‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 228 sur 236 · AUX HABITANTS DU DÉPARTEMENT DU PUY-DE-DOME · texte numérisé non relu

AUX HABITANTS DU DÉPARTEMENT DU PUY-DE-DOME

Mes chers Concitoyens ,

DésiraiiL être nomoié par vous membre de l'Assemblée nationale constituante, je viens VOUS exposer les sentiments qui m'animeront et me dirigeront si vous m'accordez l'honneur de concourir à l'œuvre qui doit assurer le bonheur de notre pays, en fixant les bases du gouvernement républicain.

Permettez-moi de dire d'abord à ceux d'entre vous qui ne me connaissent pas qui je suis et ce que j'ai été. C'est , il me semble , le plus sûr moyen de vous apprendre si vous pouvez comptez sur ma loyauté et ma fidélité à remplir les obligations que j'entends contracter. Bien des gens prétendent que la vie privée doit être murée, et que tout regard scrutateur que l'on jette sur elle est profane. Telle est aussi ma jDensée quant aux personnes qui n'aspirent pas aux emplois publics. Pour ceux qui les demandent au contraire , j'ai toujours été d'avis, et je le serai toujours, que la vie privée doit être examinée et discutée; car la vie privée peut seule répondre delà vie pul)lique. II n'y a pas deux probités. Je TOUS livre donc tout ma vie privée entière ; c'est par elle que je veux d'abord être jugé. Quant à ma vie politique, la voici :

J'avais '■2?y ans, en 181 /i, à la chute de l'empire. J'ai, depuis lors, sans jamais dévier, été opposant aux différents gouvernements qui ont exploité la France et pressuré le peuple. Personne ne peut vous dire que j'aie, en aucune occasion, changé de conduite sous ce rapport, et que mes actions aient été différentes de mon langage. Affilié le second, dans ce département, cà la société des Carhonnri , je n'ai point manqué, comme tant d'autres, au serment qui m'y liait. Je ne suis pas, en effet, un répubHcain de fraîche date. En 1832, le premier président et le procureur général de la cour d'appel, m'ayant déterminé à accepter une justice de paix rurale, firent toutes (iémarches pour qu'on m'y nommât. Je fus repoussé, sur l'avis du préfet, comme ayant des opinions très démocratiques. Cette note est à mon dossier , au ministère de la justice. C'est que , peu auparavant, lors d'une visite faite en Auvergne par le fils aîné de l'ex-roi , j'avais refusé , en ma qualité de maire d'une commune agricole, d'en conduire les habitants à sa rencontre, indigné que j'étais qu'à foccasion des événements de juin , on eût eu l'impudeur de vouloir faire dénoncer j^ar leurs médecins les braves patriotes qui avaient été blessés par les sbires royaux. Agissant et votant toujours, et ostensiblement, contre le candidat ministériel de l'arrondissement de Brioude, où j'exerçais mes droits politiques, on en est venu jusqu'à me retirer les modestes

fondions de maire , que les habitants étaient allés demander en masse pour moi à l'autorité préfrclorale. — Vous devez ju^^er, d'après tout cela, si le règne qui a fiai sous un souffle de la volonté nationale trouvait en moi une profonde antipathie, et si j'ai salué avec boidieur l'événement qui nous en a délivrés.

En voilà assez sans doute pour vous édifier sur la sincérité et la constance de mes sentiments révolutionnaires. Je passe aux explications sur les votes que je serais appelé à émettre.

Voulez vous le communisme, c'est-à-dire la banqueroute, l'anarchie, la guerre civile , la ruine de tous , celle du peuple d'abord (dans l'amour duquel j'ai été nourri et élevé, auquel les miens et moi avons souvent fait du bien, et que nous n'avons jamais trouvé ingrat) , pour finir ou par la division de la France après son envahissement , ou par la monarchie absolue , comme en Autriche et en Russie ?

Ne me nommez pas ? Je résisterais de toutes mes forces à un pareil désordre.

Voulez-vous, au contraire, asseoir l'administration républicaine sur des bases qui donnent satisfaclion à tous les membres de notre grande nation, en assurant à chacun d'abord l'instruction, pour qu'il puisse bien comprendre ses droits et ses devoirs, ensuite un travail convenablement rétribué, pendant que ses forces lui perniettcnt de s'y livrer, et une existence dans sa vieillesse?

Voulez-vous organiser le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, de telle iaçon que la majeure partie des fonctionnaires soit soumise à son contrôle , et ait à lui rendre compte, par des élections fréquentes, où tous prendront part, de la manière dont elle aura rempli son mandat?

Voulez-vous faire cesser le scandaleux abus des emplois publics , qui à fait de la France deux catégories d'habitants, les uns payés, les autres payant, et qui a contribué à l'énorme dette que l'ex-roi nous a laissée?

Voulez-vous que ces emplois soient réduits à la stricte nécessité, et les traitements à des chiffres en rapport avec le travail qu'ils exigent?

Voulez-vous d'un mode d'impôts qui dégrève la portion la moins aisée, par conséquent une modification complète dans le système qui frappe sur les boissons , et dans ce qu'on appel droits réunis ou contributions indirectes , dont Texercice entrave le commerce à chaque heure et à chaque minute?

Voulez-vous enfin que la France soit un peuple de frères et qu il n'y ait dans son sein d'autre distinction que celle qui est personnelle et qui est le prix du talent, inséparable de la vertu et delà probité?

Je vous demande vos suffrages ; car tous ces sentiments sont les miens depuis longtemps ; je les ai exprimés souvent dansle Patriote du Puy-de-Dôme ; et je sm"s heureux, en invoquant ici le souvenir de Trélat que vous avez tous placé en tète de vos listes, de pouvoir mettre mon nom à côté du sien.

Vous pourrez trouver assurément des voix plus éloquentes que la mienne, pour décréter tous ces principes et réaliser toutes ces mesures; vous n'en trouverez pas de plus consciencieuse et de plus zélée. Le jour où je recevrais celte grande marque de voire confiance serait le plus beau de ma vie.

DONIOL PÈRE, Juge de paix à Clermont, i9maril8i|8.

Les mardis et vendredis, à partir du 20 avril.

Liberté, égalité, fraternité. — Iîépublir(1te Français*.

9» ARRONDISSEMEl^T

Comité des ai»i$ de ta CoiiStftation

Le Citoyen

L'an des scrrr^taïres,

Celle carie est persoildie'Ik eioltne ser* admis <]v.t: snr sa ^réseMation

Salie du Prado, à 7 h.. 1{2 précises du soir.

Imp, et lith. de Simoiiel-Delaguetlo, r. Ste-Croix-de-Ia-Bret., 5i.

COMITÉ ELECTORAL DE LA ULE DLPQOT

(Avril et Mai;.

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RÉLMONS PHÉPAIIATOIRES !

f oMu: les Ef«c<lonfl gé^érileÉ eu éépartement de la Seine,

Les mercredis, i / licor» da soir, ci les dlDuocbes, i S karts. |

&o Hk^tot , nui: DUPHOT , 12.

Cette carte est personnelle et devra être présentée chaque fois.

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