‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 208 sur 236 · A SES NOUVEAUX CAMARADES · texte numérisé non relu

A SES NOUVEAUX CAMARADES

Une circonstance regrettable a suscité avant-hier un malentendu entre la population et une partie de la garde nationale.

Deux mots d'explication à ce sujet.

La fraction de la garde nationale qui se portait avant-hier à l'Hôtel-de-Yilie est accusée à tort de vouloir des privilèges. Elle ne les aime et n'en veut pas plus que vous.

Avant sa démarche, elle avait d'ellemême renoncé à toutes les distinctions de titre et d'équipement qu'avaient les compagnies de grenadiers et de voltigeurs , dont les rangs s'ouvraient avec empressement à tout le monde.

Elle ne demandait qu'une chose :

c'était de conserver en faisceau ces compagnies, afin que des milliers de citoyens , habitués à se connaître depuis des années, ne vissent pas se rompre tout-à-coup les liens d'amitié et de camaraderie qui les unissent, en étant disséminés dans tout le bataillon.

En portant, dans l'attitude la plus calme et la plus pacifique, l'expression d'un vœu au gouvernement provisoire, elle usait de son droit.

Les citoyens qui ont cru qu'elle le

Ce 18 mars 1848.

transgressait , et qui lui ont barré le passage au pont Notre-Dame, n'ont-ils pas outrepassé le leur ?

La garde nationale en députation eût été la première à s'incliner devant la décision du gouvernement provisoire.

Elle s'est retirée sans insister, afin d'éviter toute collision avec des concitoyens , maintenant gardes nationaux comme elle , en un mot , ses amis , ses frères ; malheur sur lequel elle serait la première à gémir.

Ses intentions n'avaient pas été bien comprises.

Elle espère que maintenant elles ne seront plus méconnues.

En fait de privilège , la garde nationale ne demande qu'à marcher la première contre toute faction qui menacerait le gouvernement de la République.

En un mot, convaincue que ce léger dissentiment est déjà tombé dans l'oubli , elle tend la main fraternellement aux citoyens qui s'étaient mépris à son égard, et dont le concours est nécessaire pour le maintien et la prospérité de notre glorieuse révolution. ,

VIVE LA RÉPUBLIQUE

Paris. — Imprimerie d'Edouard Proux et Comp., r. Neuve-des-Bons-Enfants, 3, et r. du 24 Février, 18.

Pour bien connaître l'importance de cette affiche , on peut voir VAssemhlée Nationale du mois de mars 1848, on y trouve l'origine du chtb républicain pour la liberté des élections, et les noms des membres de ce club qui portèrent à rHôtel-de-ViUe hi priilion concernant la circulaire du ministre de l'intérieur; mais pour ce qui regarde particulièrement celte affiche, voir l'article intitulé : Le droit de réunion aboli, par M. Lefloch, chasseur de la 1« légion, qui faisait partie de la députation. (N. d. E.)

Des pensées à propager, à faire comprendre dans une société populaire réunie,

ayant pour drapeau :

LIBERTE, EGALITE, FRATERMTÉ,

Dffinitiou î»c ces trois iJIolô sublimfs î

La Liberté.

La liberté n'est point la licence.

La liberté doit engendrer toutes les vertus civiques et détruire tous les abus.

L'ÉsalItc.

L'Égalité n'est pas le partage par la violence, mais bien par le travail. Il est urgent et de première nécessité de constater que l'Égalité ne peut exister que d'après la part d'intelligence et de fortune que chacun de nous possède.

La Fraternité.

La Fraternité est l'essence de tout citoyen possédant un cœur noble et généreux.

La Fraternité, c'est l'heureux aidant le malheureux.

La Fraternité, c'est le général le jour d'une bataille, embrassant le soldat qui a été son égal en courage.

La Fraternité, c'est le bienfait (et non l'aumône adressée à un frère lors d'un désastre, pour le soulager et non l'humilier), pour le soulager dans son malheur et lui venir en aide.

La Fraternité, c'est le prêtre se dévouant de cœur , de corps et d'âme au salut de son prochain (aime ton prochain comme toi-même).

La Fraternité, c'est l'union des grandes amcs, des cœurs enthousiastes qui ne peuvent, ne désirent et ne veulent que le bien.

Tel est mon drapeau !

Alors et toujours Liberté, Égalité, Fraternité.

Salut à tous les Républicains qui respecteront la propriété.

Pan*-, le 11 mars 1848.

CLUB DES QUIAZE-VIÎXGTS.

Séance du 16 mars 1848.

Présidence du C. MLNOR-LECONTE.

Le Club des Quinze- Vingts vote l'impression des doctrines suivantes :

Qu'est-ce qu'un Républicain?

Un Républicain, c'est le désintéressement complet de soi et de sa famille pour la Mère-Patrie.

Un Républicain, c'est le Citoyen qui , après avoir servi son pays , ne demande d'autre récompense que de vivre honorablement par le travail.

Un Républicain, c'est le Citoyen qui ne dépouille personne. Le bien mal acquis ne profite jamais.

Un Républicain, c'est celui qui ne diffame jamais son prochain, qui force à la probité par sa probité, qui éclaire par la vérité de sa parole, par la chaleur de son langage, à propager le bien.

Un Républicain ne doit avoir d'armes que sa raison et son courage.

Un Républicain ne doit détruire que les mauvaises pensées, abattre les préjugés, être charitable envers les autres pour qu'on le soit envers lui.

Un Républicain, c'est celui qui ne recule et ne fuit jamais devant l'ennemi de son pays.

Du moment où il recule , il est vaincu. Résistant, il est toujours vainqueur.

Un Républicain est celui qui obéit aux lois, respecte et honore son père et sa mère.

En République, L'union fait la force.

Le câble n'est pas le simple fd de lin, c'est des milliers de fils l

VXE RÉPUBLIQUE.

Que (loSt-clle être pour les déiuocrates liéiinbllcains t

La Vérité, la pierre fondamentale,

La Sagesse, l'Édifice,

La Charité, l'Ornement,

Le Travail, la Conservation,

L'Équité, la Probité et la Justice, les Principes.

Charles HALL ,

Architecte, boulevarl Beaumarchais, 4.

PariSf 18 mars 18/|.8.

Page 1