GARDE NATIONALE DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE
ETAMHAJOR GENERAL.
Paris, le 23 février, 1848.
L«^ Lien tenant- Général Coniniandant supérieur s'empresse de prévenir ses camarades de la Garde rSationale de la Seine, qu'il vient d'être informé oflîciellenient (|ue le '\Iinistere se relire, et que le 1101 s'occupe de la composition d'un nou\ean cahinet.
Le Lieutenant -Général, Commandant supérieur, JACQUEMINOT.
BOUCQUIN, Imprime. r, rue Oe la SainteXbopelle, 5. — Pirls, 1848,
{Extrait du National.)
c Le ministère est l'envcrsc : c'est liicii.
a Mais les derniers événemeiils qui ont ngl'.é la capitale appellent sur des mesures devenues désormais inilispensables l'attention de tous les bons citoyens.
a Une nianifeslation légale, depuis longtemps annourée, est lombde tout à coup devant une menace libeiticide, lancée par un ininislre du liant Je la tribune. On a déployé ini immense a|ipareil de guerre, comme si Paris eût eu TlCtrangcr, non pas à ses portes, mais dans son sein. Le peuple, généreusement ému et sans armes, a vu ses rangs divisés jior les soldais. In sang héroïque atonie.
« Dans ces circonstances, nous, membies du Coiniié électoral démociatiqne des arrondissements de la Seine, nous rions faisons un devoir de ra]ipeb'r liauîement que c'est sur le patriotisme de tous les citoyens, organises en garde nationale, que reposent, aux termes même de la Charte, les garanties de la liberté.
« Nous avons vu sur plusieurs points, les soldats s'arrêter avec une noble tristesse, avec une émotion fraternelle, devant le peuple désarmé. Et, en olTet, condiien n'est pas douloureuse, pour des hommes d'honneur, celte alternative do. manquer aux lois de la discipline ou de tuer des concitoyens ! I-a vilre de la science, des arts, de l'industrie, de la civilisation , l'aris , enfin , ne saurait être le champ de bataille rêvé par le courage des soldais Français. Leur altitude l'a prouvé, et elle condamne le rôle (]u'on leur impose.
D'un autre côte, la garde nalionale s'est énergiquement prononcée, comme elle le devait, en faveur du mouvement réformiste, et il est certain que le icsullat obtenu aurait été atteint sans effusion de sang s il n'y eut pas eu de la jiart du ministère provocation directe, provocation résultant d'un brutal étalage de troupes.
Donc les membres du Comité électoral démocratique proposent h la signature de tous les citoyens, la pétition suivante :
« Considérant, '
0 Que l'application de l'armée à la compression des troubles civils est attentatoire à la dignité d'un peuple libre tt.i la moralité|de l'armée elle-même;
a Qu'd y a là renversement de l'ordre véritable, et négation permanente de la liberté;
« Que le recours à la force seule est un crime contre le droit ;
a Qu'il e$t injuste et barlate do forcer des hommes de cœur à cboisir entra le devoir du militaire et ceux du citoveii ;
B Que la garJo nationale a été instituée précisément pour garantir le repos de la cité et sauvegarder les lil'crliis de la nation ; «
« Qu'j clic seule il appartient de distinguer une révolution d'une émeute ;
u l,es ciioyens soussignés demandent que le peuple (but entier soit incorporé dans la garde nationale ;
a Ils demandent que la garde municipale soit dissoute :
M Ils demandent qu'il soit décidé législativement qu'à l'avenir l'ai'mée ne pourra plus être employée à la compression des troubles civils.
A. Gl'ijiARD, électeur, délégué du 8* arrondis- . monduit, électeur, délégué du H" arrondisse-
•«'■u)Hiii. mfiiii.
LOtis BLANC, électeur, délégué du 2" arrondis- m. GOunciiAUX, électeur, délégué du 2« arrondis-
seiuMit. seni"ii(.
DAVID (d Angers), électeur, délégué du Ho arron- barbikr, électeur, délégué du 10" arrondissement.
liis^enicni, membre de l'In'-lil'ji. lai'vkau, capitaine, 7" légion, délégué du 7« arron-
MARTIN '<ie Slrasbjurg), électeur, délégué du 10' (ii-sHUieut.
arraii .155 ;;iieni. auoi. ii député. DAiTnix, capitaine, 7» légion, délégué du 7'arron-
DinAXD SAiM-AMAXUj électeur, délégué du 1" di,s-mciit.
arioii.ii sm-'ut. DESTOURBET, capitaine, 7" légion, délégué du
FÉLIX l'YAT, délégué du 8° arrondissement. "".inouii-emeut.
GRi iMiEisKR, capitaine, 3» légion, délégué du jcles bastide, électeur, délégué du T arron-
3o U' ror'.iji-isriueul. His-'Miioiil.
VASSiiER,capitame, 4« légion, délégué du 4« arron- iiovv.N, eii'ifd.î bataillon, 3» légion, électeur délé-
di<-enienl. (.ne du 3" arrondissement.
HAGL'ETTE, électeur municipal, délégué du4o ar- vicioR masson, électeur, délégué du ll«arron-
roiidi«seiiirnl. dtss-miiit.
BECVRT, capitaine, 8' légion, électeur, délégué del\ ciiatri:, électeur, délégué du 1" arrondis-
du 8'- Jirondissemeut. si uii!ut.
o. GELLÉC, électeur, dcléguédu 9» arrondissement, cerceuil, capitaine, 8" légion, électeur délégué
CHAL.MiEn, électeur, délégué du 9" arrondisse- du 8" arroudissement.
seuieut.
Citoyens de Paris,
L'ordre est donné partout de suspendre le feu.
Nous venons d'être rliargés par le Roi de l'ornier un nouveau ministère. La Ciiambre va être dissoute. Un appel est lait au pays.
Le général Lamoricière est nommé commandant en chef de la garde nationale de Paris.
MM. THIERS,BARROT, LAMORICIÈRE, DnVEROlKR DE IIAURANNE, sont miuistres.