‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 149 sur 236 · MIT · texte numérisé non relu

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Oui, partout en Europe les idées démocratiques s'éveillent, partout des millions d'hommes sont prêts à vivre et à mourir pour elles ; et tandis que la toutepuissance des peuples fait des miracles, l'inipuis<anee des soidisant pouvoirs absolus apparaît d'une manière de plus eu plus évidente.

La Sui^s^ forte de :>0!i courage et de son droit, a jeté un déli à leur faiblesse coalisée ....

et ils n'ont rien osé contre elle.

L'Italie régénérée marche , malgré toutes leur.^ menaces, à la Conquête de son indéi>endauce

et de sa liberté..., et ils hésitent encore...

L'Allemagne, enfin, ébranlée jusqu'au fond de ses entrailles [>ar le cri d'émancipation qui a retenti en France, ne peut et ne veut rester en arrière dans la lutte pour laquelle son dcvelopperneut intellectuel lui a dès longtemps préparé le terrain.

La liberté s'ouvre un large passage, ella tyrannie eile-uièrae est condamnée, p^ir son aveugle résistance, à la seconder et à devenir sa complice.

Peuple français! nous te tendons la main pour marcher côte à (Ole avec loi vers l'avenir.

Quelque difficile que soit notre lâche, nous sentons grandir nos fjrces avec les dangers du combat.

JN'ous ne te demandons qu'une cho.sc : maintiens ta propre liberté, funiquebien digne d'être maintenu.

Conserve à tous tes enfants ce que TOUS ont conquis, et la seule assistance que nous te demandons, c'est 'jue tu reaies fidèle à toi-même, et que tu ré|tondes par un écho sympathique à l'Allemagne, lorique , délivrée un jour par dcS bras allem.v.nds, elle poussera vers loi ce cri :

Vive la liberté! légalité! la fraternité!

Vive la démocratie !

Vive la Républiqueeuropéenne!

L'adre=.se suivante a été distribuée dans Paiis :

ClT0YE>S,

Nous demandons l'ajournem'Mil des élections de la garde naliona e et de rAs.>embIée constituante. Ces élections seraient dérisoires.

A Paris, un très petit nombre d'ouvriers ^ont inscrits sur les listes électorales. L'urne ne recevrait que Icssutl'ragesde la bourgeois ie.

Dans les villes, la classe des travailleuis, façonnée au joug par de longues années de conipressi(m et de misère, ne prendrait aucune part au scrutin , ou bien tlle y serait conduite

par ses maîtres comme un bétail aveugle.

Dans les campagnes, toutes les influences sont aux mains des aristocraties. Une tyrannie savante a étouffé, par son système d'isolement individuel , toute spontanéité au cœur des masses.

Les malheureux paysans, réduits à la condition de serfs, deviendraient à leur insu lemarchepied des ennemis qui les oppriment et les exploitent.

Notre àme s'indigne à la pensée que les oppresseurs puissent ainsi recueillir les bénéfices de leur crime. C'est un sacrilège de faire mentir à leur propre salut dix millions d'hommes, d'arracher à leur ignorance la sanction de leur esclavage. Ce serait un défi par trop insolent aux barricades de Février.

Le peuple ne sait pas; il faut qu'il sache. Ce n'est pas l'œuvre d'un jour ni d'un mois. Lorsque la contre-révolution a seule la parole depuis cinquante ans, est-ce donc trop de l'accorder, une année peut-être, à la liberté qui ne réclame que la moitié de la tribune, etne mettra pas, elle, la main sur la bouche de son ennemie?

Il faut que la lumière pénètre jusquedans les derniers hameaux de la Uépubli(iue. H faut que les travailleurs redressent leurs fronts courbés par la servitude, et se relèvent de cet état de stupeur et de prostration où les castes dominantes les tiennent, le pied sur la tête.

Lt ne dites pas, citoyen3,*que nos craintes sont chiinériques.

Les é'eclions, si elles s'accomplissent, seront réactionnaires.

C'est le cri universel, que le parti royaliste, le seul orgmisé, grâce à sa longue puissance, va maiirii^er par l'intrigue, la corruption, les influences sociales, et sortira triomphant du scrutin.

Songpz-y ! le triomphe, c'est la guerre civile! Paris , le cœur et le cerveau de la France, Taris ne reculera pas devant un retour oflensif du passé. Réfléchissez aux sinistres conséquences d'un conflit entre la population parisienne et une assemblée qui croirait représenter la Nation, qui ne

la représenterait pas ; car ce vote de demain sera une surprise et un mensonge.

Que votre prudence épargne à la France un si grand péril. Laissez le pays naître à la République; à cette heure, il est entore emprisonnédans l'étouffante enveloppe de la monarchie.

Ajournement des élections!

c'est le cri du peuple parisien.

RÉPUBLIOUE FRANÇAISE.

■Liberté, Egalité, Fraternité.

Le Gouvernement provisoire.

Informé que dans plusieurs villes des demandes en liberté , formées sur référé par des détenus pour dettes civiles ou commerciales, ont été rejetées sur le motif que le décret du 9 mars 1848 ne pouvait avoir d'effet rétroactif;

Considérant que les termes du décret sont absolus , que la mesure d'humanité ordonnée par le Gouvernement provisoire serait évidemment incomp'ète , si elle ne s'appliquait aux détenus pour dettes;

Décrète ;

Tous les détenus pour dettes civiles et commerciales seront immédiatement et provisoirement rais en liberté, en vertu du décret rendu le 9 mars 1848 par le Gouvernement provisoire.

Fait en séance à l'Hôlel-de- Yille, le 12 mars 1848.

Les Membres du Gouvernement provisoire.

Le Gouvernement provisoire.

Considérant que le châtiment corporel dégrade l'homme ;

Qu'il appartient à la République d'tffacer de la législation lout ce qui blesse la dignité humaine;

Que c'est un bon exemple à donner au monde ;

Que la suppression des peines corporelles, en affermissant dans la marine le sentiment de l'honneur, ne jieut que donner aux matelots une idée plus haute de leurs devoirs et leur inspirer plus do respect encore pour eux-mê-

mes et pour les lois de la discipline ; Décrète :

Les peines de la bouline, de la cale et des coups de corde sont abolies; jusqu'à révision complète du Code pénal maritime , elles seront remplacées par un emprisonnement au cachot , de quatre jours à un mois.

Fait à Paris, le 12 mars 1848.

Les Membres du Gouvernement provisoire de. la République Française.

Le Gouvernement provisoire,

Vu le décret du 27 février dernier, qui prononce la dissolution du conseil municipal de Paris;

Considérant qu'ilconvientd'appliquer la même mesure au conseil général de la Seine , dont le mandat émanait également du principe d'électoral privilégié; Arrête :

Art. 1^% Le conseil général du départeiiïént de la Seine est dissous.

Art. 2. Le membre du Gouvernement provisoire, maire de Paris, est chargé de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la marche des services auxquels les membres du conseil étaient appelés, à co titre, à donner un concours d'administration ou de surveillance.

Fait à IHôtel-de-Ville de Paris, In 12 mars 1848.

Les Membres du Gouvernement provisoire.

CIBCi'LAlRE du Ministre de l'Ayriculture et du Commerce

à MM. les Préfets des départements.

Taris, le 12 mars 1818.

Monsieur le Préfet , .s'occuper des travailleurs et des grands intérêts du pays , tels ont été la premièie pensée et le premier devoir du Gouvernement provisoire de la République. Des ateliers nationaux s'organisent dans le.> villes, mais les cités ne sont pas l'objet de la sollicitude exclusive du Gouvernement. Parmi les travailleurs, ceux des campagnes, parmi les grands intérêts du

pays, l'agriculture, occupent une large place. Il faut que la production rurale reçoive des travaux qui s'exécutent fju vont s'exécuter le plus grand développement possible. Je vous invite, en conséquence, à me faire connaître immédiatement:

1" S'il existe dans votre département des marais, terres vaines et vagues, landes, bruyères, dunes et relais de mer d'une certaine étendue , qui puissent être utilement soumis à des travaux de dessèchement, de mise en culture ou de reboisement.

2° Leur désignation et les communes et cantons dans le périnètre desquels ils sont situés ;

3o Quelle est l'étendue approximative de chacun de ces terrains ;

40 S'ils appartiennent à l'Etat, aux communes, à des établissements publicS'OU à des particuliers ;

5° Leur situation à proximité ou à distance des centres de population.

Je vous fais observer qu'il ne

s'agit point ici d'un travail de statistique; ce ne sont point des chiffres rigoureux, mais de simples renseignements que je réclame, sans autre délai que celui qu'exigent l'exactitude et une certaine précision.

Recevez , Monsieur le Préfet, l'assurance de ma considération distinguée.

Le Âlinislre provisoire de l'Agriculture et du Commerce, Bethmont.

— Les ouvriers de Paris et de la banlieue, dans toutes leurs réunions politiques ou autres, ont décidé que le premier candirlat à porter sur la liste de la députation du département de la Seine serait Déranger, le poète national.

— M. Louis Perrée, maire du 3e arrondissement de la ville de Paris, a reçu aujourd'hui la lettre suivante :

« La 8e compagnie, o^ batail-

lon de la garde nationale mobile, désirant venir en aide aux pauvres de notre arrondissement , vous prévient qu'elle met à votre disposition la nourriture de six per.-onnes. Veuillez avoir la bonté de les choisir parmi ceux que vous croyez les plus nécessiteux, et veuillez les envoyer à la caserne tous les jours, de neuf heures à dix heures du matin. »

Agréez, etc.

(Suivent plus de quarante signatures.)

— Les villes de la frontière belge, Tournai, Courtrai, Muzin sont mises en état de défense; leurs garnisons sont augmentées, les réserves rejoignent les différents corps. Le roi des Belges continue à armer. Il rappelle les* soldats des cinq dernières c'aîses et les dirige sur la frontière. Cependantles relations de confiance, un moment interrompues entre les administrations des chemins de fer belge et français, sont entièrement rétablies.

E. DuvERGER, imprimeur des actes du Gouvernement provisoire pour le 10* arrondissement, rue de Verneuil, n» i. — no 4.

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