CHAPITRE m
De toutes les forces capables de mouvoir Tatiiiosphère, la première et la plus importante est incontestablement la chaleur; les auti*es en sont la consi;quence plus ou moins directe.
La chaleur l^rresli^e prépondérante aux premiers âges de la terre se trouve actuellement conûnée dans les couches profondes du globe. La croûte solide aujourd'hui refroidie ne laisse arriver à la surface que des quantités de calorique insuffisantes pour en modiûer la température d'une manière sensible. C'est donc dans la chaleur venue du dehors, et particulièrement dans la chaleur solaire et dans les circonstances au milieu desquelles elle agit que nous devons i*echercher d'abord l'explication des phénomènes météorologiques.
g I". — Chaleur des espaces planétaires*
La chaleur des espaces planétaires a été l'objet d'un important travail dû à M. Pouillet. Cet éminent physicien estime que
la lenii)cralui*c de ces espaces doit être d'environ 140 degnis au-dessous du point de fusion de la glace. U'apres ses expériences et ses calculs, si le soleil ne faisait pas sentir son action sur notre globe, la lcnij)cralure y serait partout uniforme, et de 89 degrés au-dessous de zéro. Ce premier passage d'un froid de 140 degrés à un froid moins excessif de 89 degrés serait dû aux radiations de toutes les étoiles qui peuplent le firmament. Chacune d'elles est un soleil, et si leur influence est infiniment réduite par la distance où elles sont de nous, leur nombre esl infini. La somme totale de leurs effets serait presque égale à celle du soleil; mais comme leur action calorifique est pour nous permanente et uniformément distribuée sur le globe, à peu près du moins, elle passe inaperçue. M. Pouillet a évalué cependant qu'elle serait capable de fondre en une année, à la surface de la terre, une couclie de glace d'une épaisseur uniforme de 2 G mètres.
,^ 11. — Chaleur solaire.
Les expériences de M. Pouillet l'ont conduit d'autre part à ce résultat que si la chaleur qui nous est versée annuellement jmr le soleil était uniformément répandue à la surface de la tcriv, elle serait ciipable d'y fondre une couche de glace d'une épaisseur de 51 mètres environ : elle équivaut pour nous à celle que produirait la combustion d'une couche de charbon de 250 millimètres d'épaisseur enveloppant également toute la terre. On pourra d'après ces nombres se faire une idée appix)cliée de la puissance calorifique de notre foyer central de chaleur si l'on considère qu'il rayonne également dans toutes les directions, que la terre n'occupe dans le ciel du soleil qu'une imjKîrceptible étendue et que cependant la part de chaleur (|u'elle reçoit correspond a celle qui résulterait de la combus*