CAUSES DES VARIATIONS DE TEMPÉRATURE
ratmosphèrc des couches d'air relativement chaudes dont l'épaisseur varie de 300 à 3000 mètres, et dont l'excès de température peut aller de 1 à 10 degrés. On les rencontre jusqu'à une hauteur de 5 ou 6 kilomètres.
Si nous insistons autant sur ces chifTres, c'est que la décroissance de la température de l'atmosphère joue un rôle des plus importants dans la formation des nuages et des pluies et même dans les variations brusquas et accidentelles de la température à la surface du globe. IjCS vents, en eflet, quand ils sont réguliers, peuvent transporter d'une région à l'autre d'énormes masses d'air sans trop les mélanger entre elles. L'atmosphère se meut alors pour ainsi dire en bloc. Mais les mouvements tournants ont, au contraire, pour effet de faire descendre l'air des couches supérieures à la surface du sol. T^e froid qui succède au passage des bourrasques est dû principalement au froid des couches élevées de l'atmosphère.
§ VIII. — Cmues locales oh accIdeaicUeii don ▼ariatloan
"de toaipératare.
fiCs causes locales ou accidentelles modifiant la répartition des températures à la surface du globe sont déjà connues en partie par ce qui précède.
A latitude égale, les hauts plateaux sont toujours plus froids que les plaines basses ; les terres et les mers sont alternativement plus chaudes et plus froides les unes que les autres ; ces différences de chaleur produisent dans l'atmosphère des courants doués quelquefois d'une grande énergie. Ces brises, à leur tour, en transportant l'air d'une région à une autre ou en mélangeant les couches de l'atmosphère modifient la température des lieux où elles passent.
Partout où Té vaporation est active ou la végétation al)ondante.
il se fait une grande consommation de chaleur et la température s'en trouve îibaissée. I^es déserts de l'Arabie sont les lieux les plus chauds du globe, parce que dans ces déserts la v^étation et Tévaporation sont presque nulles, que le terrain sablonneux a une faible capacité calorilique et conduit mal la chaleur. Ln chaleur y est donc tout entière employée à échaufTer le sol et l'air qui le recouvre.
La chaleur absorbée pendant Tévaporation reparaît tout entière quand la vapeur se condense en eau. Mais ce retour ne se fait jamais aux lieux mêmes où Tévaporation s'est produite. La vapeur formée à la surface du sol ou des mers va porter sa chaleur à d'autres latitude.s ou dans les régions élevées de l'atmosphère qu'elle échauffe.
L'atmosphère et les mers sont sans cesse traversées par des courants opposés : les uns dirigés de l'équateur vers le» pôles, les autres des régions polaires vers l'équateur. I^es premiers réchauffent tout sur leur passage; les autres, au contraire, abaissent la température des lieux qu'ils traversent. Leur distribution est une cause de la grande diversité des climats.
Les nuages condensés par les vents ou charriés par eux nous enlèvent la chaleur des rayons qu'ils interceptent ; mais aussi ils forment un obstacle au refroidissement du sol auquel ils se substituent en présence des espaces planétaires. Ils égalisent les températures du jour à la nuit, de l'hiver à l'été; or, la répartition des nuages est fort inégale à la surface du globe : certaines régions en sont abondamment pourvues, d'autres en sont obstinément dégarnies.
La pluie, la neige ou la grêle forment une communication entre les hautes et les basses régions de l'atmosphère. Elles particii>ent de la température des couches d'air où elles se sont formées. L'une et l'autre, en donnant plus d'eau à la terre, favorisent l'évaporation ultérieure et, par suite, l'enlèvement d'une quantité correspondante de chaleur ; la neige et la grêle en ab-
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sorbenten fondant. Dans nos climats cependant, l'abaissement de température qui en résulte est surtout marqué pendant Tétc. L'hiver, une élévation de température accompagne souvent la neige et presque toujours la pluie. Cette inversion est un effet de Faction spéciale des vents suivant leur origine. Ces vents, surtout dans nos climats tempérés, sont la cause la plus efficace des variations incessantes de la température en dehors des causer régulières et permanentes. Ils brassent sans cesse l'atmosphère, mélangeant Tair de toutes les latitudes comme de toutes les hauteui^, et apportent un témoignage de de la température des régions d'où ils viennent et des modifications qu'ils ont suivies dans leur roule.
Toutes ces causes doivent être étudiées dans leur nature, dans leurs rapports, dans leurs effets, dans les lois de leur développement, dans leurs signes précurseurs. Les influences locales donnent aux divers climats leurs caractères distinctifs : il est indispensable d'en apprécier exactement la nature, le rôle et l'importance. Les causes accidentelles donnent aux climats leur mobilité et leur imprévu : il faut en rechercher l'origine et la manière d'agir, et en prévoir les eflels.