ET A LA NATION FRANÇAISE
Toute l'Allemagne répond en ce moment au cri d'émancipation poussé par la France.
La République est le mot d'ordre, et nous, démocrates allemands habitant Paris, nous avons la profonde conviction que trois ou quatre mille hommes résolus , partant armés et organisés , suffiraient en ce moment pour assurer le triomphe de la Révolution dans notre patrie.
Mais il faut enfin que la France , Paris tout entier se prononce hautement en faveur de cette idée libératrice , que la sympathie et l'assistance morale et matérielle des Français nous accompagnent dans notre marche jusqu'à la frontière où des milliers do nos frères allemands nous attendent les bras ouverts pour grossir notre phalange républicaine.
Un point secondaire, mais méritant cependant dans les circonstances actuelles d'être pris en considération, doit encore fixer votre attention.
La majeure partie de notre légion se compose déjà et se recrutera parmi la classe des travailleurs qui céderont, en partant de Paris, la place à autant de leurs frères français pour aller chercher, avec la liberté, du pain dans leur propre patrie.
Citoyens, les moments sont précieux et déjà le tocsin de l'insurrection retentit d'un bout de l'Allemagne à l'autre. Certes, il ne nous manque point d'hommes en Allemagne, car nous y avons une population de quarante-huit millions.
Mais notre petit corps aura des avantages immenses vis-à-vis de toute la population allemande : Premièrement, celui de pouvoir s'armer et s'organiser ouvertement sur un terrain définitivement acquis à la République, et de former ainsi un noyau militaire qui servira de point de ralliement pour tous nos frères en Allemagne qui accourront de toutes parts à notre première apparition. Deuxièmement, nous possédons l'avantage moral , peut-être plus grand encore, d'avoir assisté, et en partie même combattu avec vous dans votre dernière lutte sublime.
Témoins oculaires et actifs de votre Révolution de Février , nous avons bien appris comment il faut en finir avec un pouvoir perfide et oppresseur, et, en apportant dans nos cœurs le souvenir de ce que nous avons vu chez vous, nous serons invincibles chez nous.
Citoyens, nous vous prions, nous vous conjurons dans l'intérêt de l'humanité, de vouloir bien être l'interprète généreux et éloquent de notre cause auprès de
vos concitoyens et de seconder de toutes vos forces celle invasion sacrée des enfants de l'Allemagne sur le sol de l'Allemagne, pour y fonder , d'accord en cela avec tout ce qu'il y a de noble et de généreux, une grande République allemande, comme sœur et alliée de la grande République française.
Peuple français , -en prêtant votre concours actif et énergique à la cause de la liberté allemande, vous hâtez la résurrection de cet autre peuple que vous avez regardé en tout temps comme votre allié fidèle et comme votre frère d'armes. Le chemin de la Pologne ne va que par l'Allemagne libte et républicaine 1 Salut et fraternité,
Paris, le 18 mars 1848.
Le Président de la Sociélé démocralique allemande à Paris, George HEUWEGH, Boulevart des Capucines, 13.
Le Vice-présidenl i "'
BORNSTEDT.
Les Membres du Comilé; FUHRMANN, WOLF, LOEVENFELS.
Le Secrélaire, PiAUGH.
l'^ii... - imp. centrale des chemins de fer, de NAPOLÉON CHAIX et Comp., rue Bergère, 8,
près le boulevart Montmartre.
Le Comité central des Élections générales , aux Comités démocratiques des
Départements.
Paris, Aars 1848.
Cht rs concitoyens , nous remarquons avec peine que , dans la formation de fîuciques comilcs d(î département et dans leurs listes de candidats à l'Assemblée nationale, les principaux éléments de la démocratie, les ouvriers et les cultivateurs n'occupent pas la place à laquelle ils ont un titre réel.
An nom de l'égalité et de la fraternité, le Comité central réclame contre cet oubli du droit des travailleurs, et il engage de tout son pouvoir les comités électoraux à s'adjoindre des membres choisis parmi les cultivateurs et les ouvriers. Ce ne sont pas ces citoyens qui ajiporteront le moins de lumières et de dévoùment à la Piépubliqne.
Salut et fraternité, Les membres présents du buraau :
?pcvrt, président; Chevallon ; Ph Lebas ; Yvon Villarceau ; Laprée; A. Vanîabelle; Clément Thomas; E. Adam; A. Dumesnilj Danguy.
Pour copie conforme ; Le Secrétaire du Bnrean:
Ph. lebas.
Voir la Reforme du 'il mars 18i8 sur l'instruction publique, signé Ph. Lebas. Voir le Peuple Constituant de 1848.
,lrap. de Schneider, rue d'Erfurth, 1.
^ywuœ ccéouenô éfecéeurd cm c/é/t. c/a ^aà-c/e-^a/cuô.
Messieurs
Quand tant de citoyens, avec plusou moins de titres, briguent l'honneur de vos suffrages, pour être vos mandataires à l'assemblée nationale constituante, qui doit fixer le sort de notre belle France, permettez-nous de vous présenter la franche profession de foi d'un homme nouveau.
Comme tant d'autres, mieux que beaucoup d'autres, depuis plus de vingt-cinq ans, nous pouvions prétendre à saisir des [)laces, des faveurs; mais nous avons préféré nous abstenir, goûter les douceurs de l'obscurité, de l'indépendance.
Aujourd'hui, citoyen d'un pays libre, nous manquerions à nos devoirs les plus sacrés, alors que l'indifférence n'est plus perniise, est même incivique, funeste, de ne pas mettre au service de h patrie toutes nos facultés, toutes nos études et observations agricoles et économiques, morales et politifjues. Nous ne lesavons que trop, c'est échanger le calme du bonheur contre mille embarras, mille soucis; ce sont: l'Envie, la Calojunie, le Malheur peut-être. Mais dans les circonstances non moins graves qu'impérieuses, il faut un absolu dévoùment, uno complète ahncgalion; il faut, sentinelle vigi'aiile, serviteur lidèle, se clouer à son poste; il faut même, dans des moments suprèu)es, sacrifier son existence à la plus belle des causes, celle de nos libertés, de notre civilisation et de notre ordre social tout entier.
Depuis l'àge le plus tendre, nous sommes fiers d'être l'ami du bon et généreux peuple, tant négligé, tant dédaigné, tant calomnié, cjui porte toutes les ch;uges, endure toutes les misères, toutes les souffrances. Notre joie est grande de voir qu'enfin, après tant de siècles de vainc attente, de mensonge,
de déception, se lève pour lui le soleil du bien-êire, de la liberté, de l'égalité, de la fra- • ternité devant la loi et l'opinion.
Par un journalier contact avec le peuple, le vrai peuple, connaissant ses souhaiis les plus intimes, comme ses besoins les plus urgents, nonsserionscoupables de ne pasénergiquement épouser, défendre ses vrais intérêts, ses droits légitimes.
Aujourd'hui que le peuple a renversé ses anciens gouvernants, qu'il est souverain; comme tout pouvoir nouveau, des foules de faux amis, de vils flatteurs l'obsèdent, veulent exploiter son inexpérience, ses faiblesses, ses ignorances, ses pas^sions, il lui faut doncdi'sguidessùrs. Oui, à la vieeiàla n.orl, qu'il compte sur nous, comme nous comptons sur lui. Bientôt il saura qui veut son réel bonheur. Quoi qu'il arrive, il trouvera toujours en nous un ami véritable, énergique, mais quelquefois aussi un sévère, un incomuiode conseiller. Laissons aux insensés ou auxsauvag'^s abattre l'arbre, | our cueillir les fruits.
Nous nous flattons d'obtenir le raisonné suffrage de messieurs les électeurs, qui connaissent la pureté de nos intentions, la sincérité de nos promesses.
Pour ceux qui ne nous connaissent pas. ils peuvent se fiera nos paroles, sinon nous leur dirons ce qu'un grand citoyen Romain disait à ses électeurs, il y a bientôt iloux mille ans : t Si votre confiance me manque, je m'en con- € solerai facilementen cultivant mes champs: € Si quelqu'un est dupe, ce ne sera pas moi, < mais vous seuls. >
La majorité des voix nous est-elle acquise, le progrès et la prospérité des diverses branches des arts, des lettres, des sciences, ducom. merce, de rindustric, occuperont nos veilles
Notre agriculture, si fatalement oubliée quoiqu'elle soit le premier et le plus utile des arts, quoiqu'elle occupe plus de vingtcinq millions de Français, et qu'elle verse si libéralement des bienfaits immenses sur les cités et les campagnes, sera l'objet de nos constantes préoccupations.
Nous ferons tous nos efforts pour faire triompher, sui' des bases raiionnelles, l'équitable association entre le capital, rinielligence et la main-d'œuvre, comme beaucoup d'autres améliorations urgentes et possibles, surtout en faveur des travailleurti et des pauvres, objets spéciaux de nos travaux. Par de longues et pénibles études, nous serons à la hauteur de toutes les épineuses questions p'oiitiques et sociales à l'ordre du jour.
Le développement progressif de tous les intérêts matériels et intellectuels, moraux et religieux, aura toujours nos sympathies, nos méditations profondes.
L'ordre, l'intelligence et l'économie, dans
tous les services publics, auront aussi nos sollicitudes infatigables.
Plus de menaces ni d'oppression; plus de réaction ni de révolution; plus de guerre civile ni d'anarchie ; plus de sang ni de ruines.
Le pays avant tout. Progrès et liberté religieuse el politique, sans restriction aucune; droit et justice pour tous et en tout.
C'est dire que notre vote sera toujours consciencieux, libre de toute influence, fidèle à la raison el à la vérité, à nos nouvelles et glorieuses institutions Républicaines, comme à la grandeur et à la dignité, à la gloire et au bonheur de la France.
Agréez, je vous prie, Messieurs, i^ia haute considération,
€li. PAPELIISJ Hli ^OROnOUT,
Proiiriétaire-cultivateur .
Thérouanne, 18 mars 1848, au château de Saint- Jean, à Clarqucs.
hnprimerie de VAN ELSLANDT, rue de Dimherque. — Saint-Omer.
Alix Électeurs du département du Puy-de-Dôme.
Citoyens ,
Voir la France heureuse et florissante à l'intérieur, respectée au dehors , et replacée parmi les nations, grâce à notre patriotisme, au rang qu'elle n'aurait jamais dû perdre; soulager les classes laborieuses , si estimables et si peu protégées ; alléger le sort des petits contribuables, en substituant au mode d'impôt actuel l'imposition progressive ; alïermir un gouvernement qui seul peut nous sauver de la plus complète anarchie ; n'avoir qu'une pensée : le bonheur général, ne reculer devant aucun moyen pour le procurer à notre belle patrie. Voilà , citoyens , quelle serait ma règle de conchiite , si vous m'éleviez au rang de votre mandataire.
Républicains, conservateurs, légitimistes, unissons-nous loyalement., nous serons invincibles; soyons Français de coeur comme nous le sommes de nom , les peuples applaudiront à noire courage ; ils briseront leurs chaînes, et le monde nous bénira.
Agréez, citoyens, l'assurance de mon dévouement le plus entier.