AUX DÉMOCRATES LES MEMBRES DU CLUB POPINCOLRT
Citoyens nos frères, Nous allons élire nos représentants à l'Assemblée constituante et nos chefs à la garde nationale.
Nous touchons à Iheure solennelle où , du vote de chacun de nous , dépend l'avenir de la Répul)lique.
Des citoyens sollicitent nos su Orages ; Devons-nous les leur donner sans conditions? — Non 1
Plaçons au-devant d'eux un drapeau dont la couleur nr permette ni l'incertitude^ ni le malentendu.
Ce drapeau, il exisl<«, ccst la Déclaralion des Droits de i Homme et duCitnjeu. Qu'ils nous donnent leur adhésion complète et sincère aux principes que ce drapeau proclame, et qtie celle adhésion reste en nos mains, con;me ini gage inaltérable de leur sincérité.
Nos su tirages sont à ce prix.
Suivez notre exemph» , vous tous, nos frères; cpie l'ivrier soit le triomphe du Peuple et de la Démocratie; (pièces trois mots : LUnrlCy lùjalitc ^ Froitrnilc,' deviennent des vérités impérissables, et vous aurez bien mérité de la patrie. Salut et fraternité !
Four le* nirnilircM «lu lliircMn < Les Secrétaires.
Deplanqie, Roilvnd, TiiiEi.E, Chipron.
Napoléon Chaix et Corn p.
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Aux Électeurs de Seine'-et-'Oise.
Électeurs,
Puisque les convenances et la nécessité même autorisent à parler de soi devant ses juges, briguant l'honneur de votre appui aux prochaines élections, je vous dois la déclaration suivante :
Depuis trente ans je sers la cause qui vient de triompher. En France, dans les deux Amériques, en Irlande, en Italie, en Espagne et en Portugal, j'ai écrit, combattu et souffert pour les droits dont la pleine possession vous est enfin acquise. J'ai concouru à la fondalion et pris une part principale à la rédaction de nombreux journaux dévoués tous à la défense du grand principe des sociétés modernes, la souveraineté nationale : L'Abeille de la Nouvelle-Orléans, [a Libéral du Nord, le Peuple Souveraiîi de Marseille, le Bon Sens,
\e National de Paris Eprouvé par sept
années d'exil sous la Restauration, par deux ans de détention préventive sous la monarchie déchue ; ami, collaborateur et continuateur d'Armand Carrel , décoré de Juillet, membre de l'ancienne Commission des Récompenses Nationales ;soit que je considère le passé, soit que j'interroge lavenir, j'ose me croire digne de votre contiance et de vos suffrages.
On ne saurait en douter, pour la grande majorité de nos hommes politiques, la situation fimcnée par la Révolution du 24 février est un étal violent, un problème formidable qui gène leurs habitudes d'esprit, bouleverse toutes leurs combinaisons et embarrasse leur conscience même. Plus heureux, sous ce rapport, je puis sans hésiLUion mettre toute une carrière et mes opinions antérieures en regard des devoirs quele présent impose. Pour moi, la République n'a rien de nouveau, rien d'effrayant ou d'enivrant, même dans la pra-
tique, car j'ai pris part à ces mâles exercices dans la patrie de Washington ej; de Bolivar; lesvoyages et l'expérience ont doublé en moi les résultats de l'étude et de la méditation. Aussi l'Académie des Sciences morales et politiques, celte création du génie ré[)ublicain de nos pères, a-t-elle bien voulu rendre justice à mes vues sur la politiqi.e générale do la France; et les événements, tant chez nous qu'au dehors, se sont chargés de justifier mes prévisions (1).
Intellectuellement et moralement, je suis donc préparé , autant qu'un citoyen peut l.'èlre, aux graves débats d'où voni sortir la constitution et les lois, la politique et Tavenir de notre France républicaine. Cette République, ma raison, mon expérience et moncœur la désirent magnanime, religieuse, secourable aux opprimés et aux nécessiteux, fière devant ses ennemis, modérée à l'égard des Etals neutres et des dissidents de l'intérieur, équitable envers tous. Qu'elle réunisse ces conditions, sa durée égalera sa puissance et sa "îoire ; 'es générations futures n'auiont rien à répudier de notre héritage, ei les peuples béniront la sagesse de la France. Ils salueront en elle la nation élue de Dieu pour associer tous les climats et toutes les races a ses conquêtes, pour inaugurer le lègne de la justice universelle et montrer, comme Dieu môme, l'étendue de son pouvoir par celle de ses bienf.uis.
Agréez, Electeurs, les respects, les vœux, et les services de votre dévoué concitoyen,
M. Maili.eff.r.
Rue Saint-Honoré, 317.
Paris, 18 mars 18'i8.
(1) De l.i Politique extérieure de la France, etc. Paris. Paulin, IS'iS.
-ôôâ-
REPUBLIQUE FRANÇAISE