‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 134 sur 295 · AUX OUVRIERS TYPOGRAPHES · texte numérisé non relu

AUX OUVRIERS TYPOGRAPHES

Des camarades ont proposé , dans les termes suivants, d'ouvrir un Emprunt des

TravniHeurs :

Qiio le gouvernement crée un emprunt de SO millions, portant le litre d'emprunt des Travailleurs.

Cet emprunt devra être rempli du 20"mars au 31 mai, inclusivement et couvert en bons du trésor, au porteur, de 20 francs, portant intérêt à 5 0(0, et payables par le tirage en 6, 9, 12, lo, et 18 mois.

Chacjue atelier calculera pour combien il peut s'engager dans le laps de temps ci-dessus indique. Les versements seront faits chaque semaine entre les mains du délégué nommé à cet effet, et celui-ci remettra à chaque souscripteur son bon de 20 fr. lorsque le versement sera complet.

r.es ouvriers qui ne pourraient verser 20 fr. en di.x semaines se réuniront à d'autres pour compléter cette somme.

Indépendamment de notre adhésion à ce patriotique projet, nous nous engageons à verser chacun une journée de travail au trésor de la République.

Puisse I exemple que nous suivons trouver de nombreux imitateurs, et bientôt la confiance ramènera lo travail et la prospérité dans notre glorieuse patrie !

Les Ouvriers de l'imprimerie VINCHON.

VIVE LA RÉPUBLIQUE

Imprimerie VlNCHON, rue J.-J. Uousseau, 8.

AUX MEMBRES DU GOUVERNEMENT PROVISOIRE

Messieurs,

Un imuKînse mouvement vient de s'opérer.

Un grand apjjel est fait à la nation tout entière.

Nous devons y n'poiulrc maintenant.

Le spectacle admirable que présente la population de Paris; les efTorts de tous pour le maintien de l'ordre et de la liberté, nous donnent l'assurance que la nation s'élèvera, par l'accord de tous ses enfans, à la hauteur de ses plus beaux jours et de ses plus grandes gloires.

Respect aux croyances religieuses, respect à la propriélf;, respect aux personnes.

Honneur et bien-tire aux travailleurs.

Ordre et liberté pour tous.

Cordialité entre tous et sans arrière-pensée.

Le pays avant tout.

C'est aujourd'hui le cri de ralliement de la France.

Comptez sur moi.

Recevez, Messieurs, l'assurance de mes sentimcns distingués.

H. DE LA ROCIIEJACQUELEIN.

rim? - In^pr t,*.*j-i r- C* -.iP ^om

DÉPARTEMKNT DES BOLCHES-DU-RHONE.

REPUBLIQUE FRANÇAlëE.

LIBEnTÉ, ÉGALITÉ. FRVTEBMTE.

PllOCLAMATlON.

Au Aom du Peuple Français.

hn roya\it(^ n'ost plus ! D'un geste de sa main le Peuple fie Paris a brisé la couronne inipriuleninieul livnc il y a 18 ans à la famille d'Orléans.

La Répnl)li((ue a été proclamée clans toule la France aux accents de l'iiynuic patriotique qui a consacré le nom de la Grande Cité du Midi. Le drapeau tricolore, piaule par nos pères, sur toutes les capitales de l'Europe, a été adoj)tt' par le peuple comme le symbole de la Repulilique Française. En rappelant les gloires du passé, il présage celles de l'avenir.

L'ordre règne partout, avec la fraternelle union des Citoyens. Partout les personnes et les propriétés sont respectées.

Une assemblée nationale, expression sincère de la volonté générale, va être pro chainemenl appelée à fonder les bases définitives delà Constilution Républicaine. Le gouvernement provisoire, en abolissant la peine de mort en matière politique, a sanctifié la Révolution et ajouté une page ineffaçable au livre de l'iiumanilé.

Citoyens! je venais au nom du riouvernement Provisoire vous convier à prendn- votre part du mouvement régénérateur. .le voulais vous dire que Paris avait été sublime de patriotisme et de magnanimité. Mais je ne puis maintenant que vous exprimer l'émotion profonde qui m'a arraché des lamies, quand j'ai vu votre admirable tenue, votre dévouement à l'Ordre Pul)lic et à la République. Vous avez été dignes de votre Grande Cité, et j'ai ('prouvé un sentiment d'orgueil en songeant que je suis votre concitoyen , votre frère.

Hommes du Peuple ! la révolution a été faite par vous et pour vous. Nous savons vos souflrani l's et le courage de \otre résignation. La R('publique sera pour vous une mère prévoyante. Mais en rétablissant vos droits imprescriptibles, nous n'entendons pas courber toutes les têtes sous un joug inflexible, nous voulons seidement augmenter la grande famille et accroître le bonheur de quelques-uns du bonheur de tous.

Pas d'impatiences! les grandes choses s'accomplissent lentement.

Pas d'espérances réactionnaires non plus? La nation fout entière debout et armée s'ensevelirait sous les ruines avant de permettre le rétablissement, sous une forme quelconcjue, de la royauté trois fois infidèle à ses devoirs.

.Soyons unis ! vous, qui retrouvez les ossements de vos pères sur toutes les routes parcourues par la Liberté quand elle était encore martyre; vous qui pleurez

— ÎOS —

sur la pii-nc à jamais sccllt'e du loml)oau de la royaulô ; abjurez aujourd'liui, je vous le demande au nom delà pairie, les mauvais souvenirs et les resseutimenls. Munirons que nous sommes \érilal)lement des hommes régénrrés.

Soyons Frères! Elevons vers Dieu des mains reconnaissantes; remereions la Providence d'avoir permis (jue leloile de la l'rance ne se voilai pas dans la ten»2)èle, qu'elle restai toujours la lumière des nations! serrons-nous autour des (.Irands Citoyens qui sauvent la patrie; el disons du cœur et de la voix:

VIVE LA RÉPUBLIQUE

Le Commissaire du Gouvernement, EmilkOLLIVIER..

• Marseille, le 1" Mars 1848.

l'encs, iin[)rirneiie do la République française, ruf Cancbif'ic, 13.

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

La Commission républicaine déparlementale à ses Concitoyens.

CITOYENS

La Commission républicaine déparlementale du Puy-de-Dôme, apprenant que diverses personnes abusées par la malveillance, et peut-être aussi par les idées fausses que le pouvoir qui vient de périr à jamais faisait circuler sur la République et les Gouvernements républicains, avaient manifesté quelques craintes à propos des sommes versées dans les Caisses d'épargnes, s'empresse de rassurer ces personnes aux intérêts desquelles elle veille spécialement, par celte seule raison fju'elles sont peu favorisées du côté de la fortune.

Quelque lourd que soit pour la nation le fardeau du déficit que nous laisse en fuyant la détestable royauté qui vient de succondier, les membres de la Commission sont unanimement convaincus que la République française fera honneur à tous les engagements pris, quelque onéreux qu'ils soient pour elle. Mais ce que nous pouvons afiTumer dès à 2)résenl comme quelque chose qui j)araît positif et certain, c'est que les dépôts (jui ont été faits par les travailleurs dans les Caisses, seront intégralement restitués. Nous entrons dans un régime qui mettra fin à tous les privilèges; mais s'il pouvait en êlre conservé en matière de finances, ce serait surtout au profit des sommes, qui n'ont pas été prêtées à l'Élat, mais seulement placées on dépôt dans les caisses dites d'épargnes, créées àl'cfret de les recevoir. Ainsi donc, que les déposants se rassurent, qu'ils puisent pour leurs besoins, qu'ils déposent dans ces caisses, comme par le passé, en louh- sécurité, et qu'ils n'éprouvent plus de crainte pour le remboursement que la République s'empressera, nous n'en doutons pas, de garantir dans le jilus bref délai.

En rHôlel-dc-Ville, le 1" mars \SliS.

Clermonl-Ferraïul, iiii|iriiii. Veyssot.

Page 1