DE MARSEILLE
A tons leurs Frères de France.
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CITOYENS
Alors que le pavé de la Capitale csl encore ronge dn satig des nôtres , quand ;iu fond de noire âme résonne encore leur dernier sanglot d'agonie , il ne nous est point permis ici d'exhaler un cri de douleur pour tant de meurtrissures, pas une larme pour tant de dévouements héroïques ! — Non. rien ne nous est permis, pas même de proclamer les principes pour lesquels ils sont morts!!!
Frères, entendez nos paroles, et qu'elles retentissent dans la postérité comme ime protestation solennelle et énergi(iue contre les outrages fiiils à notre dignité d'honnnes, à notre caractère de citoyens.
Depuis trois jours , toutes les sangsues du peuple de Marseille déversent sur nos Pauvres Blolsks plus de perversités, plus d'ignominies , pins de crimes que les tyrans et leurs escla^es nvn ont jnstement amassé sur leur tèle.
Et cela , Frères , parce que dans toutes les fibres de notre être se meut le sentiment humain, le besoin de la justice et de l'égalité,
A la nonvelle que le soleil répnblieain venait de se lever sur le cadavre de nos frères , nous avons voulu nous associer à leur triomphe en nous armant pour continuer lenr tâche et faire resjx'cter le gouvernement issu du Peuple!
Trois jours In bourgeoisie nons a vus calmes el dignes, trois jours nous lui avons juré de laire n'specler l'ordre, et l'ordre n'a peint été troublé.
Devant de semblables faits, la bourgeoisie mercantile ne s'est point inclinée ; que disons-nous, elle n'a pas même fait taire sa langue impie.
Ils nous ont traités de voleurs, eux qui ne vivent que de nos sueurs; à'assnssins, eux ([ui nous oppriment depuis (kiin!...
Nous aurions pu dévorer ce dernier outrage fait à la vertu pauvre et modeste, s'il n'eût été lancé qu'à notre adresse; mais ces calomnies infâmes sont égalemenl
(lirigt'os coniro vous; el c'est pourquoi nous avons cru devoir protester énergiquement. Au nom do tous nos frères de Marseille :
K. COrTlKAÏ, Sacri'taire, ancien cordonnier, rue de Rome 100, délégué. AI.IlF.NOll', luc l'avé-ii'Amour, 10. délégué. P. COI.LIKII, traverse des Convaiescertls, 2, délégué. MICHEL, fornaior, rued Aubogne,3't, délégué. F. EMF.RIC, paveur, rue dos Bergers, -t-i, délégué. MOUHKY. tailleur, rue de lEiricu, 24, délégué. Martin, horloger bijouVier, ruo Pavé-d'Amour, là. C. IIEI.FEU, tailleur, ruè Beauvenu, 15, délégué. UFUOL'.X. l;iilleur, rue St-Théodore, 5, deléj^ué. BOL'CLAINVILLE, place du Théâtre, I, délégué. MAI ARAVA. chef ouvrier, rue d'Aubagne, S-i-, délégué. MEIUJKU, lampiste, rueBretcuil, '2, délégué. BLANCHARD, modeleur, rue Vacon, 22, délégué. LECHAIN, cordonnier, passage Noailles, 1, délégué. SIBII.I.AT, formier, fùe Desai.x, 16, délégué. L. BdNNEFOlS, sculpteur, plaine St-Michel, 1C, délégué. GaI.LIARD, horloger bijoutier, rue d'Aubogne, 8l. Ton* membres de la Société Populaire pour la défense ôei Droits de l'Homme,
Mai'îfillo. — luniririnMie ."^eni''-; rue Oinelii^ro, 13.
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LIBEllTK, KGALITÉ, FRATEUSlTÉ.