Myzorhynchus pseudopictus (Grassi
Bibliographie. — Ficalbi, 1896, p. 222; 1899, p. 128. — Grassi, 1900 p. 87. — Giles, 1900 c, p. 147, 4, pl. VII, fig. 11; 1902, p. 305-307.— Theobald. 1901 c, I, p. 140, 8, pl. A. - Cropper, 1902, p. 49.
Synonymie. — Anophèles pictus Ficalbi, 1896 (non Lœw, 184.5). — A. pseudopictus Grassi, 1899. — A. sinensis pseudopictus Theobald, 1901.
Description. — Antennes à pubescence blond brunâtre, à reflets jaunâtres, suivant l'incidence de la lumière, chez le o" (fîg. 171) ; ornées d'écaillés blanchâtres et de verticilles de soies jaunâtres chez la Trompe d'un brun plus ou moins obscur, couverte d'écaillés dont les plus longues occupent la face ventrale de la partie proximale. Palpes à peu près de même longueur que la trompe ; ils semblent renflés à la base, où les écailles sont plus longues et plus saillantes. Chez le cT (fig. 171), ils sont claviformes et disposés en brosse, une touffe de soies d'un blond changeant s'insérant à la face interne de l'avant-dernier article, ainsi que sur les parties voisines des 2 articles contigus ; de teinte brune, saupoudrés de blanc, surtout au souunet, avec un anneau blanc jaunâtre vers l'union des deux l^'s tiers, au niveau de l'articulation (imparfaite) du 2° article avec le 3". Chez la d'un brun obscur ou d'un brun noir, avec 3 petits anneaux presque blancs, siégeant sur les 3 dernières articulations; en outre, une petite tache blanche apicale, ordinairement séparée du dernier anneau par un espace brun. Nuque : sur les faces latérales, écailles de teinte cannelle plus ou moins brune ; sur la face dorsale, écailles blanchâtres formant une tache blanc ivoire, parfois divisée en deux lobes latéraux par une petite ligne brune médiane, tache rétrécie en avant et s'enfonçant comme
une houppe effilée entre les yeux et les antennes. Thorax velu, gris cendré jaunâtre, orné de l'y lignes antéro-postérieures brun chocolat bordées de gris blanchâtre : une médiane occupant toute la longueur du thorax et deux paires de lignes latérales qui ne s'étendent que sur sa moitié postérieure. Flancs glabres, grisâtres, tachetés de blanc jaunâtre. Abdomen couvert de poils jaune cuivre. Armature génitale cf de forme caractéristique (hg. 173). Ailes (fig. 172) très colorées, obscures dans leur ensemble, tachées de jaune fauve clair et de brun noir. Bord costal noir sur toute sa longueur, sauf 3 taches jaune fauve clair : la 1"', petite et linéaire, située après le 1" tiers de l'aile, siège sur la 1"" longitudinale, mais sans remonter jusqu'à l'auxiliaire et la costale ; la 2', située à l'union du 2' et du .3' tiers de l'aile, est plus grande et arrive jusqu'au bord : il en est
de même pour la 3'', située à l'extrémité de l'aile et au-delà de laquelle se voit une 4' petite tache noire presque apicale. 2' nervure longitudinale pourvue d'écaillés noires à sa racine et à sa bifurcation, chacune de ses branches ayant une petite tache pâle ; 4'' très noire à sa racine, un peu noire à sa bifurcation ; 5" avec quelques écailles noires à sa racine, à sa bifurcation et sur ses deux branches ; 6'' avec 2 taches noires. 1" cellule submarginale s'étendant jusqu'au niveau de l'union de la nervure auxiliaire Fig. 171. — Tôte de Myzorhynchus avec la costale. Frange noire, sauf pseudopictus cf, d'après Kicalbi. x 14. en 2 points où les écailles sont
d'un blanc fauve sur une petite longueur, à l'extrémité de l'aile et un peu avant le tiers distal du bord postérieur. Chez le o", les ailes sont généralement plus claires et moins écailleuses que chez la 9- Pattes plus ou moins brunâtres dans leur ensemble. Hanches velues, tachetées de clair. Fémurs de la 1" paire renflés en leur tiers proximal (fig. 173, a) dans les deux sexes. Tibias et tarses de teinte brunâtre, ces derniers un peu plus obscurs. De délicats anneaux blanchâtres, à peine visibles à l'œil nu, s'observent au niveau des articulations : ils occupent l'extrémité proximale du fémur, mais siègent partout ailleurs à l'extrémité distale de l'article proximal ; il en est ainsi sur le tibia et sur les 3 premiers tarsiens. A la 3' paire, la 3' tache tarsienne est très grande et, de l'extrémité du 3' article, s'étend sur tout le i' ou avant-dernier, qui est tout entier blanchâtre. Formule unguéale du : 3 — 0.0 - 0.0 (fig. 173). larve reconnaissable à la disposition des poils qui ornent le bord antérieur de sa tête (fig. 137, A). Longueur. — 9 à 10°"", trompe comprise.
SOUS-FAMILLE DES ANOPHEUNAE
Habitat. — Italie (Ficaibi, Grassi), Palestine (Cropper).
Observations. ~ Espèce répandue dans toute l'Italie, mais toujours plus rare qn' Anophèles maculipennis ; dans certaines localités, par exemple dans la vallée du Savio, en Romagne, elle est très abondante. Le cf est plus rare et se tient dans les broussailles près des marais. La 9 est nocturne et pénètre parfois dans les habitations; elle est très avide de sang et attaque l'Homme, même pendant le jour, dans les bosquets ombragés.
Ficaibi en a donné une description détaillée. Ayant trouvé cette espèce en Italie, en 1896, il l'avait assimilée à M. pictus Lœw, mais Grassi pense que cette identification est inexacte et que l'Insecte italien représente une espèce particulière. Nous croyons pourtant que Ficaibi avait raison. En effet, Cropper a trouvé en Palestine, habitat de Myzorhynchus pictus, des Moustiques qu'il a pu identifier avec M. pseudop ictus ; de plus, les deux espèces nominales ont une tache claire dans la frange, à l'extrémité de l'aile. ïheobald voit une différence importante dans le fait que la frange alaire de M. pictus est alternativement blanche et noire : or, le texte de Lœw ne dit rien de semblable, en sorte que ce prétendu caractère n'existe pas.
Fig. 172. — Aile de Myzorhynchus pseudopictus 9, d'après Ficaibi. x 10.
Fig. 173.— Organisation de Myzorhynchus pseudopictus, d'après Ficaibi. — Griffes de la patte antérieure (x 130); forme du fémur (a), comparé à celui A'Anopheles maculipennis (h); armature génitale vue d'en haut (x 34).
L'identité de Myzorhynchus pseudopictus et de il/, pictus ne nous paraît donc pas douteuse. Toutefois, la preuve définitive ne pourra être faite que quand on connaîtra mieux les Moustiques d'Asie Mineure; c'est pourquoi nous maintenons encore ces deux espèces comme distinctes.
Laveran a reçu des environs de Rio de Janeiro une forme voisine, sinon identique ; il a reçu aussi de la province de Langson (Haut-Tonkin) des spécimens ayant tous les caractères de cette même espèce. Selon toute apparence, il a eu plutôt affaire à M. sinensis ou à une de ses formes.
M. pseudopictus peut transmettre le paludisme. Grassi a fait avec cette espèce une seule expérience, dont le résultat fut positif.