‹ Les mouvements de l'atmosphère et les variations du tempsChapitre 12 sur 150 · ROUTES MARINES · texte numérisé non relu

ROUTES MARINES

Plus la dislancc à parcourir est grande, plus il y a d'avantages à s'ccarter de la ligne directe pour aller chercher des parages où les brises continues donneront au navire les plus grandes vitesses. Ainsi, d'une manière générale, si Ton veut aller avec la voile dans le sens de Test à Touest, c'est dans la région intcrtropicale que Ton fera le plus de chemin en un temps donné. Il Hiudrait, au contraire, aller au delà des tropiques, au nord et au sud pour marcher vite dans le sens de Touest à l'est. On doit éviter surtout les régions des calmes où soufflent des brises faibles et irrégulières, ou si on est obligé de les traverser il faut autant que possible le faire dans leur plus faible largeur et perpendiculairement à leur direction. Les conditions sont différentes pour les navires à vapeur qui se rapprochent davantage du grand cercle.

Nous reproduisons, planche I, la carte des principales roules maritimes. Les cartes des vents du chapitre IV permettront de se rendre compte des inflexions présentées par ces routes.

Les routes nouvelles, malgré leurs incontestables avantages, sont basées sur des probabilités; ces probabilités elles-mêmes sont plus ou moins approchées suivant que les obsen^ations sur lesquelles elles s'appuient sont plus parfaites et plus nombreu* ses. « Nos prétentions, dit Maury, se bornent à offrir aux navi- « gateurs des routes réunissant le plus grand nombre possible de c< chances avantageuses ; il ne faut pas rejeter les imtructiom^ « parce qu'en les suivant on aura fait exceptionnellement une ce longue traversée. »

C'est que, dans toute traversée, il y a l'accident météorologique dont Maury et ses continuateurs n'ont pu tenir compte dans leurs statistiques.

La planche li fournît un exemple de Tinfluence des per-' turbations atmosphériques sur la durée d'un voyage au travers des mers. Les lignes pleines figurent les routes conseil-

Iccs aux navigalcurs pur se rendre des ports de la France au Mexique et revenir au port de départ. La ligne interrompue représente la Inversée effective, aller et retour, du transport le Jura. Nous y avons indiqué par des flèches la direction et h force du vent de chaque jour. Une flèche sans penne indique un vent très-faible ; une flèche avec six pennes un vent trèsfort. Le Jura a été dérangé de sa route par une de ces tempêtes tournantes qui parcourent fréquemment certaines régions des océans, et il a dû fuir devant elle. Nous avons représenté à part au bas de la carte, et sur une échelle agrandie, les détails de la course du navire pendant la tempête. Un bâtiment en bon étal, ayant de la mer lout autour de lui, supporte facilement ces tempêtes quand elles n'ont pas une violence extraordinaire, et ces dernières sont rares dans nos latitudes. Il n'en est plus de même dans le voisinage des terres, où le manque d'espace rend les naufrages très-fréquents. Dans les circonstances les moins défavorables, les tourmentes sont une cause de fatigues et de dangers pour les marins et elles accroissent presque toujours la durée des voyages. Il est rare que dans une traversée un peu longue on ne soit pas témoin d'une perturbation atmosphérique; plus ou moins grave, et dans certaines mers, particulièrement celles des Indes, elles acquièrent une indescriptible violence. 11 est donc d'une extrême importance de les étudier dans leur origine, leurs causes, leur marche à la surface du globe, leurs signes précurseurs. Il faut découvrir les moyens de reconnaître rexistencc du météore même au loin, et d'évaluer les points de Tocéan qu'il devra traverser, afin que le marin dont la route générale est tracée, puisse à temps la modifier pour éviter les effets nuisibles de la perturbation signalée et profiter de ses côtés avantageux. D'importants résultats ont été déjà obtenus dans celte voie par Redfield, Piddinglon... C'est à ce \mul de vue que s'est place rObsenatoire impérial dans ses études. I^aissant à d'aulres

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KOUTËS MARINES. 49

plus autorisés le soin de continuer les st<alistiques marines, dont Tutilité est sullisammcnt prouvée, et d'en tirer les conséquences techniques exigeant Finten^enlion des hommes du métier, nous avons tourné toute notre attention vers l'accident météorologique et ses lois. Les moyens mis en usage pour constituer peu à peu cette branche à part de la science du temps, se résument dans les cartes synoptiques de l'Observatoire. Ces cartes, nous l'avons déjà dit, se distinguent essentiellement des cartes statistiques en ce que chacune d'elles renferme tous les documents météorologiques réunis pour un même jour et une même heure du jour. Chacune d'elles est donc la représentation aussi exacte que {)Ossible de la situation du ciel et des mers à un moment donné, sur l'étendue de la surface du globe qu'elle embrasse. Les comparaisons de ces cartes entre elles permettent d'y reconnaître chaque perturbation, de la suivre dans ses phases, de constater les modiGcations atmosphériques qui la précèdent, l'entourent ou la suivent, et de mettre ainsi en lumière les signes indicateurs de sa formation, de son approche et de sa fin.

La seconde partie de cet ouvrage est en grande partie consacrée à Texamen dc*s résultats fournis par ces cartes.

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