FRÈRES
Les yeux fixés sur l'Italie qui luttait péniblement, sur l'Allemagne inquiète el sombre, la jeune République française, confiante dans sa force, dans la justice de sa cause, attendait.
Qu'allait dire l'Europe à la France? Quelle serait la réponse des rois? C'est vous
qui nous l'avez transmise au nom dos peuples , et c'est la plus admirable que jamais, dans riiisloirc. des frères aient l'aile à des frères. Vous ave/, entonné i'iiynnu' de l'indépendance, chassé les tyrans, brisé les trônes, et fait retentir d'iin bout de l'Europe à l'autre la sainte formule de nos pères : Liberté, Égalité, Fraternité.
(lioire à vous, jeunes martyrs de l'Italie, de Vienne et de Berlin, gloire à vau8 tons, fpii êtes tombés bravement sous les balles de la royauté et dont le dernier cri Alt : \'ire la Liberté!
Vous avez accompli une oeuvre immense; ce n'est pas seulement la Prusse, l'Autriche. l'Italie que vous avez aftVanchies; ce n'est pas seulement la résurrection de la Pologne que vous avez commencée . mais vous avez encore sonné l'heure sainte de la fédération des peuples libres.
Grâce à vous, plus de guerre possible entre les enfants du vieux monde; et si une lutte suprême est imminente, celle de la civilisation contre la barbarie, de la lil)erté contre le despotisme, nous la soutiendrons unis en un faisceau que rien ne pourra rompre, nous marcherons ensemble, la Pologne à l'avant-garde , la France partout.
Enfants de l'Europe régénérée, recevez l'accolade fraternelle de la jeune France, qui, lorsque Dieu le voudra, sera heureuse de brûler, pour vous défendre, les cartouches qui lui restent des combats du 24 février.
Courage ! car vous luttez pour la fraternité univcr.selle.
VIVE LA RÉPUBLIQUE
Le Comité central des Ecoles.
JU-j-iyf.
Imprimerie Bautnichi', rue de la Harpe, 90.