‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 214 sur 295 · SUR SES VERITABLES ENNEMIS · texte numérisé non relu

SUR SES VERITABLES ENNEMIS

Le Peuple français a reconquis, en trois jours, cette .Souveniinetf" déclarée on 1789, reconnue en 1850, et qu'un "ouveineiiuMit aveui;ie et rétrograde voulait effacer de nos Constitutions.

C est un grand et glorieux exemple pour les Nations !

Peu[)le français ! souviens-loi que lu is à la lètf de la civilisation moderne; que tous le> Pi'U|)les(ierEuropc (iiit les yeux tournas vers toi Ra|ipelletoi que la sagesse d'un pi,u|ileest ce qui le place le premier entre tous les autres.

Tu as été grand et adnjirable, puisque, après une iuUe sanglante, tu us ren - I Iré toi-mènic dans l'ordre, ' sans lequel aucune société ne saurait exister.

MaiN il ne suffit pas d'un raoriienl pour fonder un empire durable.

Les affaires publiques ne peuvenlpassefaireàlahàte; il faut de la réflexion, de la maturité dans les idées, de l'experieni eduns l'administration. S il faut marcher

-■in-v

vite, il faut mai cher sûrement ; tout faux pas est une faute et peut devenir un grand mal.

Tu as deux sortes de gens qui pourraient embarrasser la roule du progrès, les brouillons et les malveillants.

Dans les |)rerriiers , je range ces liomines à utopies impraticables, qui fondent leur système social sur jdes principes opposés à ceux de la n:itnie i-i de la raison. Ceux-ia |)iôcheni la cnminuiiauté «les biens, l'égalité dans la possession ; et, partant de ce principe faux que tiius les hommes sont égaux dan^sla nature, ils en conclueiil quetou-ont droit à une somme égale de bienêtre dans la socic té civile.

Ce sophisme est un de tes plus grands ennemis.

On te trompe, lorsqu'on te dit que tous les hommes sont égaux dans la nature.

La seule égalité, c'est que tous naissent et meurent ; hors de la, tu vas reconnaître qu'il n y a aucune égalité.

Vois-tu dans les forêts deiix arbres qi'i soient il k'iitiqneiiieni le^ mômes? Hcnconlres-tu deux animaux exactement |)ari'ils et (]ui possèilent ab-olument les mômes qualités?

Trouves-tu que tous les hommes aient la môme figure, la môme taille, la même corpulence? Crois-tu qu'il n'y ait entre eux aucune différence dans les qualitésmoraies? Li> intelligences sont-elles toutes également dévelop[)ées, ou, au moins, suscepiiblesde i'èlrc au même degié? l.e génie de Corniille, de Racine, dq Molière , de Vi'ltaiic , de Jean - Jacques Rousseau , était-il 11' môme que celui de Coltin, (11' Pradon, de .^ial•ivaux,del'"réron,de La BeaumelL'etdi^ tous les riiluules et misérables iléti;iclciirs de Cl s immoi'tcl:- écri\iiins?

11 f.iut donc forcément reconnaître que l'égalité dans la natmp est un men-<':im'.

LASKCI KKtlAl.m- (JlI EXl.^TK It.A.NS LN ET.VT SOCIAL, CL.vrLKGAI.lTL DES DROITS. Cette égalit ■

assure la iiiôiue |)roteclioii ilo ia loi |i(>iir tons; mais (•!!(• ne peut pas imposer l'ijlilii'.ilioii à l'oiivriiH" l«bonoux. intollisi'iit, économe, i!o travailler au proiiî «.lu paro^seiîx, de l'hointud satls iiiiolligence, cpii passe son temps duns la liébauche. Si cel ouvrier, d'une conduite exoni|)laiic , élève lionorablouieiit sa famille et f)arvit'nt à amass M- dô qiiôi s'ilSsurcr une honnête aisance, n'y anrail-il pas une révoltante injustice a pvétenihc que eu brave ouvrier doit p.irtiiger ce ipi'll a g:igné pénil)leuient à la sueur cle son Iront, avec les autres ouvriers (]ui ont été moins lial)il(;s, iiii)i.!S éconoines que lui? La coKiinunauti", sous ce rapport, n'est |)as sonlemeni inicjuc, elle est absuriie.

Ce simple aperçu sjllit pour démontrer que les homme-. i|ui préi'ou.seni ce système, sont, peiil-ètroà leur insu s'ils sont de bonne foi, les ennemis du pe(li)le auquel ils donnent des idées fuisses; ils liaduiscnt en errem- ; ils lui font esjiérer un bien-être indé[)endaiit du travail individuel; en un mot, ils l'abusent par des phrases vides de sens, au lieu de lui dire que, dans une République, l'égalité con>i-tedansi exercice fornmun des droits civiques, dans la prolcciion égale que ia loi accorde ii tous les habitants du même empire, dans le d; oil (jue tous ont a manifester leur opinion ; iiiaiii|ue, (|uantaux moyens d'exi>tence, ils ne peuvent résilier que dans le travail;

que chaque Citoyen doit s. m industrie, son temps, son savoir, son génie à In Répn blique, etqnelep.ofitjusie.

honorable, (|u il en reiir ■ , constitue ses moNcns p''cuniaircs de pourvoir iisa subsistance et à celle de sa l'amille ; qu'à cet égard, wjI'o loi, nulle aul'iiité n'si»! iio.ii le droit de tarifer la fortune des citoyens; que la scuiçdhos(1 qii'ufi ï^ouVerneii'fit républicain sage et prutlenl puisse et doive laire, c d'(Mnpéchcrre\ploitalion de l'homme par i'hom ne. c'cstà-direcetlespéculalion honteuse qui c.deule sur la misère et ramène l'ouvriei' l\ l'eselavai;!! du nègre, celle qui s'oppose à ce que le journalier: rai te directement avec l'entrepreneur ei ■■<<] lesoumetiiun interm qui i;agne sur la jonniv i Irav.ulleur. En renver-.'.i.L cel abus, on rétablit I ég .lité, puisque l'eulrcprea ir de travaux traite 'I ;:i -rit avec les ouvri 1 , emploie.

Le seand.de d'un U,i lie devient plus igiiOi/1 ■ core, lorscpi'd s'exei les productions île i\ ~, . ■.

Qu'y a-t-il de plus l)a^ ';:

plus dégradant pour !

humain que l'établi^ d'une sorte de mai ■ commerce où s'él ; ces romans immorai.\ rép indent dans tou.^ journaux de la capital . i versent à Ilots , pi peu[)le, le j)oison d sio'ns déréglées? Ce éanls de produits lilj dont 1 immense orgi.

le la sottise, sont de i gereux ennemis du p le.

Au lieu do l'éclairer , de l'instruire, ils l'égarent, ils le démoralisent. Gens, euxmùnles^ de |)riviléges, ils ne lui montrent (|ue les privilégies de cour ; avides de iHstinctiohs i • liiliaircs, ils se placent bien au-dessus do la loi de l'égalité; h; peuple, |)Our eux, c'est le domaine qu'ils exploitent, ils donnent à sa euriosiié l'alimt&fit fi'M^rtè lecture contagieuse , et si l'immoralité est la eonséi|uence de leurs pernicieux enseignements, peu leur im|)orte , puisqu'elle a pi'odiiit l'or dont ils avaient besoin.

Peuple Français, là sont encore tes véritables ennemis.

Les malveillants sont également il craindie ; mais le bon sens populaiie peut eh garantir !a nation, plus facilement, peut-être, que des brouillons q i emplou.'nt de fallacieux sophismcs pouf [irêcher leurs doctrines e(lonécs, et que des enqjoisonneui'S publics qui inlil- Irent dans l'esprit et dans iû cœur ilii pi.'upic la coiTupiiô.i de* idées et des sentimoi. ts, à l'aide de Ce* compositions littéraires que le itesoin d'émotion fut lire avec avidité.

Les maUeillanls ont uhli I icliquedilleronté-.iiss'e * •oarciii d<s gètférdux éToMS du jH'iiple, eicitonl sihi enih , .-lasirto; et, (|uaird il.i li.iit mall(C.<! de c'o^j p...-,^:i>iis que l'on f^ciit, en Fi ance, si'facilemenienfl ont mer, ils lui moiitrem. COiii me obstacle à renver.-er ; comme barrière illégale à fiancbir, les sages limites

ciui séparent la lil)ciU'il': 1^ licence, l'ègiiliiA di- \'a\)pri'ssion. Ils st^monl ! i il • Kancecnlrc'icpi'uiiici t c>ii\ i|u'il a ciioi-is pour •; ■ -itniros de; son auiorili' trôt.int tous les aclcs ■ is |)oiivoirs ctitisliiués, ils blùmi;nl ce qui est fait et \ aillent ce qui ne Test p ss. Au lieu de conseils sages et bienveillants, c'est ilc l'acrimonie dans la plaiiii(\ de l'irritalion dans la remontrance; le liul est de pousser à l'excès, parce (pi ils espèient que des excès commis dans une r('|)uliliquc sortirait la [iionaichie qu'ils rtnent toujours.

D'autres . du|)es d'une autre manière de leurs idées surannées, ne voient dans l'adinirableconduiti-dii peuple, revenu si uier\eilleiisement au calme a[irès une tempête qui renversa le plus beau irône de l'purop.; , qu'u» simple mouvement po|)ulaire qui n'a changé que les lioiimics, sans modilier li's choses. Ceux-là se croient destinés h continuer le svstènie qui leur a créé des positions lucratives, ou dans lequel ils exer{,aii.'iil l'influence que donnait la fût tune sous un gouvernement basésur la corruption, De toutes parts, ils se cramponnent aux fonctions administratives, ou se préparent pour les prochaines élections; espérant bien (|ue le gouvernement de la Képublique que, du reste, ils ne prennent point au se rieux, recor.niiîlr.i liaboid l'utilité de la multiplicité des rouages adminislratils dan.-, les hautes fonctions et les

péluern ainsi dans d'inu-

nplois, et ensuite ne

• i leia pas d'a|i|iiiyer

i:i (amliilalurc an| résdes

teui's nouveaux, aiin de

lier dans l'asstindtlée

Il mnalc cette iniijoriié

'ilairc des aveugles, qui : \ oté et votera avec lous • pouvoirs passés, pré- - r[< et futurs.

Peuple français! de tels iiMiiimcssontassuiément tes eni émis.

Mais qqels sont donc mes r, is. vas-la me dire?

— Tes amis sont ceux ■M iirenncnt au sérieux la l'i '|Hil)lique française; eeiix qni voient dans le mot Répgi)li(|UC, Rcs publica. Chose publique, l'inléièt commun et vrai de la nation ; qui, I ('connaissent les ifroits de Imis é.naux devant la loi; (]i i ne veulent ni privilège, m distinction de caste, do naissance; qui respectant les personnes et les propiiétés'; qui n'admettent de suprématie que cille du savoir et tlu talent; de diflcienco légale entrelescitoyens, que crie qui résulte des services rendus, et de la cajiaci- |i' intellectuelle qui classe I' ~ individus dans l'estime uer> hnmmessuivantleurvaleur léclle.

Ceux qui ont de tels principes sont tes amis. Ceux-là ont rinteiligencc pour coinpi "'ndre les institutions d'un p.uple libre, la dioiture prmr diriger l'intelligence, je courage pour agir, la prudence pour i;uidcr le cour,ij;e ; ceux-là entendent qu'un Gouvernement lépub i> ail! doit être sage, pru-

iil. ferme, qu'il est fondé

sur l'ordre cl qu'il a horreur de lonle espèce d'excès.

Les hommes cpii sont tes anus appellent I IliKUTÉ le droit d'agir el de manifester sa pensée sous l'égitlo de la loi. 11(6 Itge llbertas : paroe que la loi convie, en ell'et, tous les citoyens d'une pioteclion eommuno ;

ÉG.M.iTÉ, la parité des droits et des devoirs, la niùme obéissance aux lois, le même respect pour les hommes et les propriétés ; le libre exercice iles professions et des industries |)rotégé égaleiiiont pour tons ;

VU.MI'RMTÉ , cette réciprocité de sentiments qui est un échange de bienveillance et de bons procédés ; cet amour du prochain qui défend de faire à autrui ce que Tonne voudrait pas (jui fût fait à soi-même ; cette obligation pour tous les hommes, mais plus particulièrement pour ceux ((ui apparlieiinenl au même peuple, de s'aider, de se secourir, de Il availlcr au bonheur commun, d'établir l'ordre, la régulai ité, l'économie dans ies affaires de l'Etat.

C'est à la mise en [.-ratique de ces principes et de ces sentiments, (|ue tu reconnaîtras les amis. Tu trouveras en eux l'énergie nécessaire <|ui triomphe des obstacles, la pcrséveraiice.qui aplanit les didieuités. Ce sont eux qui veulent ([ue dansles différentes branches de l'adminislration du Gouvernement de laRé|iubli( pie, il y ait une oiganisation simple, \igourei:se, durable ; ce sont eux qui veulent que dans les différents dé-

partemenls ministériel*, on procède sasoment à une orgiinisatioii qui ne ressemble point à ces odieuses épurations de 181 5; niaisquesans détruire des positions utiles, on écarte les lioinnesqui ne sont parvenus que par la faveur et qui forment une superfétation enil)arrass;inle cl coûteuse.

La République doit rlioi sir les citoyens de cœur et

d'énergie dont les services et la capacité sont connus; c'est en leurs mains qu'elle doit confier les services publics ; qu'elli! ne laisse jamais poser sur le timon des alTaiiis une main débile et mal as.Miréc : laC.iJAlNTIÎ ou I.A KAIliLE^SH lŒRAIT PÉRIR E VAlSSEtiU DE L'ÉTAT.

Qu {>llc appelle dans le sein de son Assemblée na-

tionale les hommes d'expérience, de talent, dont la mâle énergie conduite par la sagesse ne s'effraie ni des clameurs des brouillons, ni des menaces des méchants.

Ce sont ceux-là, Peuple Français, (|ui sont tes amis : ils coni|)rennrntla tripli; devise : Liberté, Égalité, Fraternité.

L.-J.-G. CHEISIER, Neveu d'André, et de Marie-.loseph Thénier, L'auteur (lu Chnnt du Départ.

Imprim. de Cosse et Dumaine, rue Chiistine.

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

OHDRE DU JOUR.

Une décision du Gouvernonicnt provisoire a fix<^ à DIX le nombre d'heures de travail des Ouvriers de toutf; profession : nous exiiortons tous nos Travailleurs embrigadés à so conformer à celte; décision, qui a été prise d'accord avec leurs déléi;Més au Luxembourg, et en conséquence à se li'ouvcr à l'appel sur b urs chanliers îcspeetifs, à 7 heures précises du malin, ponr ne les (piilUr (pi'à 7 heures du soir.

llsamonldanslajournée,unedemi-heurederepos, di'9heuresà 9 h. el demie, et Tuie heure, de 2 à 3 di- relevée, ce qui reslreinl à 9 h. cl demie par jour leur temps de travail.

l'iusieurs d'entre les travailleurs embrigadés à noire bureau manquant de chaussures el de vêtements ; Nous avons arrêté :

Que deux Aleliers Nationaux, l'un de Cordonniers, l'autre de Tailleurs, seront installés immédiatement.

Les Chaussures el les Vêtements qu'ils fabriqueront seront livrés aux Travailleurs nécessiteux, au prix de revient exacL

lis acquitteront ce prix par une minime relonue sur leur paie des jours de travail.

En conséquence, tous les Cordonniers el les Tailleurs qui se trouvent dans les rangs de nos brigades, sont invités à se faire inscrin- dans le plus bref délai, par leurs chefs de coujpagnic

Salit lii KnATEn.Mri:.

Le ('oiiii)iissaiic de la République Française, Directeur du Bureau Cmlral des Ateliers Naliiinaux,

É.Miii: 'fll(>\l\S.

Iiuprim. de A. Appert. pa.ss.iKC du Caire, S4.

. i ;..:ull> lM (.*, tue SouffllX, 4^

l'« sério quotidienne. T. X.

DÉ310CRAÏIE PACIFIQUE

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