SOLDATS DE L'ARMÉE D'AFRIQUE
Le (louverncmcnt républicain que la France vient de se donner, porta, il y a un dcmi-sit'cle, sur la terre d'Afrique, les couleurs sous lesquelles vous avez combattu il y a dix-huit ans.
Vos luttes htroï(jues. vos travaux, votre infatigable persévérance, cette vertu militaire, en un mot, dont vous avez donné tant de preuves, le Gouvernement républicain sait les apprécier, il saura les récompenser.
Soldats ! la ^'loirc ([uo vous avez acquise en conquérant à la France la plus belle de SOS propriétés nationales, est un tilro impérissable à la reconnaissance de la République.
Le digne chef que le Gouvernement provisoire a placé à votre tête a son entière confiance, comme il a la votre.
C'est dans vos rangs qu'il s'est illustré ; en le suivant sur le chemin i\v. l'honneur et du devoir, vous vous montrerez fidèles à ce sentiment de la discipline qui n'a jamais abandonné le soldat français.
Les Membres du Gouvernemenl provisoire ,
DUPONT (de l'Eure),
LAMARTINE
MAUlEg
GARMER-PAGÈS,
ARAC.O.
LEURL-ROLLIN,
CRÉMIEUX, LOUIS RLANC, Ferd. FLOCON, MARRAST, ALBERT (ouvrier).
Pour ampliation :
Le secrétaire général du Gouvernemenl provisoire, PAGNERRE.
Imprimerie nationale. Mars 18t8.
CLUB DE L'LNIOIV.
M4MIFESTE.
Les dynasties ont vécu; le peuple va vivre.
Jusqu'ici les droits de tous avaient été confisqués au profit d'un seul ou de quelques-uns.
Le temps du privilège est passé, le règne du droit commence.
Or, le règne du droit, c'est la République.
Youloir ressusciter la royauté, institution vieillie et morte dans l'impopularité elle mépris, ce serait faire un anachronisme ridicule.
Mettre le sceptre aux mains d'un enfant ou d'une femme, ce serait introniser la faiblesse. La faiblesse engendre toujours l'anarchie.
La République seule est désormais possible.
C'est elle que nous avons juré de soutenir, à elle notre cœur, nos bras, notre sang.
Mais pour qu'elle vive et triomphe, il faut qu'elle soit assise sur les bases impérissables de la justice et de la raison.
Or, la justice et la raison ont poTir compagne inséparable la modération.
On n'est violent que quand on n'a pas pour soi le bon droit et la vérité.
Donc, respect aux droits de tous, discussion libre de toutes les oj^inions, sympathie de toutes les âmes : voilà noire devise.
Nous ne repoussons que ce qui est vil ou corrompu ; nous accueillons tout ce qui est loyal et généreux.
Sortie de la victoire, la République doit s'immortaliser par sa justice.
Ainsi elle fera l'admiration de tous les peuples.
Ainsi, elle réalisera ces trois maximes de l'Evangil^:
LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ
Les Membres du Bureau,
E. DUPONT, étudiant en droit, président; Pai L BOUQUET, ouvrier mécanicien; THOMAS, ouvrier doreur; PICQUET, étudiant m droit, viceprésidents; GIRARD, étudiant en droit; MERLIEUX, professeur de mathématiques, secrétaires.
Imprimerie Bailly, Divrv et Comp., place Sorhonne, »..
— 34K — RÉPUBLIQï'E FRANÇAISE.
LIBERTE, ÉGALITÉ, FRATERNITE
AU NOM DU PEUPLE
Allondu qui-, s'il importe à la Rt'piibliquc Iraiiraisc do conserver à la ville de Lvoii touU- sa lorrc et tous ses moyens de fl( fense, il importe r^'alemcnt au ^^ouvernemenl du peuple de ne pas laisser plus longtemps dcboul cl menaçantes contre le peuple les murailles fortifiées construites par la monarchie entre Lyon et la Croix-Roussc, à l'époque où la monarchie préméditait d'anéantir les travailleurs républicains ;
Attendu que la destruction de ces murailles détestées se lie, d'ailleurs, intimement au projet de construction d'une plus vaste enceinte au-delà du vallon de la Boucle, défendant à la fois la Croix-Rousse et Lyon, deux villes sœurs dont la réunion est depuis lonpftemps demandée par tous les citoyens ;
Le commissaire du Gouvernement provisoire dans le Rhône arrête :
L'enceinte fortifiée qui s'élM'e entre Lyon et la Croix-Rousse sera démolie, à l'exception du fort Saint-.lean, jugé indispensable à la défense de la commune, et des casernes nécessaires au service de la République.
Par dispositions ultérieures du Gouvernement provisoire, les terrains et bâtiments de celte enceinte seront utilisés dans l'intérêt du peuple.
L'exécution du présent arrêté est confiée au génie militaire, dont le travail commencera le lundi 6 mars.
L'ordre public, qui doit régner solennellement pendant l'exécution de celle grande mesure, est confié au zèle et au iialriotisme de la garde nationale, et à la sagesse du peuple.
Ceux qui le troubleraient sont les ennemis de la République.
Le Commissaire du fiourcnnmcui provisoire, Emmanuel .U'iAGO.
CnAnoïKE, Imprimeur de la Préfectare, place de la Charité.
LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ