VOSGES
Le Clul) Démocratique des Vosges tient ses Séances les Mercredi et Samedi de chaque Semaine, à 8 heures précises du soir, rue du Faubourg-Sain l-Denis. 32. « L'Art. 1" de son règlement est ainsi conçli : »
Le Club se compose de tous les citoyens des Vosges qui veulent en faire partie. Nous avons pour but l'intércl général de tous les Vosgiens, c'est donc un devoir pour tous de se réunir à nous.
Nous comptons stirtont sur le concours des OUVRIERS.
lUNGRAY, Président.
BOl LAY (de i.a MEiiRTHii),!
JOliBRRT,
''^''^''];''^™^''^ I Secrétaires.
Victor l'E^ROl, |
VADET, ' Trésorier.
Vive la République
Vice-Présidents.
Paris.— Imprim. cl liili. tlp Maiildc nt Renou, rue Baillciil, 9-11.
AVIS
Nous ijivitons les Allemands qui tiennent à Mionneur de leur patrie de s'unir samedi foiv i la Sofiélc Déinorratitjuc, rue St-llonoré, {'hapellc de l'Assomption, pour prendre les mesures propres à éclairer la nation française, notre seule amie sircère. sinla nnliire compliquée de la maiiieureuse guerre dans la province de Posen , une collision dont on a tant dénalinV; et exagéré les laits, comme les cause \
Kn niénu; lemp.'^ pour Ibrmulcr une adresse à I'Assend)lée Constiluanle Allemande, (|iii S(; réunit le 18 à Iranklbrt, dans le but de prier cette Représenlatioii solaiicllt'd'iine nation droite eleonsciencieusede faire un sacrifier j)oiirles Polonais, f|ui, cniraîiiés par un amour de la patrie trop ardente*, poussés par le fan;itisme de leurs prêtres, ont agi avec trop de précipitation
D'SCIILUND,
Au nom d'une Société des amis des Polonais.
Sic.
Imp. (le K. naiitnichf , 90 r. <)c la llarpo.
Paris.- tiniMiiiM'iic I V<;<H It cl Cotiip., rue Siiuldol, H.
REPUBLIQUE FKAAÇAISE
La loaiDiissiuii i;!uiiici{iule [iro>isuire de Cillais All\ UABITA-NÏS DE LA VILLE.
Chors concitovfns,
Vive la Républiqce!
Car 11 H. jniMiiqm- i'>t proclama», et t oniiiu' ollo l'a été par la voix du Peuple, f!lec»l<!csorniais un fait accompli, incsistible; la voix du Peuple, qui éciale unanime, immense, Iriomphuulc, comme elle vient d'éclater à Paris, n'es l-cUe pas la voix «le Dieu !
Vive la République : citoyens de Calais !
Mais sachons la romprcndrc et la iaiie comprendre.
La Képuhlique, c'est la chose publique, c'est rinlérèl de tous ;
C'est la force et la ^^raudcur de la nation ;
C'est la diiriiilé du citoyen indépendant;
C'est l'esprit d'ordre et de générosité ;
C'est le respect à la propriété ;
C'est la reprise de racii\i;é nationale, industrielle et commerciale.
Confiance (.i honheur donc, chers concitoyens ; confiance dans le Gouvernement provisoire, i|ui s'occupe en ce moment, avec une ardeur prodigieuse, avec l'ardeur el l'intelligence du génie national, à réorganiser notre France d'une manière grande, lorte et digue d'elle !
Confiance en nous et respect à nos délibérations, à nos décisions !
Car nous allons nous occuper immédialenient, sans repos ni cesse, à rendre à notre chère ville de Calais le rang, limporlance et la prospérité qui lui appartiennent.
Confiance encore une fois; car, avec elle, le lra\ail renaîtra de lui-même.
Vive doue la République, chers concitoyens, et sachons pratiquer, comme de méritans héritiers des vertus démocratiques de nos pères, de nos glorieux bourgeois de Calais du XIV' siècle, les saiutes et hautes maximes de Liberté, d'Egalité, de Frater/tilél
VIVE LA RÉPUBLIQUE
Les Membres delà Commission municipale provisoire.
Le président Ern. LE BEAU, avocat; le vioc-pr(?ident, A. VOGUE, nég. , président de la chambre de commerce; NEHOU, ingénieur en chef; Et LENGAIGNE. nég.; IIELBERT-IÎROUTIEU. nvs;. . membres.
Les adjoints de la municipalité, LEMAIUE et OUILL.ACO.
N. B. .Aujourd'hui, la République sera proclamée solennellement à Calais, reconnue par notre brave gard« nationale et par le-26* de ligne; ce sera une fêle générale. Les habitants soni iavilés a arborer le drapeau national el à illuminer leurs maisons pour ce soir ; nul douie qu ils ne suivent l'exemple de leurs frères de Paris, qui ont éclairé de milliers d; luiiiières, pendant (jualre jours conséculifs, la prodigieuse el admirable vicloire du peuple.
Calais. Imprimerie de D. Le Biy.
T. I. ùli
PROCLAMATION
CONCITOYENS
Un çraïKl lait aï 'nt de s'accomplir ; le temps des rois est fini; la Rlll'UBLIQUE est proclamée à Paris : c'est à vous. MARSI'.ILLMS, de seconder ce mouvement.
A Marseille, notre concours doit être tout pacifique, mais à la contlilion que la GARDE NATIONALE sera la représentation de la démocratie qui soull're depuis si longtemps.
Le devoir des patriotes est, avant tout, de montrera l'Europe qui nous regarde, nous écoute et nous entend, que la déniocralie française est digne de marcher à la tête de toutes les nations civilisées.
Un comité démocratique est organisé; le premier acte de ce comité a été de faire armer des compagnies de li"flvailleurs, et il continuera cette lâche.
Le comité vent Lien concourir pVec l'ancienne autorité à maintenir l'ordre public, jusqu'à ce que l'autorité nouvelle soit régulièrement établie, mais il est; bien déeidéà ne quitter lesarmesque quand les droits du peuple seront reconnus.
A partir de demain, le comité démocratique marseillais fera les publications nécessaires pour tenir ses concitoyens au courant des événements.
Pour le Comité :
AGENON.
Marseille. — Imprimerie Senès, rue Canebière, 18.
Le manuscrit de celte proclamation poitail les signatures des citoyens Dubosc et E. Couturat.
(NoiB DES EdiTEDRSJ
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ
Calais, mars 1848.
La Commission municipale provisoire,
Pour faire bénir la Répul)lique à la fois par le Dieu des armées et par les pauvres, a décidé (]u'un 7i' /.'PJ/ni serait chanté aujourd'hui à midi, et qu'une distribution extraordinaire de pain et de viande serait faite, (limant he prochain, aux indigents.
\IVE LA RÉPUBLKJI'E!
Les Membres de la Commission municipale provisoire , Le Président : Ern. LE RIÎAU . avocat; le vicr-présidrnt : A. VOGUE, négociant, présidenl de la chambre de commerce; NEIIOU , ingénieur m chef des ponls et chaussées; El. LENGAIGiNE, négociant; IIELUEHT BROULTIER, négociaiU, membres.
Leï Adjoints de la municipalité : LE.vlAIKE et QUILLACQ.
Calais. Imprimerie de D. Le Roy, rue des Boucheries, 199.
CIRCILAIRE Dr MINISTRE DES VFl- VIRES ÉTR.V.\G1>RES AUX AGENTS DE LA UEPLBLlgLE FRANÇAISE.
Monsieur, vous connaissez les événements de Paris, la victoire du peuple, son héroïsme, sa modération, son apaisement, l'ordre rétabli par le concours de tous les <ito\ens, comme si. dans cet intrrrèj;ne des pouvoirs visil)les, la raison f,'('nérale ■ lait à elle seule li' Gouverncme-it de la France.
La ré>olution Iram aise \itnt d'entrer ainsi dans sa période dilinitive. La I'imik >■ est RépnLlitpie : la Répul)li(|ne française n'a pas besoin d'être reconnue pour exister. Elle est de droit naturel. «-Ile cbl de droit national. Elle est fa volonté d'un grand peuple tpii ne demande son titre qu'à lui-même. Cependant, la Républiipie française désirant entrer dans la famille des gouvernements institués comme une puissance régulién . et non comme un phénomène perturbateur de l'ordre européen, il est convenable cjue vous fassiez promplement connaître au gouveruemenl près duquel vous êtes accrédité les principes et les tendances qui dirigeront désormais la politique extérieure du Gouvernement français.
La proclamation de la Républicpie française n'est un acte d'agression contre aucune forme de gouvernement dans le monde. Les- formes de gouvernement ont des diversités aussi légitimes que les diversités de caractère, de situation géograpliique et de développement intellectuel, moral et matériel chez les peuples. Les nations ont, comme les individus, des âges différents. Les principes qui les régissent ont des phases successives. Les gouvernements monarchiques, aristocratiques, constitutionnels, républicains, sont re\])rcssion de ces dillércnls. degrés de maliniti' du génie des peuples. Us demandent plus de liberté à mesure qu'ils se sentent capables d'en supporter davantage; ils demandent plus d'égalité et de démocratie à mesure qu'ils sont inspirés par plus de justice et d'amour pour le peuple. Question de temps. Un peuple se perd en devançant l'heure de cette maturité, comme il se déshonore en la laissant échapper sans la saisir. La monarchie et la république ne sont pas, aux yeux des véritables hommes d'Etat, desprineipes absolus qui se combattent à mort; ce sont des faits qui se contrastent l'I <pii peuvent vivre face à face, eu se comprenant et en se respectant.
La guerre n'est dono pas le principe de la République française, comme elle en de>int la fatale et glorieuse nécessité en 1792. Entre 179-i et 1848, il y a un demi-siècle. Re\enir, après un demi-siècle, au princijn- de 1792 ou au principe de conquête de l'empire, ce ne serait pas avancer, ce serait rétrograder dans le temps. La révolution d'hier est im pas en avant, non en arrière. Le monde et nous, nous voulons marcher à la fraternité et à la paix.
Si la situation de la République française, en 1792, expliquait la guerre, les différences qui existent entre cette époque de notre histoire et l'époque où nous sommes, expliquent lapaix. Ces ditlérences, appliquez-vous aies comprendre et à les faire comprendre autour de vous.
Eu 1792, la uaiion n'était j)as une Deux peuples existaient sur un même sol. Cne lulle terrible se prolongeait encore entre les classes dépossédées de leurs privilèges et les classes qui venaient de cou(|uérir l'égalili- et la liberté. Les classes dépossédées s'unissaient avec la royauté captive et avec l'étranger jaloux pour nier sa révolution à la France, cl pour lui réimposer la monarchie, l'aristocratie
et la ihcorratic par l'invasion. 11 n'y a plus de classes dislinctes et in<^gales axijourd'hiii.La liLerlt' a tout aflranchi. L'oi^aiité dovaul la loi a tout nivelo. f.a iVaterni- (é. dont lions 2)ro(lanions rapplic'tion cl dont rasscnil)lcc nalionalc doit organiser les bienfaits, va tout nnir. 11 n'y a pas un seul citoyen en rrance, à quelque opinion qu'il apparlieniie, qui ne se rallie au principe d«' la pairie avant tout, et qui ne la rende, par celte opinion niên^e, inexpugnable aux lentalives et aux inquirlndes d'invasion.
En 1792, ce n'ckiil pas le peuple tout entier qui était entré en jîossession de son gouvernement : c'était la classe moyenne seulement qui voulait exercer la liberté et en j»uir. Le triomphe de la classe moyenne aloi's était égoïste, comme le triomphe de toute oligarchie. Elle voulait retenir px)urelle senleles droits conquis par tous. Il lui fallait pour cela opérer une diversion forte à l'avènement du peuple, en le précipitant sur les champs de bataille, jiour rempécher d'entrer dans son propre gouvernement. Cette diversion, c'était la guerre. La guerre fut la pensée des monarcliiens et des Girondins ; ce ne fut pas la pensée des démocrates pins avancés, qui voulaient, comme nous, le règne sincère, complet et régulier du pcujîle lui-même, en comprenant dans ce nom toutes les classes, sans exclusion et sans préférence, dont se compose la nation.
En 1792, le peuple n'était que rinstiunient de la révolution, il n'en était pas l'objet. Aujourd'hui la révolution s'est faite par lui et pour lui. 11 est la révolution elle-même. En y entrant, il y apporte ses besoins nouveaux de travail, d'industrie, d'instruction, d'agriculture, de commerce, de moralité, de bien-être, de propriété, de vie à bon marché, de navigation, de civilisation enfin, qui sont tous des besoins de paix ! Le peuple vi la paix, c'est un même mot.
En 1792, les idées de la France et de l'Europe n'étaient pas préparées à comprendre et à accepter la grande harmonie des nations entre elles, au bénéfice du genre humain. La pensée du siècle (pii finissait n'élail que dans la têle de quelques philosophes. La philosophie; est populaire aujourd'hui. Cinquante années de liberté de penser, de parler et d'écrire, ont produit leur résultat. Les livres, les journaux , les tribunes ont opéré l'aposloial de l'intelligence européenne. La raison rayonnant de partout, par dessus les Irontières des peuples, a créé entre les esprits cette grande nationalité inlellectuelle qui sera l'achèvement de la révolution française et la constitution de la fraternité internationale sur le globe.
Enfin, en 1792, la liberté était une nouveauté, l'égalité était un scandale, la République était un problème. Le titre des pcui^les, à peine découvert par Fénelon, !\lontesquieu, Rousseau, était tellement oublié, enfoui, profané par les vieilles traditions féodales, dynastiques, saccrdolales, que riiilervcnlion la plus légitime du peuple dans ses afl'aires paraissait une monstruosité aux hommes d'I^tal de l'ancienne école. La démocratie faisait trembler à la fois les tiônes et les fondements des sociétés. Aujourd'hui les trônes et les peuples se sont habitués au mot, aux formes, aux agitations régulières de la liberté exercée dans des proportions diverses presque dans tous les Etals, même monarchiques, lis s'habitueront à la République, qui est sa forme complète chez les nations plus mûres. Ils reconnaîtront cpi'il y a une liberté conservatrice; ils reconnaîtront qu'il peut y avoir dans la République, non seulement un ordre meilleur, mais qu'il peut y avoir jilus d'ordre véritable dans ce gouvernement de tous pour tous, que dans le gouvernement de quelques-uns pour quelques-uns.
M.ii< en floliors do ces ronsitloralions cl<-siiilt''n's*ros, l'iiitc 'n-l seul de la consola!.ilion tt (If la ilurtr tlo la licpiiljiiquo inspircrnil aux lioinmcs d'Klal de la Franci- dos pensées de paix. Con'estpas la pairie qui eoiii l les plus grands danj^'crs dans II •;ueire. c'esl la liherlé. La j^uerro esl pros(|ue toujours une dielalure. Les soldalsoul)lieutlesiiis(ilulions jiour lishoinmes. Leslrônes tenfeulles and)iliou\. La gloire éblouit le patriotisme. Le prestige d'un nom victorieux voile l'iitteulat contre la sonMiaiueté nationale. La rujniMifpie vont de la gloire, sans doute, mais elle la vent poiu- elle-même, et non pour des César ou <îcs Napoléon !
Ne vous y Irompez pas, néanmoins ; ces idées que le Gouvernement pro\isoire \ons charge de présenter aux puissances comme gage de s('curité européenne, n'ont pas pour objet di- l"air<' pardonner à la Il.publique l'audace qu'elle a ene de naître; encore moins de demander humblement la place d'un grand dioit cl d'un grand peuple en Europe; elles ont un plus noble objet : f'ain- réllécliir les sou\erains et les peuples, ne pas leur permettre de se Iromjxr involontairement sur le caractère de notre révolution; donner son vraijour et sa physionomie juste à l'événement, donner des gages à l'humanité enfin, avant d'en donner à nos droits et à notre honneur, s'ils étaient mé( onnus ou menacés.
La République Irançaise n'intentera donc la guerre à personne. Elle n'a pas besoin de dire quelle l'acceptera, si on pose des conditions de guerre au peuple français. La pensée des hommes qui gouvernent en ce moment la l'rance est celle-ci : TIeureuse la France si on lui déclare la guerre, et si on la contraint ainsi à grandir en force et en gloire, malgré sa modération ! Responsabilité terrible à la France si la républitpie déclare elle-même la guerre sans y être provoquée! Dans le premier cas, son génie martial, son impatience d'action, sa force; accumulée pendant lant.d'années de paix, la rendraient invincible chez elle, redoutable peut-être au-delà de ses frontières. Dans le second cas, elle tournerait contre elle les souvenirs de ses conquêtes, qui désanfic-tionnent les nationalités, et elle compromettrait sa première et sa plus universelle alliance : l'esprit des peuj)les et le génie de' la civilisation.
D'après ces prinr ipes. monsieur, qui sont les principes de la France do sanglioid, principt's qu'elle peut présenter sans crainte comme sans déli à ses amis et à ses ennemis, vous voudrez bien vous pénétrer des déclarations suivantes:
Les traités de 1815 n'existent plus en droit aux yeux delà République française; toutefois, les circonscriptions territoriales de ces Imites sont un laii qu'elle admet tomme base et contme point de départ dans ses rapports avec les antres nations.
Mais, si les traités d(; IMô n'existent plus que colnmc faits à modifier d'un accord commun, et si la République déclare hautement qu'elle a pour droit et pour mi-sion d'arriver régulièrement et pacifirpu-ment à ces moililicalions, le bon sens, la modération, la ( onscience. la prudence de la Répul)ii<|uc existent, et sont pour l'Europe une meilleure et plus honorable garantie que les lettres de ^es traités si souvent violés ou modifiés par elle.
Attachez-vous, monsieur, à faire comprendre et admettre de bonne foi celte émancipation de la République des traités de 1815, et à montrer que cette franchise n'a rien d'inconciliable a\ec le npos do l'Europe.
Ainsi, nous le disons hautement : si l'heure de la reconstruction de quelques nationalités opprimées en Europe, ou ailleurs, nous paraissait avoir sonné dans les décrets de la Providence ; si la Suisse, notre fidèle alliée depuis François I".
était contrainte ou menacée dans le mouvement de croissance quelle op6rechez elle pour piiter une force (le])lus au faisceau des gouvernements déniociali(]ues; si les Etats iiulcpcndants de l'Italie étaient envahis; si l'on iniposait des limites ou des obstacles à leurs transformations intérieures; si on leur contestait à main ainK-e le droit de s'allier entre eux pour consolider une patrie ilalieniie, la Répiil)iifji!e fra!U^^i^ese croirait endroit d'armer elle-niénie pour prolé!»or ces mouvements légitimes de croissance et de nationalité des peuples.
La Piépuliliqnc. vous le voyez, a traversé du premier pas l'ère des proscriptions et (\vs dictatures. Elle est décidée ii ne jamais voiler la liberté au dedans. Elle est décidée également à ne jamais voiler son pnncipe démocratique au dehors. Elle ne laissera mettre la main d(" personne entre le rayonnement jîacifique de sa liberté et le regard des peuples. Eilcse proclame l'alliée intellectuelle et cordiale de tous les droits, de tous les progrès, de tous les développements légitimes d'institutions des nations qui \eulent vivre du même principe que le sien. Elle ne fera point de propagande sourde chez ses voisins. Elle sait qu'il n'y a de libertés durables que celles qui naissent d'elles-mêmes sur leur propre sol. Mais elle exercera, par la lueur de ses idées, par le spectacle d'ordre et de paix qu'elle espère donner au monde , le seul et honnête prosélytisme, le prosélytisme di' l'estime et de la sympathie. Ce n'est point là la guerre, c'est la nature. Ce n'est point là l'agitation de l'Europe, ( 'est la vie. Ce n'est point là incendier le monde, c'est briller de sa place sur l'horizon des peuples pour les devancer et les guider à la fois.
Nous désirons , pour l'humanité , que la paix soit conservée. Nous l'espérons même. Vnv seide question de guerre avait été posée, il y a im an, entrer la l'rance et l'Angleterre. Cette q \estion de guerre, ce n'était pas la Fronce répiiblicaine qui l'avait posée, c'était la dynastie. La dynastie emporte avec elle ce danger de guerre (piiile avait suscité pour l'Europe par l'ambition toute personnelle de ses alliances de famille en Espagne. Ainsi cette politique domestique de la dynastie déchue. qui pesait depuis dix-sept ans sur notre dignité nationale, pesait en même temps , par ses prétentions à iiiu^ couronne de plus à Madrid , sur nos alliances libérales et sur la paix. La République n'a point d amhition ; la République n'a point de népotisme. Elle n'hérite pas des j)rétentions d'une famille.Que l'Espagne se régisse elle-même; que l'Espagne soit indépendante et libre. La France , pour la solidité de cette alliance naturelle, ^omi)le plus sur la conformité de principes que sur les successions de la maison de Bourbon !
Tel est, monsieur, l'esprit des conseils de la République ; tel sera invariablement le caractère de la poHlique franche, forte et modérée, que vous aurez à représenter.
La République a prononcé en naissant, et au milieu de la chaleur d'une lutte non provoquée parle peuple, trois mots qui ont révélé son âme , et qui appelleront sur .-^on berceau les bénédictions de Dieu et des hommes : Libéria, égalité , fraternité. Elle a donné le lendemain, par l'abolition de la peine de mort en matière politique, le- véritable commentaire de ces trois mots au dedans; donnez-leur aussi leur véritable comnKntaire au dehors. Le sens de ces trois appliqués à nos relations extérieures est celui-ci : aHranchissement de la France des chaînes qui pesaient sur son principe et sur sa dignité ,• récupération du rang qu'elle doit occuper au niveau des grandes puissances européennes ;
«'n(ii). flrrlaralioii d'alliaiKN^ et d'aniilir à tons les [iciipifs. Si la Fijiiwi' a la coiisciciur tic sa pari tir mi: sion liluralt- cl civiliralricc dans le ^icclc, il n y a pas niLd»' ces- mois (|ui signilic «/mot*. Sil'Kuiopc csi prndcntc cl jnslo, il n'y a pas un de ces mois ipii ne sii,'ni(ic fuiix.
Hcccvc/. iiHinsiiMM'. i assMi ancc de ma consicici alion lic> dislini,nit''c.
LAMARTINI^,
ifcmhrc (lu i/niircrticmcn' provisoirr de la Rcpithliquc et minifilre des
(illaires élranfjèves.
Impriiii. ri.' iiilionalp. Mars 18t8
MPIBLIOIE FR/\i\Ç\ISE.
LIBERTE, EC.AIdTÉ. FRATEllNITÉ.
AU NOM Ul PEUPLE FRANCAls!
Ouvriers de Marseille,
La snspcnsion momenlancc des alVaires vous a fait craindre ponr les économies que vous avez confiées à la Caissi; d'Ei'AUGm:s i:r m; Puévoyanci;. Rassurezvous : La situation de cette Caisse ne fut jamais plus prospère. Votre dépôt est inlact. Le Gouvernement provisoire veille à sa garde, il lo prend sous sn garantie, il en assume i;i respoiisal>ilil(''.
Respect à la propriété . tel est le mot d'ordre de la glorieuse révolution qui vi<Mit de s'accomplir : Elle ne TouLliera jamais surtout lorsqu'il s'agit de la plus sacrée, de la plus inviolable des i)r()pri('l<'s , celle <[uc vous avez actjuise à lu sueur de votre fronl.
Ouvriers de Marseille! Hommes de travail et de patriotisme! ne laile? pas à la République fondée par vous i'injuic d'une méfiance qui nous allcint tous. Do la confiance! Les all'aires re])rennent leur cours, et demain vos ressources, aussi solidement placées que par le passé , trouveront encore de nouvelles garanties dans l'union îles Citoyens et le développement toujours croissant du commerce de cette ville.
Toutes craint<'s sans fondement seraient une faute; le (iouverneinenl compte sur votre intelligence pour les dissiper. Marseille, le 2 Mars iUS.
Le Commissaire du Gouvernement provisoire, Emile OLLIVIER.
Scnès, imprimeur de la Républiqae.
CLUB
DES RÉPUBLICAIIVS