‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 229 sur 295 · ASSOCIATION POUR LA LIBERTÉ DES ÉCHANGES · texte numérisé non relu

ASSOCIATION POUR LA LIBERTÉ DES ÉCHANGES

Rue de Clioisetil , 8.

SUBSISTANCES PUBLTOUES.

La vie à l)oii marché.

Toute cherté factice des subsistances est un malheur public.

Tout ce qui, dans nos lois fiscales et dans nos lois de douanes, tend à enchérir le pain et la viande doit donc être ellacé sans retard.

Le travailleur, lorsque la viande est exclue de sa nourriture, ne peut réparer ses forces, et il ne produit jws ce qu'il i)roduirail s'il s'alimentait mieux. Il en souffre dans son salaire, il en soulfre dans sa santé ; la pairie en souffre avcîc lui. Il v a poin-lant en France quinze! millions dt; persoinies qui ne. mangent de la viande que par hasard ; un nombre presque égal n\m a qu'une ration insuliisanle. La ration moyenne des Anglais est double de celle d'iui Français , et celle d'un citoven Hl)re des Etats-Unis double de celle d'im Anglais.

Les gouvernenu-nls f[ui ont aimé le peuple ont aljoli toute espèce de droits à la frontière et à l'intérieur sur les denrées alimentaires. L'Assemblée nationale de 17<S9 abolit tous les droits de donatu' sur le bétail cl sur les salaisons. La République française corrobora ce systèniiî palrioti<{ue. Ce lut sous la Restauration qu'une pensée de privilège fit établir des droits sur le bélail et sur les viandes salées. L'ancien régime lui-nu*-me s'était constamment abstcMiu <Ie frapper le blé d'un droit de douane. Cette œuvre d'iniquili-, accomplie en 1S19, subsiste encore ; il est temps qu'elle disparaisse de noî lois. La main d'un législateur des Etats-Unis se sécherait plutôt que de signer une loi qui enchérirait la viande ou le pain. 1m» Anghilerrc; même, des lois s<'ml)lal)lcs viciimiil de tomber devant le cri unanime de la nation.

La Réptiblique Française ne peut refuser aux travailleurs français ce que l'aristocratie britannique a été forcée d'accorder aux ouvriers de la (Irande-Bretagne.

UÉPtBLIC>Ut: I KAi\ÇAISE.

LIBERTÉ , ÉGALITÉ , FRATHHNITÉ.

iLX H4151TANTS

Dr DÉPAUTKMKNT

de Saone-et-Loîre»

CITOYENS

Une ère nouvelle commence pour la Fr.-incp! Quelques heures ont suffi à l'héroisrne tlu peuple parisien pour l>iilaver du sol fianrjais celle iiionniehie traître à son origine, cl pour foiiiier la Répul)lii|ue.

Celte dernière épn'uve «le dix huit années prouve aux moins elairvovanis que le Gouvernemeui rnoriarohique est (lé!<()rmais impossible en France, cî que la furnie républicaine c-t la seule qui convienn • à notre patrie !

Le spectacle au^jucl nnu"; assistons depuis riminortelle jouriié'î ilu iîi févrinr doit enlever aux timides toute crainte, et toute espérance aux partisans avcuii^les du principe monai'cliicpic.

Oïl nous disait : la République est impossible, car elle amène a sa suite l'anarcliie et Je pillage, car elle ne peut vivre que les pieds dans le sanç; !

Aujourd'hui la l{épul)li(|ue est [)roclamc;e. Q lelle tète a-t-on demandée? Qui-I sang a-ton versé"? Quel citoyen a été inquiété?

Pas un cri de vengeance, pas une menace, pas une imprécation n'est sortie de la bouche de ce peuple, sublime, si longtemps opprimi', aujourd'hui vainqueur, et toujours magnanime et généreux!

La nation consultée a accepté avec un en-

thousiasme inexprimable le Gouvernement ri''publ!cain.

Dins notre département les communes nous ont fait parvenir à i'envi leur chaleureuse adhésion ; tous les corps constitués, tous les fonctionnaires publics, toutes les aiilorilés civiles (;t militaires, l'Université, le clergé, tous les citoyens, enliii, ont protesté di; li'iii- di'voiiement à la Hé|)ubliipie, ont promis leur concours loyal et désintéressé au Gouvernement provisoire.

Citoyens, c'est là un fait immense, et la meilleure preuve ih- la force et de la vitalité de la Uépi:bliquM.

A ceux qui ont combattu jusqu'ici l'idée ipie nous avons fait prévaloir, et qui ont fait |ireuve d'un ziîli; iiièiue exagéré pour l'ancien ordre de choses, nous dirons : Ne vous pi'essez pas d'olFrir vos services h la Hépubliipie. car voire récent amour pourrait ne |)as paraître sinoère. Attendez et jugez, et {luis obéi^sez alors a la voix de votre conscience.

La Ki''publique ne viml contraindre personne a la servir, mais aussi clic repousse les dcvouiMiieiils suspect^.

Dans ipielqucs jours un fait unique dans nos annales va se produire , dans quelques jours la nation tout entière va être ap-

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pelée à élire ses représentants : le système éiector!»! adopté par le GouvernerneiU provisoire (i<iit olilenir l'asseiiliment de tous les vrais républicains, car seul il est logique, Car seul il est l'expression vraie de la souveraineté du peuple.

Le vote que vous allez déposer bientôt dans l'urne du scrutin aura une iuiporlance sur laquilir je n'ai pas besoin d insister, vous la comprenez. Vous savez (] ne li s députés envoyés par vous à l'Asseniblée aationale seront chargés do donner une constitution ;i la Frarrce; c'est là une mission que vous ne devez confier qu'après de mûres délibérations.

Pénétrez-vous donc bien de l'importance du rôle que vous êtes appelés à remplir.

Quedans tous lescanlonsles citoyens zélés provoquent la formation de couii'.és électoraux ;

(Juu tous ces comités se mettent en rapport entre eux. et s'entendent sur les choix à faire dans le déparlement;

Que l'union la |)lus complète règne entre tous les vrais ré[)ublicains, car le temps des vaines querelles est passé, car il s'agit aujourd'hui, non de discuter des ihéoi ies plus moins ou réalisables, mais d'asseoir sur des bases solides et inébranlables la Réjublique française.

Des intérêts particuliers ont pu souffrir momentanément de la commotion qui vient de rendre à la France sa liberté.

Citoyens, n'en accusez pas la République, car vous seriez aveugles et injustes !

Comment est-il possiblequ'un changement aussi radical dans l'état politique d'un pays, ne cause pas quelque perturbation dans les existences pi i\ées?

Citoyens, qu'est-ce que l'intérêt privé, quand il s'agit de I avenir de la nation?

Chassons de nos âmes ce dégradant égoïsme (ju'un pouvoir inique et corrupteur cherchait il V implanter. Elevons-nous à la hauteur (h- la Kcpubli(|ue, etsachons, s il le faut, sacriliar nos biens, nos personnes, au salut de la juiirie!

Des craintes ridicules et exagérées ont produit dans le commerce, dans l'industrie, une

crise heureusement passagère; la circulation des ca()itaux s'est ralentie.

Citoyens, il est de votre devoir de faire cesser ce funeste état de choses que rien ne motive, que rien nojuslifie. Songez que sans numéraire le comincrce hinguit et meurt, le crédit se resserre «H disparaît; ((ue, par suite, la production se lalentil et s'éteint. Songez (pie sans caj)ilaux les aiclicr.s se ferment, et plongent dans la misère et le dénuement les milliers de travailleurs qui les peuplaient.

C'est auxcapitalistes, c'est aux industriels que nous nous ailiessoiis ; c'est à leur humanité, c'est à leur intérêt bien entendu que nous faisons ap|)el. Qu'il nous soit permis d'espérer que notre voix sera écoutée.

Et vous, travailleurs, riches déshérités qu'un pouvoir abhoiré tenait en esclavage et qui; la République vient trémaiiciper, vous avez supporté avec une sublime résignation les longues années de servitude et de misère que la royauté vous a faites; vous avez fait preuve d'une patience et d'une longanimité que vos détracteurs mêmes étaient forcés de reconnaître et d'admiief. Aujourd'hui la République a brisé lesentraves qui vous enserraient, elle a proclamé votre indépendance et vous a restitué l'exercice de tous les droits de citoyens. L'amélioration de votre sort, vous le savez, est en ce moment la préoccupation la plus vive du gouverncmeni provisoire; il vous l'a prouvé par ses actes. Vous pouvez compter sur la réalisation des promesses qu'il vous a faites; nous ne sommes plus les sujets d'un roi.

Mais, et c'esi un frère dévoué qui vous parie, ne compromettez p;is le succès de notre victoire par une précipitation irréfléchie, par des exigences intempestives.

Faites à la Hépublii|ue le sacrifice de quelques semaines de piivatioiis, de patience;

ba République vous en sera Méconnaissante!

I.e courage de vos frères de Paris nous a iliuiiié la Ri''publi(p)e, mais il faut plus d'un jour pour l'organiser et la rendre invulnérable, et d'ici la nous devons tous concourir à ce grand travail, nous devons tous nous dévouer et nous sacrilier.

Encore quelques semaines de palienco, encore quelques semaines d iibnégalion, et, croyez-le. voire condition sera améliorée, et

VIVE LA REPinLlQUE!

vous pruirrez vous plorilier d'avoir réalisé cetif sul)linie formule :

LlBEllTÉ. — tGALITÉ. — FIWTE llMTÉ.

Le Commissaire du Gouvernement provisoire pour le département de Saône-et-Loire,

Charles MATUEY.

Micon, imprimerie de H. Robert.

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