‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 76 sur 295 · JUSTICE ET RAISON · texte numérisé non relu

JUSTICE ET RAISON

Quand un pouvoir est tonribéau paroxysme de la dégradation et du mépris, en voulant le relever, il s'afl'aisse dans vos mains, il tombe, mais on ne le renverse pas. Telle est la conséquence d'une mauvaise combinaison, et de la loi naturelle du temps.

Et les monarchies ont changé tout en se succédant. A qui le tour?

— On a dit qu'un roi ri^gne et ne gouverne pas. Plaisanterie d'unjour!.. — Le roi ruisselle de faveurs, approchez, courtisans, voici le prix : Et les amphibies de venir échangeant leur conscience. — l'eu importe le pays, les raHalesdes llatleurs sont là pour emporter sa voix. — Nous avons la majori'ô, — El de rire, — et de répéter avec emphase : Sire, le bonheur dont votre peuple jouit, etc. — Blasphèmes!!

Oh! roi! oh! pouvoir! Et vous gouverniez à voire guise! Assez!

La Monarchie est donc usée.

Keste la République, métal ébauché, et dont les premiers éclats ont fait chanceler les trônes el brisé les fortunes et les titres, en 03. — Polissons-la, elle ne demande plus qu'à briller!...

Soyons donc Républicains.

Républicains! Ne nous effarot^chons pas de ce mol avec lequel la monarchie est parvenue à nous faire trembler. Rendons-lui sa véritable signification;

Et pour preuve :

Liberté, Egaillé, Fraternité, Abolition de la peine de Mort.

Et maintenant la souveraineté du peuple.

Mais qu'est-ce que le peuple?

Ne coulondons pas encore, s'il-vous-plalt. Le peuple est le peuple, tout le peuple, le peuple en général. Or, j'entends par le peuple, tous les

citoyens organisés, n'importe à quelle classe de la société ils puissent appartenir. .l'appelle organisé, tout citoyen domicilié, connu, travailleur, honnête et moral dans ses actions et dans ses idées.

ic repousse de toute la force de mon imagination la dénomination de Peupte-Citoyen atout individu mettant sim droit dans sa force, et sa raison au bout iriin fusil; à tout individu ennemi de l'ordre, agissant sans principes, sans but, sans foi et sans conviction, enlin, aux hommes du monn^nt. J'apjielle homme du moment, tout individu hurlant, volant, menaçant, pillant, s'enivrant, dans le désordre, assassinant après la lutte, el ne voulant obéir à aucune loi après la victoire.

Aussi, est-il d'une haute nécessité d'augmenter le cadre de la Carde nationale de tout le peuple, mais du Peuple-Ciloyen organisé. Alors, seule, toute la partie saine de la population étant unie et armée, au nombre de 300,000, elle en imposera facilement ou aux factieux salariés par un parti, ou à ces individus sans nom, écume des vices et des passions, cl rebut de la .société.

Surtout, il faut (jue la Mère-Patrie s'empare de l'éducation de la jeunesse, et remplisse le devoir souvent négligé pur <les parents, ou trop pauvres, ou trop indifférents. — Silellesavaient été les choses sous la monarchie déchue, nous aurions beaucoup plus de gens à pouvoir raisonner, et moins de craintes à avoir.

Il faut bien persuader et analyser au peuple le sens de la devise de la République :

Liberté, Egalité, Fraternité.

[Liberté.) Liberté de la pensée, de communiquer, d'association, toute la liberté de bien; li-

— tm —

bertô d'empèclier le mal, toule la lerre et les cieiix pour respirer.

{Egalité.) Ej^ulilé devant la loi et pour les capacités.

(Fraternité.) Union des cœurs, but moral, s'entr'aider mutuoliement, devenir bon.

J'insiste pour l'ordre physique et l'ordre moral. L'ordre physique pour ranienerlaconfiance, calmer les craintes et donner la tranquillité; pour faire voir qu'on peut être terrible, çéant, le jourdu combat, mais majînanimeaprés la victoire; pour faire voir que notre révolution était un acte raisonné, mesuré, et une fois lo but atteint, — nos ateliers!! ,

En effet, le reste de l'açilation, du désordre et de l'incendie n'est pasT'ouvrafîe du peuple : Nous nous récusons! Nous voulons la paix, la tranquillité, le respect individuel ot celui de la propriété, la politesse, l'atTubililé, l'amour pour les étrangers (ils sont aussi nos frères) ; après les avoir saisis par notre courage, étonnons-les par notre raison; montrons que, notre patience usée, nous sortons de nos ateliers, et que, Peuple-César, nous voyons, nous vainquons et nous nous en retournons travailler. — Alors, si toi est notre ouvrage, la République, gage d>^ grandeur et de paix, chef- l'œuvre de gloire et d'immortalité, appellera à Paris de toule la lerre les admirateurs de nos vertus. Le riche y dépensera son argent avec un orgueilleux plaisir. Le commerce 'llorira, tous les citoyens travailleurs se ressentiront de cette douce *aTfluence. — .\lors le négociant, le fabricant seront les premiers à consentir, et à une diminution de temps sur la journée, et i une augmentation de salaire.

Maisen attendantcet heureux moment, il faut

que tout le monde soulfre, pour souiïrir moins longtemps, et s'entr'aide, surtout le commerçant et le travailleur. — Laissons bouder les riches (ceux qui le voudront), et ne portons aucune atteinte à leur droit do citoyen, il est sacré comme le nôtre. —Car enlin, il s'agit de ne pas faire un conlre-sens ; la devise de la République est une pour tous, les citoyens riches sont du peuple comme nous, et, ;\ ce titre, ils ont la liberlé pleine et entière d'user de leur fortune, pourvu qu'ils ne la tournent pas d'une manière directe contre nous. — Et, quand ils verront notre raisonnable générosité, ils seront les premiers ;\ réparer leur faute, en s'assimilanlà nos joies et à nos douleurs.

.\lors l'acte de régénération du genre humain commencera, l'évangile du peuple, aussi pur que le premier, viendra éclairer l'univers; semblable i celui du Christ, il a donné, et donnera encore, s'il le faut, ses martyrs, puis, élèvera sa grandeur par la douceur et sur les ruines du despotisme.

Alors, le bonheur, mais un bonheur réel, plus de déceptions, plusd'angoisses, plus de pauvres, tous frères, des baisers à la veuve et du pain à l'orphelin.

Je dis aussi que j'insiste pour l'ordre ou instruction morale. pour(|ue chaque citoyen puisse vivre de l'inimûrtalité et du bonheur divin, de la conibinai.sou de l'intelligence, de la vie ilu cœur, de la poésie de l'âme, enfin, du mystère que l'on sent dans sa poitrine, qui se révèle à chaque instant, ee devine, mais ne s'explique pas. — Alors, encore une fois, le complément de cette régénération, Messie du monde entier et foyer deVévangile.

Armand Mardiand, Tapissier, Sociétaire de l'Organisation du Travail, sous les auspices de N)l. Joly, Ledru Gallois, Lagrange, Louis Blanc, ctc, en \%\^.

Sic.

Imprimerie de Julcs-Jutcau et Comp.,rue SaiDt-Denis, Hi.

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

LIBERTE, É6ALITÉ, FRATERNITÉ

Considérant quo la Révolution, faite par le peuple, doit être faite pour lui ;

Qu'il est temjîs de mettre un terme aux longues et iniques souffrances des travailleurs;

Que la question du travail est d'une importance suprême ;

Qu'il n'en est jias de plus haute, de plus digne des préoccupations d'un gouvernement ré2:)uhlicain ;

Qu'il appartient surtout à la France d'étudier ardetnment et de résoudre un prol)lème posé aujourd'hui chez toutes les nations industrielles de l'Europe ;

Qu'il faut aviser sans le moindre retard à garantir aupeujjle les fruits légitimes de son travail ;

Le Gouvejnement provisoire de la République, arrête :

Une commission permanente, qui sera intitulée : Commission de gouvernement pour les travailleurs, va être nommée, avec mission cxjjressc el spéciale de s'occuper de leur sort.

Pour montrer quelle importance le riouvernement provisoire de la République attache à la solution de ce grand problème, il nomme président de la Commission de Gouvernement pour les travailleurs un de ses membres, M. Louis Blanc, et pour vice-présiilent un autre de ses membres, M. Albert, ouvrier.

Des ouvriers seront appelés à f;iire partie de la commission.

Le siège de la commission sera au palais du Luxembourg.

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