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écrite le 2/i Février 18/i8 , à \ 1 heures du matin, au Palais des Tuileries.
Fac Simile.
Voir la pièce originale au bureau de la Commission du Comité révolutionnaire des Délégués des Clubs, des Corporations d'Ouvriers, de l'Armée, de la Garde mobile, etc.
16, rue de Rivoli, Paris.
Celte pièce (ul affichée à Paris et dans les départements.
Paris, le mars 184-8.
Vive la République!
Celui qui ne veut relever que de sa raison, se soumet sans y penser à l'iD^^ertitudeet au caprice de son tempérament. d'Aguesseau.
Nous ne voulons paspoïter le nom de tel ou tel philosophe; mais nous serons toujours philosophe chrétien et catholique romain.
M. BoLViER, évoque du Mans.
Le fils de Dieu ne s'est pas appelé : la Nouveauté, la Coutume; il s'est apppelé : la Vérité.
Tertl'llien.
Citoyens du départExMEnt de l'Aube,
Ces textes pourraient être une profession de foi suffisante pour un homme que la fortune aurait cl('Jà coml)lc de ses faveurs; mais enfant des barricades dont je suis encore tout meurtri, je dois, après une longue absence, vous donner quelques développements.
J'éviterai les termes scientifiques. Le style simple est celui de la vérité. Vous savez qu'après le collège, j'ai été commis de plusieurs maisons de, commerce; puis j'ai étudié les lois — Cruelle déception! Je voyais, de toutes parts, ou des rigueurs contre \c, paupérisme, ou d'humiliants remèdes; jamais de réformes préservatrices. La monarchie faisait son œuvre. Je suspendis, dès-lors, mes études spéciales et, remontant des conséquences aux "principes, je cb.crchai avec ardeur, dans les généralités, quelle est la base irréfragable de toute législation.
Sans entrer ici dans les subtilités scholasliques, on doit réduire à deux les sources morales auxquelles, depuis l'âge du monde, puisent tous ceux qui ont dirigé les nations, à savoir : la morale spiritualiste émanée dé la divinité et consignée dans les Saintes-Ecritures; et celle qui est de raison humaine, la morale matérialiste. Celle-ci égoïste, négative, passagère; celle-là généreuse, vivifiante, éternelle... Oh! que d'ineffables joies inondèrent mori âme, le jour où la dégageant de la fluctuation des enseignements imposteurs, je la retrempai au sein de l'Église et résolus de ne plus m'entrctenir qu'avec cette mère universelle et miséricordieuse des simples leçons de mon enfance...
Cupidité, dissimulation, aveuglement, voilà ce qui caractérisait la majorité des législateurs de la l-rance. Mais la voix de l'Éternel s'est fait entendre. Une justice providentielle vient d'affranchir la nation delà servitude vers laquelle on la menait, et, pareils aux tigres expirants, ses bourreaux ont voulu, par un dernier efl'ort, teindre du sang d'un peuple généreux leurs griffes déchirantes !... Nous les avons vus ces frères, ignorés et accablés de calomnies ; sans pain
pour nourrir leur corps, sans armes pour se défenclre, fusillés et sabrés par les satellites des tyrans ! Et respectant tous les temples, saluant leurs minisires, retirant des flammes une croix, — aux applaudissements d'une foule déguenillée; — punissant les voleurs, épargnant les troupes qui ne les provoquaient point...
Nous savons que le même esprit est semé dans toute la France; parce qu elle est une de foi religieuse et de patriotisme... Et vous, jeunes prêtres, qui fûtes nos condisciples, étions vos confrères*; vous qui déjà sur les bancs de l'école, nous édifiiez par vos vertus ; vous qui, avec tant d'humilité, dans les limites de votre saint ministère, avez, sans vous en glorifier, par la saine doctrine de notre divin Maître à tous, mûri le règne de la fi-aternité nationale, honneur à vous! Ne vous abstenez point des assemblées populaires. Yotre assistance leur sera toujours indispensable.
Ecclésiastiques, manouvriers , artistes, commerçants, militaires, artisans, agriculteurs, gens delcllres. Peuple en un mot *^, dans l'intérêt de tous qui, est l'unique moyen desatisiairc d'une manière chnablc l'intérêt privé, unissez-vous pour défendre la République qui va étonner le monde, et dont le Verbe incarné nous a ouvert les chemins. Soyez, par vos clubs, les conseils des représentants que vous aurez élus pour le confectionnement des lois ; car aujourd'hui, elles seront de peu de durée, les transitions du sentiment au raisonnement et à la pratique.
Si vous m'accordez vos suiï'rages, je n'oublierai jamais ces paroles du divin Pontife : « Que pour marcher à la tête des autres, il faut que réellement on soit le serviteur de tous. » Je justifierai que l'âme de Destrem que vos pères envoyèrent à la Législative et aux Gioq-Genls, et qui mourut victime de ses vertus civiques, n'est point dégénérée dans mes entrailles.
Je viens d'entrer dans l'âge du célibat. La nation sera ma famille, des lois équitables seront mes enfants, ceux qui ont vécu dans mon inl imilc i^UcsU'ionl delà simplicité de mes mœurs...
Oh, ma religion ! oli, ma patrie ! que je vous aime ! J'abjurerais tout })our vous appartenir, si je n'étais pas votre fils. Non comme assaillant, mais pour vous déf;^ndre dans un moment suprême, je parlerais à mes camarades volontaires, de la France et de la Croix, et nous aiu'ions la victoire.
Yive Pie IX! vive l'Église!
Vive la République française ! vive la Liberté !