‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 90 sur 295 · ETAT-MAJOR GEAEML DE LA GAIDE NATIONALE · texte numérisé non relu

ETAT-MAJOR GEAEML DE LA GAIDE NATIONALE

(Ordre du jour du 28 février 1848.)

L'ère de la Rc^publique française vient d'être inaugurée par une do ces fêtes nationales qui témoignent en face du monde entier de la grandeur et de la puissance d'une forte nation.

Dinianclie, 27 février, à deux heures, les douze légions de Paris, représentées par deux bataillons do chaque légion, quatre légions complètes de la banlieue, la 13" (cavalerie) et les élèves réunis des Écoles , ayant à leur tête tous les membres du Gouvernement provisoire , ont promené triomphalement le drapeau de la liberté autour de la colonne de Juillet, sur cette place de la Bastille où nos pères avaient fêlé les germes de la fraternité humaiine.

Les membres du Gouvernement provisoire, qui, en si peu de jours, ont tant fait pour le présent et pour l'avenir de la patrie, ont été salués par l'enthousiasme populaire, le plus glorieux de tous les enthousiasmes.

La population parisienne n'oubliera jamais le spectacle imposant de cette masse d'hommes, dont la moitié élaif composée de soldats improvisés par la victoire. Tous ces cœurs, que la corruption avait inhumainement et si longtemps opprimés, étaient animés par le même sentiment, le bien de la patrie, et dans leur bouchf! il n'y avait qu'un seul cri : Vive ta RcpiiOliijue!

La garde nationale , qui était partie à deux heures de l'Hôtel-dc-Ville, après s'être arrêtée à la Bastille, a déhlé dans le plus grand ordre sur toute la ligne des boulevards. Le tambour battait aux champs ; la musique, par intervalles, cliantait les hymnes patriotiques, et deux cent mille voix répétaient ces chants de liberté.

Merci à vous, peuple de travailleins; merci à vous, gardes nationaux, qui Tenez de conquérir une place immortelle dans l'histoire de l'humanilé; vous avez prouvé que l'ordre ét<ait une conséquence de votre victoire, et que toutes les garanties de la civilisation se trouvent sous le drapeau de la République. Liberté, égalité, fraternité.

Le général commandant supérieur , DE COIJRTAIS.

Le oliefd' Étal-Major général, GUINARD.

Paris.— I'aulDupost, inipiiiiu;m- de l'Etut-Major do la Garde nationale.

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