 1776. — De Geer, 1776, p. 316. pl. XVII, lig. 14-15.
SOUS-FAMILLE DES CULICINAE
Culex domesticm Germar, 1817. — Germar, 1817, p. 290. 498. — Meigen, 1818, I, p. 8. — Robineau-Desvoidy, 1827, p. 410, 37. — Stephens, 1829. — Schiner, 1864, p. 629. — Ficaibi, 1896, p. 283, 46. — Giles, 1900 c, p. 331,139. — Polaillon, 1901. p. 69,2. — R. Blanchard, 1902 h.
Culex rufm Meigen, 1818. ~ Meigen, 1818, I, p. 7, 9. — Kobineau- Desvoidy, 1827, p. 409, 33. — Stephens, 1825, p. 4o6 ; 1829, p. 233. — Meigen, 1830, Âbbild., I, pl. II. lig. 6. — Eversmann, 1834. — Ginimerthal, 1845, p. 290, 7. — Neuhaus, 1886, p. 1, 3.
Culex phytophagns Ficaibi, 1890. — Ficaibi, 1896, p. 276, 38, pl. III, fig. 13, 39; pl. V, tig. 35, 36. - Giles, 1900 c. p. 316, 120. - Macdonald, 1901.
Synonymie. — Culex ciliai-is Linné, 1767. — C. zulgaris Linné, 1767. — C. alpinus Linné, 1767. — Ccommunis de Geer, 1776. — C. domesticus, Germar, 1817. — C. rufus Meigen, 1818. — C. ngilis Bigot, 1889. — C. phytophagus Ficaibi, 1890.
Diagnose. — Tète (tig. 55-57, 63): en avant et au milieu, écailles brun doré en serpette, avec nombreuses écailles en vis brun foncé ; sur les côtés, écailles en bêche blanc crème. Yenx noir pourpré avec quelques taches argentées. Antennes (fig. 224) brun foncé à pubescence pâle et à verticilles foncés. Trompe brun ocracé au milieu et à la pointe, noire partout ailleurs. Palpes (iig. 70 et 72, B) épais, bruns, mouchetés de grisâtre. Thorax brun foncé ; écailles brun doré en serpette; 3 lignes de soies noires, les latérales attei gnant le scutellum, la médiane séparée de celui ci par un espace dénudé. Scutellum à écailles en serpette doré pâle, avec des soies brun doré. Abdomen à écaillure noir obscur; segments ornés d'une bande jaune blond, élargie an milieu sur les 1"* segments, élargie aussi sur les côtés; une tache pâle latéro basale ; bord posté rieur orné d'une rangée de poils brun doré. Ventre jaunâtre. Ailes (fig. 80) : nervures ornées de longues écailles brunes, sauf la 5'' et sa branche postérieure. Fourchette antérieure longue cf étroite, beaucoup plus longue que la postérieure et au moins 7 fois aussi longue que la portion de son tronc qui s'étend jusqu'à la- nervure transverse surnuméraire. Transverse postérieure à peu près de même longueur que la moyenne et distante de celle-ci d'environ sa propre longueur. Frange brune, à refiets clairs. Pattes brunes ; hanches brun jaunâtre, fémurs pâles en dessous avec un cercle apical très foncé et un petit anneau blanc à l'extrémité; tibias à reflets ocracés, cerclés de jaune au sommet. Formule unguèale : 0.0 — 0.0—0.0 (fig. 83).
cf (fig. 225). Antennes annelées à pubescence châtain clair. Palpes (fig. 74, B) minces et efïîlés, plus longs que la trompe, brun ocracé clair, à
Fig. 224. — Antenne de Culex pipiena 9, d'après Ficaibi.
poils foncés. Abdomen velu ; segments ornés à la base de larges anneaux blonds, élargis latéralement sur les derniers segments. Ailes moins densémenl écailleuses que chez la Ç. Fourchette antérieure environ 4 fois aussi longue que son tronc. Formule unyuéale : 1. 1 — 1.1— 0.0 (fig. 83). Longueur. — 4"""5 à 6""°.
Hnbifot. — Cette espèce est très répandue : on la trouve dans toute l'Europe, depuis Malte et l'Italie jusqu'en Laponie, depuis l'Oural jusqu'à l'Atlantique. Elle se rencontre aussi hors d'Europe, dans des localités où parfois on a pu la confondre avec quelque autre espèce :
Fig. 225. — Culex pipiens rf, d'après Réauinur.
Groenland : C pipiens. — 0. Fabricius, 1780, p. 209, 171. — Gurtis, 1836 (terre du roi Guillaume), il est peu probable qu'il s'agisse ici du véritable C. pipiens; Fabricius fait lui-nicrne observer que C. cusphis s'accorde mieux avec ses spécimens.
Amérique du nord : C. pipiens. — Gurtis, 1836 (extrême nord : terre de Hallin, presqu'île Melville, Roothia Félix). Très probablement, il ne s'agit pas ici du vrai C. pipiens. — Bergroth, 1889 (Colombie Britanni(pie). — Herrick. 1901 (Etats-Unis). — Dyar, 1902. p. 198. pl. XVII. fig. 3 (larve au 4' slade : Etats-fînis).
Amérique du sud : C. pipiens. — Rondani, 1848, p. 109, 88 (Brésil).
SOUS-FAMILLE DES CI'UCINAE
Algérie : 1° Culex pipiens : Lucas, 1849, p. 414, 1 ; Soulié, 1902 ; Ed. et Et Sergent, 1903, p. 61. — 2° Culexagilis : Bigot, 1889 ; Giles, 1900 c, p. 314, 118. Egypte : C. pipiens. — Becker, 1903.
Canaries : C. pipiens. — Macquart, 1838, p. 99, 3. Palestine : C. pipiens. — Theobald, 1901 c, II, p. 3.55. Réunion : C. pipiens. — R. IManchard, 1902 a.
Australie : Culexsp. — Skuse, 1889, p. 1748, 211. Espèce très commune, que Skuse tend à considérer comme une variété de C. ciiiaris. Sibérie : C. pipiens. — Erichson, 1851.
Observations. — Cet Insecte se tient ordinairement au voisinage des habitations, prêt à les envahir par la moindre ouverture; il se présente en abondance extrême dans certaines contrées, au point d'être le seul Moustique qui s'y rencontre : tel est le cas pour la Scandinavie, pour certaines villes (Venise, Pise) ou même pour certains quartiers d'une ville (Messine, Catane). On le trouve aussi dans les montagnes (Briançon, 1400""). Son piaulement est bien connu et sa piqûre est cuisante. Fabricius le caractérisait en ces termes : « Insecfiim pipievs susiirro cnntitiuo panel uruqtie laolestissiniani. »
Zetterstedt n'est pas moins expressif : « Fernina sasurro alarain CDiitiiiao pipiens et punctione inflammatione conjuncta vespere prsesertim molestis-
Fig. 226. — Griffes de Cniex pipiens (f, d'après Ficaibi, --^
Fig. 227. — Larve de Culex pipiens au 4» stade, d'après Dyar. — A, une dent du peigne du siphon respiratoire; B, peigne latéral du 8" segment de l'abdomen.
sima, tenacissima, vix nisi liquamine picis et adipis piscatoriae mixtae corpori inuncto depellitur. »
Culex pipiens pond des œufs qui s'agglutinent en nacelle (fig. 98) ; ils sont déposés auprès des maisons, et c'est ainsi que l'évolution de l'Insecte se fait très ordinairement dans les baquets, tonneaux d'arrosage, etc. Les femelles d'automne sont fécondées, puis passent l'hiver dans les celliers, les caves et les grottes, où il n'est pas difficile de les trouver; quelques
mâles hivernent aussi, niais à titre exceptionnel. Au printemps suivant, le premier vol ne comprend absolument que des femelles qui viennent de sortir de leur torpeur hivernale.
Une espèce douée d'une aire de distribution aussi considérable ne peut manquer de présenter cei taiiies variations de couleur. C'est à celles-ci, bien plus qu'aux variations anatoniiques, que sont dues les espèces nominales citées plus haut comme synonymes. En effet, l'espèce conserve une réelle fixité de caractères et le plus important consiste en la brièveté considérable du tronc de la 2' nervure longitudinale en dehors de la trapsverse surnuméraire ; la position de la transverse postérieure par rapport à la moyenne est ordinairement telle que nous l'avons indiquée plus haut, mais elle peut présenter quelques légères variations.
Ciilex pipiens s'attaque aussi bien aux animaux qu'à l'Homme: « aces aquaticas sustentât », avait déjà remarqué Fabricius, mais l'Insecte ne se borne pas à tourmenter les Oiseaux aquatiques et pique avec non moins de rage les Passereaux, les Pigeons, les Rapaces, etc. 11 leur transmet une Hémosporidie très répandue {llxmoproteus Danilevskyi) et peut-être une forme voisine (Hnlteridium Danilevskyi). Il ne joue aucun rôle dans la propagation du paludisme humain : Grassi a fait piquer 6 paludiques par 26 Insectes de cette espèce, sans obtenir aucun résultat. On doit s'attendre, en revanche, à la voir jouor un rôle important dans la dissémination des Pilaires du sang : Banoroft assimile à C. ciliaris le Moustique qui, au Queensland, sert d'hôte intermédiaire à Filaria liancrofli.