DE PARIS
Je vous remercie .10 nom de la Patrie , cette France cliérie , de vos généreux concours pour reconquérir les bénéfices de nos deux glorieuses Révolutions ; votre noble conduite a été Iclle que mon cœur l'avait jugé, je vous ai vu combaiiic avec vaillanci; et courage dans les mémorables journées des 23 et 2i Février ISi8, ne répétant qu'un seul et même cri Vive la Réforme!!! A bas tous les minisires!!! Telle était notre devise , tels étaient nos sentiments.
Renverser un ministère corompu* qui depuis bien des années faisait la honte de cette noble cité, volcan de toutes les gloires nationales , heureux d'apprécier votre noble conduite aprOs la victoire, pour calmer par vos bons sentiments la manifestation de vengeance que voulait exercer un torrent de jiersonnes victimes de la perte d'un parent ou d'un ami , par les GO municipaux et qucUpics soldats de la ligne; avec grande joie j'ai vu que si vos armes étaient devenues impuissantes, l'énergie ne l'était pas, à ces mots, vous ne voudriez pas ternir par un acte de lâcheté l'honneur de tous vos combats , soyez généreux après la victoire, pensez que si la France vous admire, l'univers vous contemple, la postérité vous reçoit.
Soyez toujours aussi nobles; aussi purs, respectez comme vous l'avez fait les personnes et les propriétés , et s'il fallait encore combattre pour cette liberté vous me retrouveriez toujours le même, animé des mêmes sentiments, à votre tête.
Le 24 février I8i8, jo croyais tout fini , Paris était tout en réjouissance nationale, les illuminations , depuis le pavé jusqu'au G* étage , rendaient Paris éblouissant de lumière, delà chute du ministère , quand lout-à coup le cri aux armes se fuit entendre, cin(]uante cadavres de tous sexes venaient de tomber sous une fusillade qui part du ministère; * des affaires étrangères, au même instant le tocsin sonnait, la fusillade nedécessait pas près des Halles aux Innocents , au jour chacun se mit à faire des barricades , en moins d'une heure huit mille sont élevées , chacun rivalise de zèle ; honneur à ses* braves citoyens qui conttruirent ' les moyens de défendre nos droits par les armes, mais cette fois, le cri n'était plus à bas les ministres, c'était à bas Louis-Philippe, à bas le traître.
Lf^s gardes nationaux sortirent en plus grand nombre; les braves ouvriers se formèrent en bataillons, et en quel(]ues heures il n'y avait plus ni Roi , ni Ministres ; les marches du trône étaient foulés* aux pieds.
Je vous remercie, braves ouvriers, d'être venus grossir notre bataillon ; votre courage ne s'est pas démenti; aujourd'hui comme hier vous avez fait votre devoir, vous avez rivalisé de zèle et de courage; votre conduite est bien celle des Enfants do la France! Achevez Iccuvre comme vous l'avez commencée, et les peuples, jaloux de votre gloire et de votre union, prendront bientôt à votre exem|)le le chemin de la postérité.
Ajjréez tous mes vœux les plus sincères pour votre bonheur et une République vertueuse.
MOLIERE, b' Légion, ô' Bataillon.
Vive la République' !
Je laisse le soins" à MM. les olïicicrs supérieurs de complimenter MM. les gardes nationaux, que je trouve au-dessus de tout élof;e.
bail à Paris, le 23 février 1848.
• Sio. Billevlllt', Im[irirnerie de (Jai-bas.
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