très-fort
.N.O. as. fort.
.VE. luodéré.
S.S.O. fart.
O.S.O. fort.
N.E. as. fort.
E.N.E.a>.fort O.N.O. fort.
N E. a>. fort.
S.S.E. foible.
S. niodérr.
E. pres^i.Dul.
E. as. fwl.
Lvs (locnmonls étant ainsi transportés sur la carte, on trace les lignes d'égale jircssion barométrique en se guidant sur les
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CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES TEMPÊTES D*£l]ROi>E. 257
chiffres inscrils près de chaque station. Ces lignes correspondent toujours à des pressions variant de cinq en cinq niillimctrès à partir de la pression 760, afin de rendre les comparaisons plus faciles d'une carte à l'autre.
Nous avons reproduit dans la planche XI une portion de la carte synoptique du 15 novembre construite, conformément aux conventions précédentes, à l'aide des documents de la page 256. l^lusieurs des observations d'Espagne et d'Italie n'étaient [>as parvenues en temps utile a cause de l'état de ratmosphèiï) ; le Danemark manquait également ; par contre a cause de la nature de la perturbation manifestée le 15 novembre, nous avons ajouté aux observations d'Angleterre, venues par télégraphe, d'autres observations tirées du bulletin de l'amiral Fitz-Uoy.
La carte synoptique do chaque jour est insérée au Bulletin à la suite des observations qui ont servi à l'établir ; elle forme la base du travail de discussion effectué quotidiennement à l'Observatoire sur l'état présent de l'atmosphère en Europe et sur les changements qui s'y produisent ou s'y préparent. Le vésumé de la situation est publié au bas de la carte, et un abrégé en est expédié par télégraphe aux j)orls de France et aux directeurs des divers services météorologiques de l'éli-aiiger. Cet abrégé est en outre accompagné d'appréciations sur le temps probable du lendemain, ou de ce que l'on nomme les précisions du temps.
g m. — l'aractércs ^néranx des tcinpéteti d*Europc.
La carte du 15 octobre 1864, reproduite planche \1, nous donne une idée assez exacte des caractères présentés d'une manière presque constante par les perturbations atmosphériques de l'Europe.
'258 LES TEMPÉ'l^KS D'EIROPE.
Eli (^xaniinaiit d'iibord les liaiileui*s du baromètre, nous trauvoiis une baisse lrès-|)rononeée en Anj^delerre où la pression est descendue à 729°" à Holyhead et Pembroke. Le minimum est situé dans le voisinage de Sehrewsbury. Autour de ce point les pressions montent graduellement à mesure qu'on s'éloigne; la courbe 730 Tenveloppe d'un cercle presque régulier; un pou plus loin se trouve la courbe 755 notablement déformée vers le Nord-Est, sens dans lequel se propage la tourmente ; encore plus loin nous rencontrons la courbe 740 qui est incomplète du côté de l'Océan où les documents faisaient défaut ; enfin une ligne 745 longe le Nord de rEsj)agne, traverse le Midi de la France, contourne le plateau central et le grand massif di»s Alpes, pénètre dans les golfes de Gènes et du IJon, ti-avei-n' l'Italie centrale, le bassin du Danube et se relève sur la Russie où elle passe h l'Ouest de Moscou et très-pri^ ih Saint-Péteiv bourg.
La direction des vents n'est jkis moins remarquable : ils souillent de l'E. assez fort à Skudesnoes (Norwége) et h Nairn (Ecosse); du N. E. faible à Ix.»itli et Ardrossan (Ecosse); du N. N. 0., fort à Valenlia (Irlande); du N. 0., fort à Penzance (Angleterre) t^t à Brest; de l'O. très-fort sur les côtes Ouest de France et sur l'Espagne ; du S. 0. assez fort à Cherbourg; du S. S. 0. très-fort au Havre et fort à Boulogne; du S. E. faible à Groningue. Le tour du compas est cmnpiet.
Tous nos lecteurs seront frappés sans doute pm* les analogies qui existent entre la situation de l'atmosphère le 15 octobre avec c(î que nous avons dit des cyclones chapitre VIII, paragraphe '2, malgré les perturbations apporléc»s dans le dévelop|)ement du phénomène par les saillies du sol. On comprend qu'il existe là un grand mouvement tournant, dont le centre marqué par le minimum barométriciue est situé vers Schreswsbury.
Au centre même du mouvement le ciel est beau ou j3eu nuageux; mais cet état n'est [)as permanent et de grandes averses
y succèdent brusquement à un ciel sans nuage. I^e rayon du disque tournant s'étend à plus de 400 lieues du centre. Ixî vent est à son maximum d'intensité sur les côtes Ouest de France ; et généralement su rie demi-cercle méridional. S'il faiblit dans les parties centrales de la Franœ à cause des frottements, il y conserve sa vitesse dans la région plus libre occupée par les nuages. Il est au contraire très-faible au centre du mouvement et généralement dans le demi-cercle Nord; il est ceiHîndant assez fort de TE. à Nairn en Ecosse et à Scudesnôes en Norwége.
Le lendemain, 16 novembre, le centre de ce mouvement se trouvait transporté sur le Midi de la Suède, à !250 lieues environ de la [K)sition occu[)ée la veille à la même heure. Son uiouvtv inent de translation a donc été de 10 ou 1 1 lieues à l'heure. Cette vitesse explique la faiblesse des vents d'E. dans le demicercle supérieur et les vents de Nairn et Scudesnôes pourraient bien être dus à ce que le tourbillon se trouvait, le 15 à 8 heures du matin, très-près du point où sa trajectoire, marquée par une suite de points croisés, devait subir un brusque changement dans sa direction. Des rebroussemenls de ce genre ne sont pas rares et ne sont pas une des moindres diilicultés du travail de l'Observatoire, en ce que, s'ils ne sont pas prévus, ils tromjH?nt sur la route que devra suivre la tempête. Ils résultent, il est vrai, toujours d'un changement correspondant dans les vitesses de translation dont sont animées les masses d'air au milieu desquelles le mouvement tournant s'est établi, ou qui sont entraînées dans sim cercle d'action ; mais il est difficile d'analyser ces vitesses dans le tourbillonnement de l'atmosphère, et par conséquent d'apprécier leurs changements, surtout si l'on considère la rapidité avec laquelle le travail des prévisions doit être eflcctué. l-.es pints de repère pris en dehors du mouvement tournant sont d'un grand secours, mais ils font souvent défaut ; on en est donc réduit à l'étude minutieuse de toutes les particularités du mouvement observé. Toutes les fois que le
'm LES TEMPÊTES D'EUROPE.
rebroussemeiit se produit, prévu ou non, on peut afQrmcr qu'un tourbillon suit de très-près celui qui a été dérange dans sa route.
Si nous retournons en arrière, nous voyons que la lem|)èle dont nous avons indiqué sur la carte les deux positions du 15 el du 16 novembre s'annonçait dès le 12 du même mois. Nous écrivions, en effet, dans le bulletin du 12 le résumé suivant :
c< C'est aujourd'hui sur le Sud-Ouest deTlrlandcque la baisse barométrique fait les plus rapides progrès. La pression est descendue, à Valentia, de 760 à 749, tandis qu'elle a commencé de se relever sur l'Espagne, ainsi qu'à llaparanda (au fond du golfe de Bothnie) .
« Les bourrasques du Nord, après avoir, pendant une assez longue série de jours, travei'sé l'Atlantique, vei^s les parages de l'Islande, pour sévir sur la Baltique et le golfe de Finlande, s'abaissent vers le Sud et menacent aujourd'hui l'Angleterre et les côtes Nord-Ouest de la France.
a Si les bourrasques du Sud ont éprouvé un semblable mouvement vers le Midi, les côtes d'Afrique subiront à leur tour l'influence du mauvais temps. »
Pendant les derniers jours du mois d'octobre et les onze prc*miers joui^ du mois de novembre, les trajectoires des tourmentes s'étaient établies sur les régions du Nord de rEurojK*, et, connue il arrive souvent dans ce cas, une seconde ligne de mauvais temps s'étendait sur'le Sud-Ouest et traversait rEs])a- [)agne, le Midi de la France et le bassin occidental de la Métliterranée. L'Angleterre, le Nord de la France et l'Allemagne étaient restés assez calmes pendant tout ce temps C'est dans cette situation que se préparait le changement annoncé le 12. La ligne supérieure du parcours des tourmentes s'abaissait au niveau de l'Angleterre, et pendant un intervalle de quinze ou dix-huit jours, cinq ou six tempêtes successives devaient sévir sur nos côtes.
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La première tempête disparaissait à peine dans le Nord-Est, qu'une seconde arrivait sur l'Irlande à une latitude un peu j>lus élevée que la piwédente. La planche XII représente la nature de celte seconde tempête et sa position le vendretli 1 8 novembre. Nous retrouvons encore une dépression circulaire dont le centre est enveloppé, comme dans le cas précédent, par une courbe continue correspondant à la pression 7.10 millimètres et par une série d'autres courbes correspondant h des pressions croissantes de 5 en 5 millimètres Les trois premières sont complètes, les autres sont ouvertes vers l'Océùu , où l'absence de documents a empêché de les prolonger. Nous retrouvons également la même tendance des vents à tourner autour du centre de dépression barométrique, en restant généralement faibles vers le centre et prenant de la force h mesure qu'ils s'en éloignent vers le Midi jusqu'à une distance considérable.
Cette seconde tempête, refoulée vers le Nord par une troisième qui la suit de tri^s-près, reprend bientôt sa route vers TEst. Nous la retrouvons le 19 au Nord-Est des îles Shetland, le 20 sur la Baltique et le 21 dans les environs de Moscou.
La troisième tempête commençait dès le 19 à sévir sur les côtes Ouest, depuis San-Fernando , près Gibraltar, jusqu'à Penzance, sur la pointe Sud-Ouest de l'Angleterre. Son centre est situé le 20 à l'entrée du canal Saint -Georges; il pénètre le 21 sur la mer du Nord, lorsque se montre à TOut^t une quatrième tourmente qui tend à marcher sur les traces des précédentes.
Déjà, cependant on voit se préparer un changement dans les directions suivies par les tempêtes précédentes à la surface de l'Europe. Les fortes pressions se reforment sur le Nord de la Russie, indiquant un affaiblissement dans la vitesse de translation de l'atmosphère dans cette région. Un ralentissement semblable se remarque bientôt dans la vitesse de propagation de la
quatrième tempête ; une cinquième, survencant peu après, la rejoint et se confond presque entièrement avec elle dans la journée du 24 : leur ensemble couvre l'Angleterre, la France, l'Espagne et une partie de la Méditerranée occidentale. Ellfô éprouvent le 25 un mouvement de recul assez prononcé vers rOuest, sous l'influence des pressions barométriques toujours croissantes sur la Russie du Nord, et, dans ce mouvement rétrograde, elles se séparent ; mais cette situation anormale no peut durer longtemps et la tempête reparaît plus furieuse le lendemain 26 sur l'Angleterre et la France. Nous reproduisons dans la planche XIU la carte du 26 novembre. On peut juger par le nombre et le resserrement des courbes barométriques du degi'é de perturbation de Patmosphère. De Lisbonne à Leith, la chute du baromètre est de 35 millimètres ; elle atteint 47 millimètres de Pétersbourg h I^ith. Les deux tempêtes se trouvent une seconde fois à peu près confondues; mais l'orienlation confuse des vents est en désaccord avec l'existence d'un centre unique de rotation. Les deux mouvements se séparent définitivement à partir du 20 : l'un d'eux traverse la mer du Nord, le Sud de la Baltique et le Nord de l'Allemagne, l'autre ti'avei-se l'Europe en suivant une ligne plus méridionale, sévit le 27 sur la Méditerranée», l'Italie et l'Adriatique, et va se perdre vers la partie orientahi de la Méditerranée et de l'Afrique. De semblables rencontres se produisiînt quelquefois dans les troml)es terrestres ou marines que les poussières ou les vapeurs entraînées rendent visibles dans toute leur hauteur. Dès que ces dernières entrent mutuellement dans leur cercle d'action, elles se fondent en une seule, et c'CvSt ce qui arrive aussi (jiielquefois pour les tempêtes tournantes quand elles sont tn's-circonscrites; mais quand leurs disques tournants sont d'une très-grande étendue, la fusion ne s'opère ni complètement ni d'une manière permanente. Le défaut de par<illélisme de leuî-s axes contribue sans doute à produire ce résultat, La
planche XV nous Touruira un exemple remarquable de cette juxtaposition de deux tourbillons distincts pendant plusieurs jours.
Une sixième et une scphèmc teinpêle se monlrent encore les 28 et 50 novembre sur l'Angleterre, mais elles sont peu durables. Une |)ériode de calme relatif succède à cette agitation prolongée pendant laquelle les tourmentes ont été remarquables non-seulemont par leur énergie, mais encore par la rapidité de leur succession et par les troubles qui en sont résultés dans la marche de plusieurs d'entre elles. Li plupart de nos tempêtes ont une marche plus régulière, mais il en est qui subissent des perturbations encore plus profondes.
Pendant toute la durée (h la mauvaise saison, les périodes de calme et d'agitation se sont ainsi succédé sur la France (»t l'Angleterre. Mais en remontant à de plus hautes latitudes, on voit que ces alternatives sont dues, non à la disparition temporaire des mouvements tournants, mais à leur passage plus ou moins près du pôle.
liCs tempêtes de l'automne et de l'hiver de l'année 186o- 1864 ont offert les mômes caractères. Dans une note que M. L(* Verrier voulut bien présenter à Tlnstitut, le 12 octobre, nous annoncions* que, depuis notre communication du 17 août, on pouvait compter jusqu'à six tempêtes successives et distinctes, séparées par un intervalle de cpielques jours d'un calme plus ou moins complet. « Toutes ces tempêtes, disions-nous, ont prés(»nté des caractères communs dans leur mode d'apparition et dans leur marche. Nous voyons leurs premiers symptômes se manifester plusieurs jours h l'avance sur les côtes occidentales de l'Europe, par l'inflexion des courbes dégale pression barométrique; puis le vent monte plus ou moins rapidement sur les côtes Nord-Ouest de France et d'Angleterre, en affectant une
* Sur les tempêtes de Vvquinoxe\ note do M. Marié Davy, pn'scnti'e par M. U» Verrier, Comptes rendus du 12 octobre 1865, t. LVU, p. 640.
2r>i LES TEMPÊTES D'EUROPE.
tendance Irès-mnrquée h tourner autour d'un centre de dépression qui forme le centre de la tempête. Ijc centre lui-même se déplace , tantôt d'une manière régulière et progressive de rOuest à TEst, en s'élevant d'abord vers le Nord pour redescendre ensuite vers le Sud, après avoir franchi rAnglotorre ; tantôt, au contraire, avec quelques hésitations qui semblent le ramener momentanément en arrière.
« I/étude de ces perturbations offre un grand intérêt, soit au point de vue purement scientilique, soit au point de vue des probabilités qu'on en peut retirer, relativement aux points menacés par une tempête qui se prépare ou qui a déjà commencé à sévir. Cette étude est régidièrement suivie à l'Observatoire impérial au moyen de nos cartes ; mais jusqu'à présent ces cartes étaient restées manuscrites : nous avons cru faire une chose utile aux météorologistes en les insérant dans le bulletin quotidien de l'Obsenatoire. C'est le 16 septembre que notre publication régulière a commencé; une nouvelle tempête nous semblait se préparer sur l'Océan et nous voulions qu'on pftt la suivre dès l'apparition de ses premiers indices. »
La tempête s'avan(;a progressivement les jours suivants, et le 19, le centre du tourbillon pénétrait sur T Angleterre. Ce tourbillon suivit son cours les 20, 21, 22, 25, 24 et 25, avec quelques irrégularités dans sa marche. Un second lui succédait le 27; un troisième le 29, ce dernier d'une grande énergie.
Parmi les nombreux exemples fournis par nos cartes, nous choisirons seulement la tempête des premiers jours de dtkîembre. La planche XIV nous donne sa position le 5, à huit heures du matin ; la ligne formée de points croisés indique sa route à la surface de l'Europe ; les gros points noirs marquent la position du centre du mouvement i>our chaque jour du 1" au 4. La comparaison des phénomènes observés sur nos côtes [Mandant la course, du météore nous fournira d'utiles renseignements sur la distance à laquelle peut se faire sentir Tin-
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fluence des grands mouvements tournants et sur les signes qui précèdent leur arrivée. Cette tempête a élé pour nous, comme les précédentes, l'objet d'une noie présentée à l'Institut par M. I-iC Verrier.
« Dès le 27 novembi'e*, l'aspect général des courbes d'(»gale pression nous inspirait des doutes sur la conservation du calme qui régnait assez généralement sur nos côtes. Cette continuation, toutefois, se maintint jusque dans la nuit du 50 novembre au l*' décembre, avec des modifications peu importantes au premier abord, mais acquérant un grand intérêt par un examen plus attentif.
ft IjC l*' décembre, la carte météorologique construite au moyen des observations faites à 8 heures du matin et télégraphiées à Paris, accuse nettement Tarrivée d'un tourbillon sur l'Irlande. Les documents postérieurs semblent nous permettre de placer le centre de ce tourbillon, pour 8 heures du matin, à 50 ou 60 lieues des côtes Nord-Ouest de l'Irlande.
« Le 2, à 8 heures du matin, nous trouvons ce centre dans les environs de Shrewsbury, au Sud de Liverpool. Le tourbillon, au lieu de suivre sa marche habituelle vers l'Est, avait donc été refoulé vers le Sud. Le baromètre, à Paris, descendait avec une rapidité extrême et atteignait 751 millimètres vei^s 1 heure : à ce moment la tempête avait acquis sur Paris une extrême violence. Deux fois déjà, dans la première quinzaine de novembre, un tourbillon avait traversé presque du Nord au Sud l'Angleterre et la France, et tout faisait craindre qu'il en fût une troisième fois ainsi, lorsqu'à partir d'une heure le baromètre se mit à remonter avec autant de rapidité qu'il était descendu. La tempête rebroussait chemin vers le Nord. L'ébranlement vers le Sud ne devait toutefois pas s'arrêter complètement, et dans la nuit du 5 au 4 un vent violent s'élevait sur les golfes
* Sur la tempête des 'î et 5 décembre; noie de M. Marie I)avy, préscnlre par M. Le Verrier, Comptes rendus du 7 décembre 1863, l. LYII, p. 940.
du Lion et de Gènes et s'ëlendait jusqu'à l'Adriatique Nord
« Le 3 décembre, Marseille recevait avis que le Charlei- Martel^ vapeur français, parti de New-York le 21 octobre, en destination de Marseille, a sombré à la suite de forls coups de vent essuyés les 26 et 27 octobre. L'équipage a abandonné le navire le 29 et a été recueilli par le navire Saint-Georges, allant à Buenos-Ayres. liC Charles-Martel a été sans doute atteint par le tourbillon qu'il n'aura pu éviter. »
Depuis longtemps, nous tournions nos regards vers l'Océan, d'où nous voyions arriver loutes nos tempêtes; et dans la noie déjà citée \ nous exprimions le vœu qu'il nous fût permis d'y poursuivre nos études. « L'incontestable utilité que ce genre de travail peut présenter pour la météorologie nous fait vivement désirer, disions-nous, de l'étendre sur une plus large l)ase. Si nos cartes peuvent nous faire pressentir une tempêta et nous jiermettre de la suivre dans sa course à travers l'Europe, elles ne nous indiquent rien ou presque rien sur leur lieu d'origine et sur leur mode de formation; et cependant, c'est là un des éléments essentiels, non-st*ulement de la science, mais de ses applications. Nous attacherions la plus grande importance à In construction de cartes journalières s'étendant à tout l'hémisphère Nord, fallûl-il une année pour réunir les éléments de chacune d'elles. Au milieu de l'incessanle mobilité des phénomènes almosphériques, il est très-certainement de grandes lois générales qu'il importe d'en dégager, et qu'on jieut aller chercher dans les années antérieures. » Ce vœu a été réalisé par M. le directeur de l'Observatoire impérial, grâce au concours empressé de la marine [voir cliap. xiv).
Les résultats acquis dès le début de notre nouveau ti'avail, joints aux renseignements précédents sur l'ouragan des 2 5 et 4 décembre, montrent que cet ouragan est évidemment le même que celui qui a fait périr le Cliarle^-Mariel ; ils nous
* Comptes rendus du 12 octobre 1863, t. ÎAIÏ, p. 645.
éclairent dès lors sur les mouvements du baromètre observés sur nos côtes ayant l'arrivée de la tempête. Les routes parcourues par le navire et par le tourbillon se sont croisées, du 26 au 27, à 500 lieues environ dans l'Ouest des Açores, à cinq ou six cents lieues dans l'Ouest des côtes du Portugal, le tourbillon allant au Nord-Est vers le Nord de Plrlande, le Charles-Martel allant à l'Est vers Gibraltar. Or, dès le 26', le vent était devenu fort de l'E. à San-Fcrnando, sur la pointe Sud de l'Espagne, et le baromètre commençait à y baisser d'une manière sensible, tandis qu'il restait très-élevé sur l'Europe centrale. La baisse barométrique fit de nouveaux progrès les 27 et 28 sur la pointe Sud-Est de l'Espagne, surtout si l'on lient compte de ce fait bien connu que les oscillations barométriques y sont beaucoup moins fortes qu'à des latitudes plus élevées. De plus, la baisse avait gagné le golfe de Gascogne, où la pression était descendue, le 28, de 767""*4 à 764'"'"5 depuis la veille. A Brast, à Penzancc et Valentia (Irlande), le baromètre n'avait pas encore bougé d'une manière sensible; il était même remonté à Greencastle, au Nord de l'Irlande. Pendant cet intervalle, les vents prenaient de la force du S. ou S. 0. sur l'Irlande.
Le 29, qui se trouvait le dimanche, nous n'avons pas d'observations anglaises, sauf celle de l'observatoire de Green^vicll ; mais le vent fraîchissait ' sur le golfe de Gascogne, où le baromètre était descendu à 760 millimètres, par une baisse de 7"""4 en deux jours. La baisse commençait aussi à devenir sensible à Brest.
I^ 50, le baromètre a remonté sur l'Espagne; il a remonté un peu aussi sur le golfe de Gascogne, tandis qu'il a faibli de t) millimètres ù Brest.
Cette dépression du liaromètre, d'al)ord sensible sur la pointe
« Comptes rendus du 7 d.*ccinhro 1863, t. LVII, p. 048. * En termo de marine le mol fraîchir^ ù\)\AU{ué au vcnl, veut dire monler. prendre de la force.
Sud de l'Espagne, que nous voyons ensuite se propager lenlcment vers le Nord, suivie par une hausse, nous paraissait être, pour ainsi dire, l'ombre projetée sur nos côtes par le tourbillon qui remontait obliquement dans une direction du S. 0. au N. E. La vérification de cette conjecture, par les faits eux-mêmes et par les renseignements venus ultérieurement, a idéalisé un progrès marqué dans nos études en affermissant les bases de nos appréciations. La tourmente s'inclina vers l'Est dans la journée du 30, puis vers le Sud-Est du 1*' au 2 décembre. Le 2, à 8 heures du matin, son centre se trouvait près de Schrewsbury, se dirigeant sur le Nord de la France ; après avoir pénétré un peu il TEst de Paris, il rebroussa chemin brusquement sous l'influence d'une autre tempête suivant de très-près la premièriî. Le o, à 8 heures du matin, il était revenu près d'York ; le4, il s'était transporté au Nord de Copenhague; il se perdait ensuite dans le Nord de la Russie. Une série de tourmentes se succédèrent presque sans interruption sur l'Europe jusqu'au 15. Après un calme peu durable, une nouvelle tempête sévit du 16 ou 18; une autre survint le 21. Le 25, trois tourbillons se développaient à la fois : l'un sur la mer du Nord, l'autre sur le Nord de la Russie, le troisième sur la Méditerranée, de Naplcs h Barcelone.
Peu de temps après notre arrivée à l'Observatoire, voulant nous éclairer sur la meilleure manière de tirer parti pour la science des documents réunk et publiés par le bulletin depuis plusieurs années, nous avions construit les cartes synoptiques de chacun des jours de novembre et décembre 1 862, et de janvier 1865. Ces cartes, exécutées d'après le système ultérieurement adopté pour le bulletin, forment un atlas qui est encore manuscrit; les tempêtes s'y présentent avec des caractères semblables h ceux fournis par les hivers de 1865-64 et de 1864-65, comme aussi à ceux des tempêtes de l'hiver actuel. La ligne de parcours dœ mauvais temps s'était cependant généralement
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