‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 44 sur 295 · MESSIEURS · texte numérisé non relu

MESSIEURS

Nous venons remplir auprès de vous une Mission d'O.-clrc et doSôcuritô; nous liemandons votre concours; nous y comptons.

Une Ere nouvelle commence.Les illusionsdu temps passé se sont évanouies. Le Pcupledc Paris, en peu d'heures, a brisé la déplorable imitation d'une institution vieillie et sans racines.

Le Gouvernement du Pays par lePnysJa Ueprésentalion Nationale dans sa Grandeur et sa Virilité, la REPUBLI- QUE, en un mot, a été proclamée par !a seconde ville éternelle; cette aurore radieuse se lôvc sur le Monde qui en a tressailli.

Mais à chaque pas que fait l'humanité, à clKif|ue progrès de la raison et île 1 intelligence,les Sociéléséprouvcnl une oscillation heureuse , mais qui n'esliiassans périls.

L'ordre troublé dans sesfon-

Paris, 26 février 18/i8.

démens ne peut tout-à-cou|) reprendre sa sérénité, c'est pourquoi il ne faut ni s'étonner, ni s'effrayer de quelques malaises passagers qui accompagnent les plus généreuses et les plus nobles révolutions.

C'estuneraison seulement de se réunir, desegrouperen faisceau etdedonner l'exemple de ce courage civil dont la France est justementfière.

Le Peuple, qui frémit encore de son éclatant triomphe, attenddevousla simple persévérance et la calme exactitude de la magistrature.

Vous ne faillirez pas à celte attente, et nous marcherions ensend)!c, et sans prêter l'oreille aux bruits politiques, dans la voie de la justice ordinaire et du droit commun.

Un autre jour, peut-être, nous pourrons, avec plus d'abondance, parler du courage civil, en recueillir les exemples fameux, en vanter les avantages ; aujourd'hui, ce sont des ados et non des paroles qu'd faut : nous sommes appelés à le iiraliqucr.

Le respect des personnes et des propriétés, l'atlonte recueillie des Institutions que la Représentation iNationale nous tlonnera, nos sympathies pour les classes les plus noMd)reuses, notre concours pour ailou 'ir le sort de nos Frères , notre admiration

pour le courage et la générosité du Peuple, notre tiésir d'assurer désormais les fruits légitimes du travail et les moyens de donner à chaque Travailleur son salaire et son pain do chaque jour, tels sont les scnliments que la France attend de ses Magistrats , et dont je m'honore.

En conséquence, je prèle et dépose mon serment en vos maius :

Je jni'C Fiilclitc » In Stcpiiltliqiic FraBiçiilsc et tfbéÎN sauce aii:«. fliOi.v

du l'.iJ'S.

Immédiatement, le Procureur général a [irésenté à la Cour d'Appel, un réquisitoire, tondant à information à lin d'accusation contre les Ministres de l'ex-roi Louis- Plulippo.

La Cour d'Appel a immédiatement rendu l'Arrêt suivant :

Vu le réquisitoire du procureur (jénérul, considérant que lesjuils dénoncés par ledit liéquisiloire sont de nature à constituer dcsCrimes cl Délits prévus par la Loi ,

Vu l'article 23o du Code d'Instruction criminelle, laCour ordonne qu'il en sera informé;

Cummet en conséquence, pour procéder à l'Instruction, deux Membres de ta Chambre des m'ises en accusation.

BoucgniN, Irnp. du déparlcmont do la Police, rue de laSlo-ChapcUe, 5. — Paris, 1848.

r*ru - l'iipr. I.Ariwn i;t C, nie Soutllol, 10.

UEPlîllLlOUi: FîAXCAISi:.

Dotons los rvrnt'mcnts (K- notre ^raïuk- n'volnlion, il en i-sl nn (|iii, |):ir snn iniporlaiicc, sa «.iiignkiriti' et ses circonstances, appclK^ i'atleiilinn el la iccounaissance pnbliqnes.

Le Citoyen l)K\('.!ir,N, lientenant des i,'rena(liers du ± bataillon de la l'^ Légion, me \en\e-dn-Luxend)onr},', •iS, relevé du posie de 1' Assoni|)lion, en se retirant à la Mairie du 1" arrondissement, fut averti que les diamants de la couronne, ainsi que des valeurs considi'rables, allaii-nl né'cessairemi-nl tomber, non au pouvoir d'un peuple généreux, mais dans les mains d liumuics ,pii dé'slionorent sa noble cause.

Faire un appel aux Citoyens de bonne volonté, s'élancer aux Tuileries, poser des gardes partout où le lui permrîtait le pelit nombre de ses camarades et de 'l'o hommes du peuple ([ui les aicompagnaii'nl, repousser les ellorls de gens égarés, étoullér un feu imj)rudemment allumé, risquer vingt lois sa vie, tout r.'la ne dura (pie quelcpies instants.

Cependant le dau^'er croissait de minnie en minute; il l'allailà tout prix siiivcr le trésor; mais comment y parvenir à travers une eUervescence de plus en plus menaçante ?

Conservant im sang-froid indispensable . le Citoyen DF\niIK\ réclacne avec iistance nn brancard; on le lui amène; un hasard heureux permet «[u'il s-wit en tout semblable aux brancards des blesses ; un matelas y est apposé; les dia mants. l'or, l'argent, les billets, sont enroulés en forme de victime ; on s'érrie : llomieur au coura''enialhem-eux ! chacun se découvre el s'im line; trois voyages sont faits des Tuileries aux finances, et la plus grande portion du trésor est sauvée.

l n faux pas, une indiscrétion, un signe pouvait tout perdre.

Ainsi des valeurs considérables lurent conservées à la nation par le courage, le sang-froifl et l'ingénieuse adresse du Citoyen DKNGIIEN, des gardes nationaux el des 25 hommes du peuple dont on a parlé.

Et cepi-ndanl des étrangers à ces laits, des homnK'S du lendemain, osent en réclamer les bénéfices.

.\ chacmi ses iruvres ! Nous croyons l.iire un acte de civisme en rendant à chacun ce qui lui apj) artient et en démasquant de faux patriotes.

VIVE LA RÉPUBLIQUE

ÉTAT-MAJUH G EN L UAL.

(jarde .Valiuuale du Di'ijarleincnt de la Seine.

Paris, le 25 février 1818.

Le porteur du présent ordre fera transporter au Trésor National h-s valeurs qui sont déposées au Trésor de la Couronne.

Il se l'cia arcoiiipayiu'r dans l'extriUion de cet ordre par deux ou trois Elevés de i'Eccjle et par un nonil)re de Gardes Nationaux suffisant.

Pour !■' Oiiiniaiidant siipi'iiciir,

Le Chcfd'Etal-Majur général provisoire, A. GUINARD.

ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL

Garde Nationale du Déparlcnicnt de la Scini'.

Paris, le 25 février 1848.

MM. Revin, Elève de l'Ecole Polytechnique, et Alory ont mission de i)rendre des valeurs au Trésor de la Couronne et de les verser an Trésor National.

Le Chefd'Elat-Major qénéral provisoire, A. GUINARD.

Pour valoir décharge au Lieutenant Denghen , Chef du Poste de la Couronne.

POSTE DU TUÉSOR Dii LA COUUONIVE.

Vendredi, 25 février 1848, 2" de la République Erançaise.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

Denghen (Achille), rue Neuve- Luxembourg, 28, Sous-Lieutenant de grenadiers du 2"^ bataillon de lai" légion.

Dusau-isey (Casimir) , Elève de l'Ecole Polytechnique.

Leguay (Stanislas), Sergent des Grenad. du 2" bal. de la 2' légion.

Bex (.\iexandre), id.

Lehericey (René), caporal,

Mathieu (Laurent), id.

Bouillon (Edouard), id,

Vcrel (Constant), grenadier,

Jad.ras (Lcuis),

Trollement (Désiré).

Boyeldieu (Xavier).

Dubois (Amédée).

Leveillé (Jean).

Fimbert (Louis).

Dubus.

Bouchon.

Leroy.

Driancourl.

Robert.

Gebel.

Lonchamp.

Bruncau.

Bruncau(Auguste).

Eliard (Guillaume).

Hion (Hippolyte).

LES CITOYENS

Lcmoine (François), rueSt-IIonoré, 244.

Briand (Martin), rue de la Michaudière, 5. Sire(Jpan-.\nlnino), rue ilcla Vannerie, 39. JoHsset (.lopoph), rueOblin, 9, Campimot (l-ldouard), rue des Poulies, 9 bis. Durand (Ailrien), rue Sainlc-Aime, 51.

Sibenaler (Nicolas), rue de Bièvrc, 52.

Elu.'îin (J(-si'ph), rue Saint-Dominique, 201. Pellion (Auguste), rue Saint-IIonoié, 12o. Jaci]iiemin (Adam), rue des Anglais, 2, près

de la iilace Mauhert.

Love (JacqucsV rue B rtin-Poiré, 8.

Balicnhauser (.lean Henry), r. Richelieu, 42. Gilbert (Pliiliberi), place du Palais-Royal,

hôtel du Dauphiné.

Baron (Tninrois), rue Saint-Anne, G.

Gallel (Henry-François), à la Glacière, rue

du Pol-auLaii, 9.

Fauvel (Adolphe), rue do Hambourg, 21.

Grison (Léonard), barrière de Monceaux. Lavenu (Louis-Denis), avenue de Clichy,G2. Bi'Iet (Emile-Céleslin), rue de la Michaudière, .*}, aux lîalignolles.

Degain (Charles), rue Sainte-Anne, 6.

André (François), à la Chapelle St Denis. Dnmain (Augusle),chezM.Ciétien, marchand

do vins il Monliiiaitre.

Leral (Pierre), rue de l'Oursine, 102.

Dcausseron (Auguste), rue de la Glacière, 31 ,

à Gcnlilly.

Chaumot (Charles), rue deMoussy,8, près la

place Maubcrt.

Imprimerie centrale des Cliemins de fer, NAPni.tON CHAIX cl Ck, rue BorgiTc,20

iMAlUlE DU i' AirilOM)ISSEMEM'.

REPIBLIQUE FRâXCMSE.

CITOYI-NS,

Un arrêté du Cioiivornrnionl , en date dn "25 février, nous a dt'signés pour maire et adjoints du /l'arrondissement. Nous avons accepté a\ee empressement celle Ibnction pul)ii(|ue et provisoire, pour aider le Pouvoir . autant cpi il est en nous, dans raccomplisscnienl de la glorieuse et loin-dc tâche (pi'il a acceptée.

Nous comptons sur le concoms et le patriotisme de tous les citoyens de noire arrondissement ; de même cpi ils peuvent compter sur notre énergie et noire dévouement actif, pour assurer la marche du gouvernement républicain qui vienl d'ètrt? procliuné.

Les Maire cl Adjoints provisoires.

RAMOND DE LA CRUISETTE, PËAN, r.UISIER.

Paris, le 2(S février t8iS.

l'.in>. — l'.MX DciMiM. iiii[iiii]ieiir de l'tUit-M.ijui' de la Garde nationale.

AI GOUVERXEMEiXT PROVISOIRE.

Les combattauls républicains ont lu avec une douleur profonde la proclamation du ''>ou\erneini ni provisoire cpii rétablit le coq gaulois et 1«ï drapeau tricolore.

Le drapiviu tricolore iuauguré par Louis XYl a été illustré par la première Républi<pie et par l'Kmpiri' ; il a été déshonoré par Louis-i'hilippe.

Nous ne sommes plus, dailleius, ni de l'Kujpire. ni di- lu premitre Républicpie.

Le jH'uple a arboré' la couleur rouge sur les barricades de 1848. Qu'on ne cherclie pas à la llélrir.

Klie n'est rouge que du sang généreux versé par le peuple cl la Garde nationale.

Elle Hotte, étincelaiile, mu' ParL»; elle doit^'lrc maintenue.

Le peuple \icloiieiL\ iraiiièuera pas son papillon.

Cette affiche ne portait pas de nom d'imprimeur. — A. D.

PROCLAMATION

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