COMMANDANT LES DIVISIONS MILITAIRES
Paris, 1" mars 1848.
Général,
En ce moment, tout le monde devant être à son poste, vous donnerez les ordres nëcessaires à cet ellet.
Les militaires de tous grades et de toutes armes ([ni peuvent être en congé dans votre division devront donc retourner immédiatement à leurs fonctions ou rejoindre leur corps.
Toutefois, cette prescription ne s'applique point, quanta présent, aux militaires de la classe de 18/il, qui ont été maintenus provisoirement en congé.
Ainsi que je vous y ai invité par mon ordre du !23 février, vous avez dû déjà proclamer la Répidilique.
En ce qui concerne les corps de troupe , les garnisons seront réunies dans les villes qu'elles occupent. L'oflicier le plus élevé en grade fera lire à haute voix , devant le front des troupes, la proclamation suivante , qui sera ensuite mise à l'ordre cl lue à trois appels consécutifs :
«Officiers, sous-officiers, caporaux ou brigadiers et soldats , la République française est proclamée.
« Enfants de la Fiance, avant tout, vous êtes désormais les serviteurs de la République.
« C'est au nom de la République qu'à l'avenir vos devoirs vous seront imposés.
« Us n'en seront que plus impérieux, ils n'en devront être qui; mieux observés.
« Notre premier devoir, vous le savez, c'est l'oubli de nos intérêts jîarticuliers sacrifiés aux intérêts delà patrie.
I C'est donc une nouvelle protestation de dévouement et d'obéissance que doit voiTs rappeler chaque nouveau cri de: Vive In Ucpiiblique ! »
Des procès-verbaux dressés par les soins de l'intendance constateront celte solennité. Les listes d'adhésion seront signées par tous les olFiciers, elles seront eolleelives par état-major et2)ar rorjjs; vous resterez chargé de les réunir cl de me les transmettre au fur et à mesure qu'elles vous parviendront avec les procèsverbaux.
Votre conduite, général, devra, ainsi quecelle des chefs de corps et de service, Irndre à développer et à appliquer les principes énoncés dans la proclamation ci-dessus.
Les couleurs nationales, telles qu'elles ont été adoptées par le Gouvernement
provisoire, sont le seul signe de rallicnienl de Idus les Français; aucun autre ne saurait être loK'rr.
(Juaiil au\ illcls en service, ils sont la j)ro|)riélé de l'Klal, cl tant ([uc Ir (iouvernenient n'en aura pas ordonne le ehanstenicnt, ill doivent être conservés intacts. ,
lui uii mol, c'est du Gouvernement seul que doivent venir toutes les modifications dans le personnel et dans le matériel,
• Vous prendrez, d'accord avec l'administration ci vileef l'administration mil! taire, tous les moyens néct-ssaires pour assurer par la troupe, concurremnu'nt avec la garde nationale, ces deux forces ne devant désormais taire qu'une même famille, la conservation des établissements publics des magasins de subsistances et la répularit»' des distributions.
^'oubliez pas, général, que les obligations que les circonstances nous imposent sont imjH-rieuses ; la responsabilité de l'ordre matériel, et surtout de l'ordre moral parmi les troupes, pèse sur nous. Je compte que cette pensée doublera vos forces et votre activité, et «pie votre zèle et voire prudence ne resteront pas audessous des devoirs que vous avez à riinj)lir.
Vous me rendrez compte, d'ailleurs, de tout ce qui vous paraîtrait mériter mon attention.
Le Ministre de la guerre, Général SUBERVIE.
Imprimerie nationale.