‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 128 sur 295 · L'EGLISE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

L'EGLISE FRANÇAISE

Aux. Citoyens cl Ministres de tous (es Cultes.

Citoyens, Ministres et Fidèles (les vieilles religions, tout est fini avec les doctrioes mvstimies, incomprises du passe.

Dieu vient d'illuminer les Nations d'une lumière soudaine, dclalaiite. Malheur ù qui s'obstinerait à ne pas voir cettf lumière divine, et à marcher dans les voies ténébreuses des temps d'iïiiorancc et de barbarie! Le vieil homme doit être dépouillé; tout doit être renouvelé. « Recédant vetera; nova fiant omnia. » (Nous citons du latin, pourque nos frères soient à même de vérifier le texte de l'hymne de l'Église romaine où se trouvent ces paroles.)

C'est au nom de cet Etre suprême qui est votre maitrc comme le nôtre, mais que, malheureusement , nous sommes loin d'adorer et d'admettre de la même manière, que. Fidèles, Pontifes et Ministres de l'Eglise- Française , nous venons tous vous offrir l'accolade fraternelle, et vous proposer pour la millième fois, depuis dix-huit années, des Conférences publiques dans lesquelles seront discutés, devant Dieu et le Peuple, les principes do TÉglise-Françâise et les vôtres. Le public entendra et jugera; car, Messieurs et cliers Confrères, ce n'est ni à vous, ni aux sectateurs de vos Églises, ni à l'E-

glise-Française, ni à moi, de prétendre ([ue nous avons seuls raison et (]uc Dieu nous a faits seuls infaillibles.

L'infaillibilité appartient à Dieu seul. Elle est incommunicable à l'être humain, attendu (ju'ellc suppose des attributs mhnis que l'homme ne saurait posséder.

Vous le savez bien, Messieurs et chars (lonfrères ; pourquoi ne pas l'avouert Le temps des réticences est passé. Les Peuples, aujourd'hui, peuvent supporter sans en être éblouis et terrassés, comme Moïse au Sinaï, les divins rayons de l'éternelle lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde.

Nous sommes Frères en Dieu et en Christ. Nous l'avons dit bien des fois ;i MM. les abbés de Havignan et Millcriol ijuc, dans sa sollicitude épiscopnle, le Pontife de l'Kglise romaine de Paris avait commis pour nous ramener dans ce que les calholi- (lues-lalins appellent les voies au salut.

Mais, vous le savez, celle mission est restée sans succès, nonubstant le talent et le zèle bien connu de ces deux ecclésiastiques, dont je me plais à proclamer ici le mérite et les vertus sacerdotales. Comment s'est il donc fait ijue nous n'ayons pu nous entendre com-

plètement? En voici les motifs en deux mots :

Votre Eglise romaine, comme les royautés qui tombent chaque jour, se croit immuable ; elle prétend seule avoir le monopole de la parole sainte et de la vérité. Ses dogmes sont pour elle une arche sainte à laquelle nul autre que ses ministres n'a le droit de toucher. Croire sans voir et sans comprendre, c'est là, selon vous, une condition sine quâ non de salut éternel.

L'LgIise-Française, au contraire, conformément aux paroles de l'éternelle vérité, qui a livré le monde aux explorations incessantes de l'humanité, veut voir et comprendre avant d'admettre et de croire, l'oiir elle, le témoignage des hommes n'est point un moyen infaillible de juger, l'Iioinine marchant sans cesse à la découverte de vérités incorniues.

Dans le grand tout, Dieu seul et la loi sont immuables, parce que seuls ils sont Mifaillibles.

Ni votre Eglise, ni la nôtre ne devant avoir la prétention impie d'être infaillibles, nous devons donc. Ministres et Fidèles de r Eglise-Romaine et de l'Eglise-Française , ou de toute anlre Eglise , si nous voulons vraiment ne plus former qu'une âme et qu'un corps , clici cher à nous imir en esprit et en vc-

lilé, c'est-à-dire parla croyance au mi'nic Oieii, aux mêmes lois et par la pratique des mi-mcs verlus sociales.

Pour atteindre ce but qui doit réaliser le règne de Dieu sur la terre, en faisant de riiumanité une seule cl même famille, voici ce que ]iropose l'Kglise-Française dont je ne suis ici que le simple délégué :

1° Abolition et confiscation, au profit de la raison, des mystères et des doctrines incomprises du passé.

2" Dieu , ses attributs, sa loi ; l'Homme, ses attributs et sa loi; l'univers enfin et la loi naturelle, scrutés, examinés et coninis ]iar les seules lumières venant de i'Ktre suprême, c'està-dire par la raison et la science.

3» Plus de révélation de privilèges faite à quelques hommes, mais la grande révélation universelle se faisant éternellement à tous les êtres de la création, selon ces paroles divines :

I.e? Ciciix instruisont la torrc A révérer leur auteur; Tout ce que leur globe enserre Célèbre un Dieu créateur.

4° Plus de Pai'ddis, plus d Enfer ou de Purgatoire (|u'on ne puisse, obtenir ou éviter (ju'au moyen de ju'ières, de jeûnes, de privations matérielles, intellectuelles ou morales; mais bien DEUX MILIEUX après celle vie, l'un de gloire et de bonheur, ou le CIEL pour les justes; l'autre, d'expiation ou de réparation momentanée et en rapport avec le délit , ou la GEHENNE pour les pécheurs.

5° Les cérémonies d'Eglise, considérées (Iniquement comme des symboles de ce qu'il faut croire et pratiquer pour obtenir la vie éternelle, et non conmic des moyens descpiels puisse venir directement la grâce de Dieu, le salut consistant exclusivement et toujours dans les bonnes œuvres, indépendamment de loule forme religieuse.

6° Suppression, par consé-

quent , des indulgences , des prières, du jeûne, de l'abslinence, des invocations au Ciel pour en obtenir un changement d'atmosiibère, ou tout autre miracle qui serait une dérogation à la loi immuable de Dieu.

7° Adorations, glorifications, actions de grâces , renierciemens, commémorations, souvenirs substilués, soi t ])oiir Dieu , soit your riioninie, aux demandes et aux [)rièies des vieux cultes.

8o Abolition de la confession auriculaire, comme injurieuse à Dieu et à l'humanilé, en ce qu'elle donnerait au Prêtre le ])Ouvoir exorbitant de remettre ou (le retenir les jicebés, dont la rémission consiste uniquement dans la réparation du mal et dans la pratique des verlus sociales.

9» Plus de culte à la Vierge, comme mère de Dieu, qui ne peut avoir de mère; mais culte de souvenir, d'admiration à Marie, parce qu'elle fut la mère de l'un des plus grands des enfans des hommes , et parce qu'en loule occasion, elle se munira digne de ce grand législateur des (Chrétiens.

•1()'> Christ, honoré comme un sublime b'gislaleur, et non adoré comme un Dieu, conformément à ces paroles évangéliques : C'est ici la vie éternelle, qu'ils te connaissent, loi, qui es le SEUL VRAI DIEU, et Jésus-Christ que tu

asenvoi/é Il n'y a qu'un

seul Dieu et il ni) en a aucun autre.

i|o L'Eucharistie admise, non comme la présence n'ellc du corps, du sang, et de l'ànie d'un Dieu dans le ]m» et le vin, mais comme l'expression symbolique des trois termes de la vie humaine : IJBEliTl!;, Ef.AI ITt; , I IIAÏEUMTI':.

li" La célébration du eulle en langue vulgaire, en conformité avec la raison , le sens commun et avec les enseigne-

mens de saint Paul : « J'aimerais mieux ne dire que cinq jtaniles dans riùjlise de Dieu, dont j'aurais rinlelliqence, afin d'en instruire aussi les autres , que d'en dire dix mille dans un lanyaije inconnu. ,

« Si je vous parle ttn langage que vous ne comprenez pas, comment pourrez-rous répondre AMEN à la fin de mes oraiso7is'/ vous ne savez»

2)as ce que je dis. »

13» Le mariage, ou l'union de l'homme et de la femme, étant de droit naturel et divin, plus de CÉLIBAT DES PHÉl'HES , selon ces [)aroles : de saint Paul lui-même : « // faut que l'éréque soit mari d'une seule Ihnme qu'il gouverne liien sa propre famille, tenant ses enfans dans la soumission. » (Timolhée III, 2,

^, va.)

l.i» Conformément aux cnfcipuemenls de la raison : on n'lio)U)re que ce qui est honorable , et on .'<ail qu'il n'y a d'honorable que ce qui est utile. (Code de l'Humanité, chap. G, V. 188.)

En conséquence, le culie aux madones et aux saints prélendus, qui ne sont connus que par leur ascétisme, leurs mortiiicalions insensées et leur inutilité pour la chose publique, est remplacé par le culte des grands hommes.

On lit sur les portiipies du Temple :

AUX r.HANDS HOMMES ET

AUX FEMMES H-LUSTUES,

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