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Les murailles révolutionnaires

lUuUrm da porlrails des membres do GuuverDcmcDl provisoire, des principaux (bels de Clabi, 4a Rédacleor* el GéraDis des premiers jouroaai de la RéfoIulioD.

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CHEZ .T. BRY (aîné), EDITEUR,

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AVANT-rROPOS.

Ces Murailles révolutionnaiues , — an has desquelles nous melfons notre nom obscur, — sont une œuvre immense, gi^'aulesquo, unique surlout , sans |irécédent , croyous-nous , dans rhisloirc des livres. OEuvre collcclive qui a pour auteur monseigncur toutle monde, mein herromnes, comme le disait Luther.

C'est riiisloiro la plus vraie , la plus originale , la plus éloquente de la Révolution de Février; le panorama le plus animé des journées si diverses et si émouvantes dont nous avons été tous les acteurs et les témoins.

C'est la galerie la plus vivante et la plus complète des grandes et petites figures, des grands et petits caractères de ce temps-ci, mis en scène par le hasard, — ce Veus ex machina do toutes les comédies humaines et de toutes les tragédies bourgeoises.

C'est, on outre, le Panthéon des grands hommes inconnus et méconnus, des demi-dieux delà province et des quarts de dieux de la banlieue; la nécropole de toutes les gloires d'un jour ; le martyrologe de tous les crucifiés de la publicité !

Car, à aucune autre époque , — peut-être , — on n'assista à une telle avalanche de sauveurs de la patrie, — do possesseurs de panacées infaillibles, — de placides marchands d'orviétans, — de Funtanarose ingénus, — champignons inofl'ensifs qui semblaient n'avoir attendu que cet orage révolutionnaire pour éclorc. La France regorgeait de libérateurs; la Seine, le Rhône, la Loire, leRiiin, la Garonne, charriaient des professions de foi. M. de Lamartine a prétendu (pie notre p^-^s s'ennuyait avant Février. Avant, nous ne le contestons pas; mais après Février , ce spleen, — tout enraciné qu'il put élrc , — ne jujuvait résister à cette provocation au rire et à la gaité qui partit simultanément des qnUrc points cardinaux de la patrie de Rabelais et de Montaigne ! . *

Beaucoup prirent au pied delà lettre les doctrines éga'itaires proclamées par un nouveau gouvernement et gravées au fronton de tous les monuments publics. Ceux-là étaient de l'âge d'or qui croyaient qu'il leur était permis enfin d'aspirer au suprême

Iionnciirdo mouler an Cnpilolo cl de remercier les dieux protecteurs de la Franco , au nom do lrenlc-citu| millions do Fninçais! Ceux-là él.iiont nés un peu prémalurônienl, qui s'imaj^iiiaioul qu'ils n'avaient jilus désormais qu'à ouvrir leur escarcelle pleine de trésors et de liienlails pour les répandre sur leurs concitoyens, et recevoir en échange des bénédiciinns et des actions de fîràce ! I.a France est une terre fertile : tout y peusse , surtout Vh.umour gaulois: le sarcasme! C'est avec la raillerie qu'on répondit aux offres désintéressées des prophètes guérissciu's! Ce fut à coups d'épigrammes qu'on hall i ton lirècho 1rs mirillfpics découverte* dô tous IcsÂméric Vespuce du monde du bonheur et de la fortune! Co fut un rire homérique, universel, qui accueillit les promesses — pleines de candeur — des Moïse que le vingt-quatre Février avait fait surgir à tous les points de l'horizon ! ..

L'initiation à la vie politique — à la vie sérieuse — sera longue, si l'on doit en juger par les premiers essais tentés, par les prcmièics épreuves subies'. Bien des soleils éclaireront encore la terre avant d'éclairer complèlement les esprits! La charrue ouvrira encore bien des sillons avant que l'intelligence ait ouvert complètement les sillons empierrés des cerveaux humains!...

L'ambition, — telle qu'on l'a conquisejusqu'ici, — la soif immodérée de pouvoir, — telle qu'on l'a toujours satisfaite, — sont des lèpres qui dégradent, flétrissent et atrophient les cœurs ! C'est pour cola que, les voyant misesen œuvre avec tant d'acharnement, d'imprudence et de puéril i lé après la Révolution do Février, nous n'avons pas craint de livrer au vent de la publicité ces feuilles politiques, ces professions de foi écrites, les unes j^ar dos hoinmcs de jonnc foij , les ai-lros par des sophislic/ncurs de pensées cl des grabclcurs de mots, presque toutes élincclantcs de gaîtc, de verve et de folie, écloses sous rinsjuralion de nous ne savons quel mauvais génie.

Mais nous n'avoiis point fait cola par esprit de parti, en haine aveugle des uns, par engouement irréllochi jiour les autres. Fn se plrçant à notre point de vue, on voit. Dieu merci ! les choses de plus haut cl les honijucs de plus loin. On n'épouse point les querelles sléiilos des ambitieux, encore moins les rancunes mauvaises des impuissants. On n'applaudil pas jihis qu'on ne siflle : on regarde.

Nous nous sommes t appelé lefforvescence électorale des premières journées de la Révolution, — la invoccupalion représentative qui tint si longtemps en haleine les Parisiens des dôparlomenls et les Réoliens de Paris, — la passion de la candidature qui s'empara si obslinémenl de l lul d'imaginations vierges jusque-là de ses atteintes funestes ; — cl nous avonsjugé uliic— et piquant, Furlout, — de faire partager à tous le plaisir que nous a causé cette revue rétrospective l'aile sans fiel , mais sans faiblesse!

L'atmosphère n'a pas le monopole des phénomènes; le monde moral en est tout autant pourvu que le monde matériel. Le phénomène qui se produisit après Février, ce fut, on doit s'en souvenir, ce titre de républicain dont chacun se para avec oi-gueil, depuis le sommet de l'échelle sociale jusqu'à sa base, depuis M. Montalcmbort jusqu'aux préposés de la Préfecture de police (style officiel). On se proclama même si ha\it et si énorgiquenieut partisan de la népul)liquc, qu'on aurait été en droit de supposer que si io roi Lo;iis-Philippe eut voulu, le 25 février, faire emprisonner tous les citoyens qui avaient pris quohpie part à la lutte et qui avaient applaudi à son renversement, il lui aurait fallu faire arrêter et emprisonner xeux- là môme qu'il aurait nalurellomcnl chargés du soin d'arrêter cl d'emprisonner les coupables. La religion des faits accomplis n'est pas tout à fait morte en ï)o\re plaisn7it pays de France. La

République était à l'orrlrn du jour; on so lit républicain. La chose fiiJ il'autaiit pbis aisée, et coûta d'autant moins aux conscience.^ cl aux foiiiiuis, (pi'il n'y eut point de cocardes à changer. Les coideurs qui avaient servi au fiouvcrne;nent Mi(inarchi(|ue, servant au gouverneniont populaire, on pot faire servir les couplets et les discours qu'on avait jadis improvisis à leur endroit. Il n'y avait véritablement rien de changé en France, — il n'y avait qu'un roi de moins!...

Aussi, le décret annonçant que tout citoyen de \ing'.-cinq ans était éliaible, — sans condition de cens et de domicile, — une fois rendu , imprimé et afiiclié, — tous les cilovens de niiaranloans ctau-dcs^us, qui n'avaient pu jouir de ce droit sous le gouvernement déchu, se mirent-ils, à l'envi, à descendre dans l'arène de la publicité, après s'être préalablement oints, comme les lutteurs antiques, d'huile de civisme et de patriotisme.

Aussitôt qu'il fut bien prouvé que, désormais, tout le monde pouvait aller à Corinlhe,

— c'est-à dire à l'Assemblée nationale , — tout le monde vou'ut y aller. Le duda , le liobhij-horse sur lequel chacun chevaucha, — comme l'enfant d'Horace, — ce fut la représentation nationale. Chacun voulait pouvoir s'écrier : « El ego in Arcadia! El moi aussi je suis représentant! » Les uns vinrent dans les comices bardés de lettres de Lamartine , qui en donnait à tout le monde ; les autres y arrivèrent avec des recommandations de Bérangor qui n'en refusait à personne. Les petits se placèrent sous le patronage desgrands qui, à leur tour, invoquèrent— auprès des électeurs— leurs relations intimes avec les humbles. Beaucoup aussi se délivrèrent eux-mêmes à eux-mêmes des diplômes de capacité et des litres de civisme, et ne demandèrent qu'à leur coii(ianceen leurs propres forces la faculté d'attirer la confiance des autres. Ajoutons à cela qu'il y eut des comités électoraux où se fit inscrire qui le voulut, et d'où l'on distribua les candidats auxdép;irtemcnts qui en chômèrent,

— les derniers arrivés comme les premiers , — car là , comme dans la parabole évangélique, les ouvriers de la onzième heure eurent des droits égaux à ceux de la première.

Circonscrite d'abord, la folie représentative s'étendit à tous. Elle prit comme une maladie contagieuse, et la curée électorale devint alors une mêlée terrible qui amena bien des mécomptes sanglants, provoqua bien des transactions de conscience, et laissa bien des morts sur le carreau. Puis les plaies saignantes des amours-propres pansées, les morts candidatomanes ensevelis, les murailles de la capitale— et des autres villes révolutionnaires — cessèrent de recevoir leur provende quotidienne d'aJfiches pompeuses et mensongères, et le rôle des collectionneurs commença.

Aujourd'hui nous offrons an public le fruit de nos recherches cl de nos investigations. Nous devons beaucoup à nos clforts, beaccoup aussi à l'obligeance d un bibliophile distingué, monsieur P..., qui a voulu se dérobera nos témoignages pid)lics de gratitude; et nous pouvons donner et nous donnons toutes les afficues , toutes les PRocL.\MATio.NS , toutes LES PROFESSIONS DE FOI qui Ont paru depuis février jus([u'à ce jour. Toutes! c'est-à-dire que pas un carré de papier, — bleu , rouge ou blanc, — important ou non , tiré à vingt mille exemplaires ou à un seul, n'a échappé à notre regard en quête de trouvailles bibliographiques.

Toutes! c'est-à-dire que les auteurs des professions de foi les plus inconnues n'auront pas le droit de nous accuser de mensonge, et de jeter au front de notre publication ce mot qui ne serait pas mérité : incotnplcte!

Toutes! c'est-à dire que c'est ici— et non ailleurs -qu'il faudra, plus tard, venir cher

cher tous les renscifrncnients sur les hommes et les choses politiques de ce temps , car ce sont les hommes et les choses pi/liti(|iies de ce temps peints par eux-mêmes, en dcsliabillé, sans fard élogieux et sans boue insultante, mieux et plus éloqueminent, certes, que ne le feront jamais les écrivains les plus consciencieux ou les plus li.iliilos. Les événements gagnent à n'être |)as connnentés, parce qu'ici l'esprit tue et la Ic4tre vivifie. Il suffit de les exposer clairement pour les exposer éloquemment.

C'est ce que nous avons fait, c'est ce dont on nous saura gré, nous l'osiiérons du moins. Nous avons iniilé l'impassibilité du socle de Pasqnin et de la statue de Marforio, nous avons tout enregistré , mais nous nous sonmies abstenu de toute appréciation, — hostile ou bienveillante, — sur les hommes et sur leurs actes imprimés et par cela même officiels. Nous avons su résister au désir de placer, en regard de chaque jirofession de foi, une notice biographique. Nons avons voulu laisser cette vengeance aux lecteurs de nos murailles.

Celte publication , — remarquable à plus d'un titre, — a plus d'un côté attrayant, plus d'une face instruclivc, plus d'un page édifiante, parce quetoutes les révolutions ont deux faces, comme Janus.Le rire y henrlc toujours les larmes, la farce y coudoie toujours le drame. Ce n'est point la faute de l'auteur : c'est celle des acteurs qui ne choisissent pas le rôle à leur taille et à leur esprit.

Et parmi les choses intéressantes de ce livre, — unique peut-être, — la moins intéressante ne sera pas la révélation de certains noms et de certaines signatures émanées d'hommes |iûliti(pics intlnenls dont les transformations et les avatars sont plus non)breux que ceux du grand Vishnon ; ce ne sera pas la publication des incantations et des hymnes en l'bonnem" de la République et du peuple, contenues dans des professions de foi dont les coupables voudraient bien pouvoir désavouer aujourd'hui la palernilé!

Nous n'insisterons passur lespromesses renfermées dans notre litre.Nous ne dirons pas combien de choses inavouables trahira cette publication; combien de mesquines rivalités et de |ian\rts haines elle dévuilera ! Nous ne diionspas combien d'affiches mal veillantes on tété faites, écrites, imprimées par les amis du princeL.iN. (nous mettons les initiales seulement pour qu'on reconnaisse pins facilement...) contre la candidatâire du général (.! Combien par les amis du général C. contre la candidature du prince L. N ! Combien, enfin, par les amis de monsieur L. R. contre les candidatures du |)rince L. N et du général C!... O gi-ands hommes que vous êtes petits, lorsipie vous êtes descendus du piédestal complaisant oii vous avaient hissés, — bien malgré vous, sans doute, — de maladroits amis!

Nous croirions insulter à l'intelligence de nos lecteurs en leur indiquant d'avance les rapprochements piipiants (pi'ils feront de telle ou telle i)rofession de foi. sur tel ou tel acteur conlenq)orain. Nous ne leur dirons pas certaine affiche publiée par certain journal le malin du 24 février, et certaine autre affiche, — bien différente de la première, — publiée dans la soirée par le même journal. Non; ce serait, en quelque sorte, écrémer l'œuvre, la dècouronncr, la désorigiualiser. Nous ne le ferons pas.

Seulement, on nous permettra bien d'insister quelque peu sur la méthode que nous, avons suivie pour le classemonl de ces irniombrables affiches, sur le moyen que nous avons enqdoyé pour épargiior aux autrrs les recherches pénibles auxquelles nous nous sommes livré pour coordonner ces matériaux , pour débrouiller ce chaos, pour donner un lansaî'e unitaire à cette tour de Rabel révolutionnaire.

Nous comiiieiiçoiis par lo discours du roi Louis IMiilijipo, — [>ri.'iiiièrc pierre de l'édilico, — el nous lilli^^o^s par la loi eleclorale du mois de juillet 1850 ; et, pendant CCS trente mois si pleins d'événements de toute sorte, — batailles de la rue et batailles de la trdjune, cliangemenis de n)iiiislères et elian^emenls d'unil'ormes, métamorphoses et apostasies , — la pensée du lecteur attentif n'éprouve aucune déviation ; — rien ne choque son regard et son esprit interrogateurs.

Cliaiiue chose est à sa place, chaque affiche est dans le mois où elle a été placardée, chai|ue profession de foi dans le mois où elle a paru. L'ouvrage est divisé en jilusieurs périodes. La première part du discours du roi pour arriver à la proclamation de la Républi(iue par le uoiiveriiemeiit provisoire. La seconde va de celle prodamalimi au 17 mars ; la troisième du 17 mars au G avril ; la quatrième du 10 avril aux journées de Juin. Puis viennent les diverses phases de la Révolution, et en passant par le 13 juin 1849, on arrive vite au mois de juillet 1850...

Aucune confusion n'est possible, on le comprend, avec cette méthode. Mais nous ne nous sommes pas cru quitte encore, et nous donnons à la fin de cette publication, — sans précédent, nous le répétons, — un index alphabétique et une table chronologique d'une exaclitiide scrupuleuse, à l'aide desquels l'hésitalion dans les rccbcrclies les plus délicates ne sera pas permise.

En un mot, nousavonsfait, on le verra, tout ce qu'il était — humainement oltypographiquement— possible de faire pour rendre noire (rinrc digne du public aïKjuci nous l'olfrons. Nous avions à donner les murailles uévolltionnaires, et nous les donnons. Tout, par la couleur et par le caractère, rappelle les innombiables affiches multicolores qui ornèrent les murs de Paris et d'ailleurs, durant ces deux années d'agitation révolutionnaire.

Nous n'avons rien retranché , rien ajouté. Nous avons poussé la religion du respect jusqu'à l'observance cruelle des fautes el des coquilles semées dans les originaux. Nous avons rejelé sur qui de droit la responsabilité des crimes de lèse-grammaire, de lèse-typographie , de lèse-bon sens et de lèse-bon goût que nous avons été appelé à juger. A d'aulres donc les reproches ! A nous les remerciements de tout le monde.

Car,

Le bibliophile , — le fureteur des raretés imprimées , des phénix typographiques, — nous remerciera pour cette bonne fortune qui vaut un EIzévir ou une édition princeps — ornée déplus de fautes qu'une édition Didot!...

Les gens alTriandésde scandale nous remercieront j our la riche moisson que nous avons fauchée à leur intention. Le blé est en grange , il n'y a plus qu'à le battre !

Les hommes politiijues, — IcsTalleyrands, les renégats et les relaps de demain, qui se font, si aisément, litière de leur conscience el de leursdevoirs — nous remerciet ont pour la collection variée des palinodies des Talleyrands , des renégats et des relaps d'hier. — que nous leur donnons en exemple.

Les philosophes, — les gens sages chez(iui la raison a glacé l'enthousiasme, chez

3ui le bon sens a tué les illusions, et qui n'ont qu'un regard de pilié et qu'un sourire e dédain pour toutes ces luttes éclalaiiloset tumultueuses de la vie, ]'om- toutes ces courses au clocher, au bout desfiueliesil n'y a (pie mécomptes amers et cpic casse-cou terribles ; — l<s philnso|ihes nous remerrieront pour ces sujets de méditation et de haut enseignement que nous leur livrons!

Les hommes st^rieux, enfin, les hommes qui lisent et étudient le passé au profit de l'avenir, — et qui font, de l'histoire, un peu plus de casque n'en faisait .Mallebran-

f che, — nous remercioroiit pciiricsdo.cumcnts précieux que nous lourahandonnons, ' heureux de pouvoir leur épargner les invcsligalions pénibles aux(iuellcs nous nous

sommes condamné à leur intention, j Tout le mondo , on le voit , a sa part , son lot , sa satisfaction ; et nous ne nous

j sommes pas oublié dans cette répartition. Nous avons l'inappréciable honneur d'ou- ! vrir les portes du tem|ilc où nous convions tous les fidèles : nous sommes le saint- I Pierre de ce paradis des curieux !

I Nous avons dit; nous ne voulons dire rien de plus. Nous aurons eu, nous aussi,

I notre exegi momimcnlum , et au bas de ce monument nous aurons signé ;

: ALFP.ro DELYÂU.

Janvier 1851.

LES MUIIVILLKS

RÉVOLUTIONNAIIIES

■•l><ItI'-iI>-H'*-*-« —

DU 28 DÉCEMBRE 1847, AU 25 TliVlilCR 1848.

DISCOURS DU ROI. — 28 DKCEMBRK 18/i7.

Messieubs les Paius. Messielus les Dépctés,

Je suis heureux, on me relrouvnnl au milieu de vous, de n'avoir plus h déplr.rer les maux que la cherté des subsistances a fait peser sur notre pntiie. f.n France les a supportés avec un courage rpie je n'ai pu coniemiiler sans une profonde émotion. Jamais, dans de telles circonstances, l'ordie public et la lib<rlé des irr.nsactiiiis n'ont clé si çénéraiemcnt maintenus. Le zèle inépuisallrde la charité privée a secondé noscon-.inuns elTorts. Notre commerce, grâce à sa prudente ;:ctivité, n'a été que faiblement atteint par la crise qui s'est fait sentir dans d'autres Etats. Nous tnvicbons nu tei me de ces épreuves. Le ciel a béni les ira vaux des populations et d'abondantes récoltes ramènent partout le bien-élrcct la sécuiité.Je m'en félicite avccvous.

Je comjitc sur votre concours pour nieiiLi- à lin les grands travaux jiublics ijui, en étendant à tout le royaume la rapidité et la facilité des communications, doivent ouvrir de nouvelles sources de prospérité. En môme temps que des ressources suflisantes continueront d'être affectées à celte œuvre fécontie, nous veillerons tous avec une scrupuleuse économie sur le bon emploi du revenu public, et j'ai la confiance que les receltes couvriront les dépenses dans le budget ordinaire de lElal, qui vous sera incessRinment présenté.

Un projet de loi spécial vous sera proposé pour réduiie le prix du sel, et alléger la taxe des lettres, dans la mesure compatible avec le bon état ds nos (inances.

De projets de loi sur l'instruction publique, sur le régime des prisons, sur nos tarifs de douanes, sont déjà soumis à vos délibérations. D'autres projets vous seront présentés sur divers sujets i m port.ints, notamment sur les biens communaux. sur le régime des hypotlici|UPS, surlesMonts-dc-Piélé.surl'application des caisses d'épargne à de nouvelles améliorations dans la condition des classes ouvrières. C'est mon vœu constant que mon gouvernement travaille, avec votre concours, à développer, en môme temps, la moralité et le bien-élre des populations.

Mesrapportsavec toutesles puissancesétrangcres me donnent la confiance que la paix du monde est assurée. J'espère que les progrès de la civilisation générale s'accompliront partout, de concert entre les gouvernements et les peuples, sans altérer l'ordre intérieur et les bonnes relations des Etats.

La guerre civile a troublé le bonheur de la Suisse. Mon gouvernement s'était entendu avec les gouvernements d'Angleterre, d'Autriche, dePrusse et de Russie, pour offrir à ce peuple voisinelami une médiation bienveillante. LaSuisse reconnaîtra, j'espère, que le respect des droits de tous, cl le maintien des bases de la Confédération Helvéliipie, peuvent seuls lui assurer les conditions durables de bonheur et desécuriié que l'Europe a voulu lui garantir par les traités.

Mon gouvernement, d'accord a vecceliiidelareinedola Grande-Bretagne, vient d'adoplor des mesures qui doi vont piirvci'.irenlinij rclal)lir nos relations commei'ciales surlesiivosde laPiuta.

Le chef illustre qui a longlcmps et glorieii-enienl commando en Algérie, a désiré se reposer de ses travaux. J'ai confié à mon bien aimé lils, le ducd'Aumalo, la grande et diITicile làcbe de gouverner cette terre française. Je me plais £1 penser que, sous ladireciion de mon gouvernement, et grâce au courage laborieux de la généreuse armée qui l'entoure, sa vigilancoct sondévoucnientassureronthi tran(iuillité, !a honiioadministi'aiion ei la prospérité de noire établissement.

Messieurs, plus j'avance dans la vie, jilus je consdcic avec dévouenieniau service de la France, au soin de ses intérêts, de sa dignité, de son bonheur, tout ce que Dieu m'a donné et me conserve encore d'activité et de force. Au milieu de l'agitation que fomentent des passions ennemies ou aveugles, une conviction m'anime et me soutient : c'est que nous possédons dans lu monarchie constitutionnelle, dans l'union des grands pouvoirs de l'Etat, les moyens assurés de surmonter tous ces obstacles et de satisfaire à tous les intérêts moraux et matériels de notre chère patrie. Maintenons fermement, selon la Charte, l'ordre social et toutes ses conditions ; garantissons lidèlcment , selon la Charte, les libertés publiques et tous leurs développements. Nous transmettrons intact aux générations qui viendront après nous le dépôt qui nousest confié, et elles nous béniront d'avoir fondé et défendu l'édiliceà l'abri, duquel elles vivront heureuses et libres. . imp. Uenkï. rue uit-ie-Cœur.

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