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AUX CITOYENNES PARISIENNES

Mes sœurs en République.

Citoyennes ,

La République vous doit le quart de son existence, c'est par vos exhortations que vos pères, vos frères, vos amis, ont affronté la mitraille, le 2/t février.

Vous ave/ mérité de la patrie , citoyennes , et c'est pour cette considération que j'ai demandé au gouvernement provisoire de vous enrégimenter sous le titre de Vésuviennes.

L'engagement sera d'un an ; pour être reçues , il faut avoir quinze ou trente ans au plus et n'être pas mariées.

Présentez-vous tous les jours de midi à quatre heures, J/t, rue Saint-Apolline, où vos noms, prénoms, professions, âges et demeures seront inscrits.

Salut et fraternité,

Vive, vive et vive la République,

BORME, lîls.

Le 26 mars 1848, entre onze heures et midi, se réunissaient au pied de la colonne de la place Vendôme, une lé Rion de jeunos femmes de 16 à 30 ans, au milieu d'elles on voyait flotter une belle bannière aux couleurs nationale, sur laquelle on lisait, en letlres d'or, ce »'u\ mot : VÉSUVIP:NNES; à midi laléglon s'est rendue à l'Hôtel- (le-Viiif., pour demander oidc et protection au Gouvernement provisoire. La première communauté des Vésuvietints fut /établie .'i Belleville (v. la Voix des Femmes, du 28 mars 1848, p. 3, col. 3). (N. d. E.)

Paris.— Imprimerie LACOUt\ et Corap., rue Soufflot, 16,

Société Républicaine et Patriotique de FAtelier ''K

local provisoire : rue des Maçons-Sorboone , 13. AUX OUVRIERS.

Frères I

Nous avons fonde une Société pour assurer le triomphe de la Révolution et le maintien des droits que nous avons conquis.

C'est au nom de ces droits que nous venons vous parler aujourd'hui.

Des élections générales vont avoir lieu pour choisir les officiers de la garde nationale et les membres d'une assemblée constituante.

Frères , rendez-vous à ces élections : c'est le premier de vos devoirs envers la République. .

Remplissez le , et vous aurez la majorité dans les assemblées électorales ; choisissez parmi vous les chefs qui devront vous commander et ceux qui devront vous représenter à l'Assemblée.

Pas de modestie déplacée , pas de défiance de vous-mêmes dans cette circonstance ; vous avez été bons pour remporter la victoire, vous le serez encore pour en défendre les résultats.

Songez que de votre zèle et de votre foi en vous dépend peut-être le sort de la

France. § /i/^/ '"Tï ^^ * > 4 < •

Nous ne vouforfs'pâs%i vôûs'méttre en garde contre ceux qui ne font pas partie de la classe ouvrière; mais les ouvriers, formant la majorité de la population , doivent avoir parmi les officiers de la garde nationale et à l'Assemblée constituante une représentation en raison de leur nombre.

Si vous n'exercez pas avec l'énergie républicaine les droits électoraux que vous venez de conquérir, vous abdiquez votre pouvoir, vous faites acte de mauvais citoyens; prenez garde qu'on ne vous trompe encore; prenez garde dêtrc replongés dans la dépendance, dans l'infériorité dont vous venez de sortir si glorieusement. ,

Vous êtes forts, vous avez pour vous la justice, montrez que vous n acceptez de souveraineté que celle des lois fondées sur la liberté J égalité, \i\ fraternité proclamées par la République.

La Société patriotique et républicaine de TAtelier engage tous les délégués des corps d'étal, des diverses associations d'ouvrierset des clubs d'ouvriers, à se réunir le plus lot possible pour préparer des candidatures d'ouvriers, à élire comme députés à l'Assemblée nationale, et pour faire ensuite triompher ces candidatures par l'union de tous les démocrates qui veulent qi'.e les salariés soient nombreux dans les députés de Paris.

Paris. — Irap. d'A. René, rue de Seiue. (1) Voir V Atelier du 12 mars 1848, p. 89, col. 2. Idem, -21 mai, p. 154, col. i. Composition du bureau : Présivent, Corbon; vice- président, Oit, docteur; Danguv, Pascal ; secrétaires, Quenot, Gillaud, MUkt, avocai, ueuc deux, Gaillard; trésoriers, Gapron, Ronce. (N. d. ï..)

MANIfllSTE

Aux Électeurs de Paris.

« Que celui qui se sent plus digne se présente à sa place.

CITOYENS

11 existe dans notre cité un homme dont la vertu et l'humanité se sont élevées si haut, cjue son nom sera désormais une de nos gloires nationales les plus pures. — Yéritahic image des temps antiques, noble fils du peuple si justement fier de le compter dans ses rangs, Georges qui conduisait les Parisiens a la victoire le 2/| Février se dérobait après le triomphe aux ovations populaires s'écriant devant le peuple saisi d'admiration : « Camarades nous avons la victoire, je suis trop « heureux d'y avoir contribué avec vous, c'est là ma plus belle récompense, t Vive la République ! » et il s'enfuyait ai^vhs ces nobles paroles vers son humble

retraite C'est lui, c'est le brave Georges qui a pénétré dans la caserne des

Minimes et a obtenu avec toutes les armes qu'elle renfermait la reddition des gardes sans effusion de sang ; c'est Georges qui a pénétré, Tépée à la main dans la caserne Popincourt ; c'est lui qui a harangué le Général et l'Etat-major, et les a décidés à mettre bas les armes au moment où ils voulaient tenter le sort du combat, c'est là qu'il a exposé sa poitrine aux balles du peuple en l'empêchant de faire feu sur la troupe, arrêtant ainsi l'effet d'une collision sanglante qui pouvait avoir les plus funestes résultats. — C'est encore le brave Georges qui a obtenu., le 25 février, la soumission du fort de Vincennes au nom de la république, sans coup férir; là, Georges rendit un immense service à la patrie, en faisant mettn; l'arme au bras à de jeunes imprudents qui couchaient la troupe en joue, i et exposaient ainsi tout un peuple a être mitraillé par mille bouches à feu ; ce j fut là que le peuple affamé reçut du pain par les soins de Georges, et qu'ainsi , cette grande manilêstàtion populaire put déterminer la reddition du rempart le plus redoutable de la tyrannie, si elle avait eu le fatal courage de s'y rélùgier. A-t-on vu le brave citoyen dont le nom est désormais lié à l'immortelle révolution de Février? — L'a-t-on vu aller demander la récompense , pourtant si juste, de ses grands services? Non, mille fois non 1! Et, à l'heure qu'il est, les membres du Gouvernement provisoire, qui ont récompensé tant de services plus ou moins i réels ignorent encore jusqu'au nom et à l'existence de celui dont la vaillante j épée a pcM- d'un poids si lourd dans le succès de la cause nationale !! Ah 1 c'est que Georges qui a reçu du ciel l'inspiration sublime du dévouement pour ses frères; c'est que ce héros qui résume en lui toutes les vertus du chrétienet du soldat j patriote ne sait que combat Ire et vaincre.... Le prix de la victoire? Il l'a toute sa l vie dédaigné ; cl si nous n'en prenions pas ici l'initiative pour les faire connaître,

les services immenses qu'il a rendus à la patrie tomberaient dans l'oubli.,.. — I

La gloire de Georges commence-t-elle seulement en Février? Non . elle remonte jusqu'au commencement de l'Empire ; l'étoile des braves, cette fois non suspecte, étincelle sur cette noble poitrine où il n'y eut jamais de place pour les distinctions de faveur. Six médailles d'honneur dont chacune a été arrachée par une action d'éclat, dont chacune est un titre de gloire , le recommandent à l'admiration de ses concitoyens ; c'est à la vue de ces nobles insignes que le peuple se rangeait fièrement en bataille plus ardent à affronter la mort sous hjs yeux du courage personnifié, c'est au prestige puissant exercé par elles sur l'esprit du I peuple et des mihtaires qu'est due la reddition de 3 places importantes conquises 1 le 2^ et le 25 Février sans aucune effusion de sang; et le soldat qui s'inclinait i respectueusement devant elles sentait moins cruel dans son âme le grand sacrij fice de poser les armes sans combat. — Ce fut sur la place du Carrousel et sur la ! place de la Bastille que le peuple au nombre de plus de 30 mille combattants i signa et confirma, à sa manière, le titre de Général en faveur de celui qui l'avait j si vaillamment gagné, en le conduisant à la victoire, car il n'y avait là ni bureau, ni ministre pour contresigner l'ordonnance du souverain ; ce fut aussi sur ces deux places que le Général de par le peuple toujours modeste dans la victoire s'arracha violemment pourla troisième fois des bras des citoyens qui voulaient le porter en triomphe aux Tuileries, se dérobant ainsi lui-même aune ovation que tant d'autres auraient si ardemment désirée!!

Qu'est-ce donc que ce dévouement sublime qui s'élève jusqu'à l'abnép'ation la plus complète de soi-même, sinon la vertu républicaine dans tout ce qu'elle a de plus noble et de plus pur? Eh bien, tels ont toujours été les sentiments de Georges ; c'est ainsi que nous l'avons vu 11 fois couronné dans les joutes publiques refuser (lui pauvre) le prix de son adresse et de sa force, et en laisser généreusemAit la valeur pour le soulagement de l'infortune, comme aurait pu faire un riche ! C'est ainsi qu'après avoir sauvé des flammes deux enfants appartenant à une famille oi^ulente, Georges pourtant frappé par l'adversité en ce moment fuit le théâtre du sinistre et laisse son nom ignoré à la foule saisie d'admiration qui i le cherchait pour lui jeter des couronnes ! Il ne faudrait pas moins qu'un livre i tout entier pour mettre en lumière les belles actions de cette vie si j^leine, si remplie de faits éclatans ; ici, c'est une femme arrachée la nuit aux coups d'un assassin, là c'est un nombre considérable de victimes sauvées des flammes, lors de l'incendie fatal de Bercy; ailleurs, c'est une cargaison de vins sauvée des Ilots qui allaient l'engloutir ; et toujours après ces belles actions dont nous ne pouvons citer ici qu'une faible partie, Georges fuit et se dérobe à l'admiration de ses concitoyens avec le même soin que mettent les grands coupables à cacher jusqu'aux moindres traits de leurs crimes Tous ces faits sont attestés tant par

i les victimes elles-mêmes qui lui doivent la vie que par plus de 100 mille témoins. I 76 personnes des deux sexes ont été arrachées par Georges à une mort certaine

dans des circonstances différentes et des cas isolés Et jamais cet austère

républicain dont les vertus viennent avec un si rare bonheur de précision et

d'actualité se poser en exemple aux citoyens, jamais ce grand homme qui puise

j ses inspirations sublimes à la source même de l'Evangile, n'a voulu accepter

j d'autre récompense que celle qu'il puisait dans le témoignage de sa conscience

I si pure ! Quel beau modèle à imiter, et à montrer à tous, au début de noti'C jeune

République ! et combien cet exemple sublime peut heureusement influer sur nos destinées!» Epargnons, criait-il au peuple le 24 et le 25 Février, épargnons le f sanff de nos frères, car la i)lus belle couronne de la \icloire consiste dans un

. pardon généreux » .„. , . , m i > i i

Oui nous dira combien de milliers de victimes il a arrachées a la mort dans ces mémorables journées? — Mais écoulons M. de Salvandy entretenant, en 1838

l'Académie française des vertus du citoyen Georges Jean Marie Georges,

marchand de bois de bateau à la Râpée a droit à un prix égal, il a disputé à la .< Seine tout autant de victimes que Brune, on en comptait déjà 34, il y a long- « temps, et il continue : comme Brune il a fatigué les magistrats qui lui clécer- « naicnt'des médailles, il a fallu comme Brune le faire chevalier de cet ordre « du 19' siècle qui confond le guerrier, le magistrat, l'écrivain, le marinier in- « trépide de la Râpée dans une égalité d'honneur. Comme Brune enfin, il a re- « poussé toule sa vie le prix qui lui était ofl'ert de ses bonnes actions ; il est dans « ces âmes généreuses une fierté qui n'admet pas qu'il y ait de salaires pour de « tels dévouements. Dans un incendie, car la vertu de Georges est à l'épreuve « de l'eau et du feu, il a sauvé deux enfants d'une famille riche ; dans le grand <' incendie de Bercy, il est allé chercher dans les flammes les livres d'une grande « maison de commerce. Toujours il a tout refusé. 11 fois sa vigueur et son « adresse lui ont obtenu la victoire dans les joutes publiques: jamais il n'a

c accepté le prix. Pour Georges, il n'y a qu'une manière d'acquérir le

« travail. Faut-il ajouter que le travail lui a failli ? Il a été riche, son commerce « a péri dans des revers, fruits de sa confiance et de sa bonté. Alors il s'est fait « courageusement simple batelier ; et à deux reprises, les bateaux à vapeur qui ' sont sur nos rivières, comme les grands d'autrefois foulant les petits à leur « passage, sans même s'en apercevoir, ont coulé bas le batelet humble et dernière « fortune de Georges. Au nom de M. de Monthyon, l'Académie le lui rendra. Les " vivans n'ont pas toujours eu le privilège des soins de Georges. Il y a des morts <' pour lesquels ont l'a vu religieusement veiller sur son batclel. Au mois de Fé- -( \rier ISl/i, l'armée française, illustrant par d'admirables victoires les revers « publics, était arrivée presqu'en vue de cette capitale. Elle se reporta vivement « sur Montereau, dans l'élan de deux combats, enleva ses collines escarj)ées, et « disputant à l'ennemi les rives de la Seine, se saisit du pont sous un feu terrible. « Elle le joncha de ses morts. Georges, bien jeune alors, était tristement sur son « bateau, recueillant avec respectles soldalsfrançais, disputant aux flots leur dé- « pouille, cl rendant à la lerreles bravesqui étaient morts en combattant l'étran- « ger. Qui nous eût dit dans le morne et douloureux abandon de nos revers, « qu'i.n Fran( aïs obscur prenait ce soin pieux de dos frères d'armes ! Qui m'eut « dit fju'un jour, à cette place, je viendrais l'en remercier au nom de l'armée, au «' nom delà France, et que je vous devrais, Messieurs, l'honneur de lui décerner • une couronne? » — Ecoutons encore le Grand-Mailre de la loge des Amis Irioniplians décernant \me médaille à Georges le 1" Février 1848; comme entraîné, sans le savoir, ])ar une insjtiralion prophétique, il avait vouluglorilierpubli(ju<inenl le grand citoyen dont le courageux dévouement allait dans quelques jours «Ire si utile à la patrie, et rér(inîj)enser ses nouveaux services par anticipalion. E .-. Ghap . -, des amis triouiplians : «Monsieur, sur ma proposition et pour

yi rendre hommage au dévouement et au courage dont vous avez tant de foi» <r donné des preuves à l'humanité, la loge des amis triomphans désirant per- « pétuer votre belle conduite vous a décerné une médaille ; en conséquence je « vous invite, Monsieur, à venir vendredi prochain k du courant, à 5 heures préce cises du soir, rue de Grenelle-S'-Honoré, 45, recevoir la récompense de votre « belle conduite. Signé Durochez. Paris 1" Février 18/i8. » Vingt jours après cette nouvelle marque d'honneur qui est environ la centième, Georges volai l au combat, il disciplinait les masses inexpérimentées et sauvait la patrie par mille traits d'héroïsme que nousnepouvonsconsignerdansuncadreaussi étroit. Tel est, Electeurs de Paris, le grand citoyen, nous dirons le héros que ses belles actions recommandent à vos suliragespourla députationàrAssembléenaiionaksvousn'oubherez pas que la vertu est de tous les partis, de toutes les opinions — La modestie qui est le cachet particulier des grands hommes, prête un nouvel éclat au nom de cet illustre citoyen et doit d'autant mieux déterminer vos suflrages en sa faveur qu'il ne les a point brigués. — Sans doute, Georges n'est pas riche, mais il a un trésor de vertus, et son cœur brûle du plus ardent amour de la pairie; non, Georges n'est pas riche, mais le pauvre vote aujourd'hui ; et c'est précisément parce que Georges n'est pas riche qu'il saura mieux défendre les inlérèlsdu pauvre. ... On compatit toujours mieux aux maux qu'on a soufferts soi-même. — Georges n'est pas un orateur, mais les orateurs ont toujours moins fait défaut dans nos assemblées que les hommes de bien; il n'est pas orateur, mais en revanche, il possède le sens moral au plus haut degré, il est intègre, loyal, consciencieux et ferme dans ses opinions.— Voilà pourquoi, nous, simples citoyens, témoins de tant de vertus, nous avons voulu vous les montrer, ailii qu'il put vous être donné de les récompenser — En décernant à Georges les honneurs de la Représentation nationale, vous glorifierez le peuple dans la personne d'un de ses plus nobles enfants; vous récompenserez le mérite, le courage et les plus hautes vertus dont s'honore l'humanité.

Que faut-il de j:)lus pour déterminer vos suffrages?

F. de SAINT-HILAIRE, LANGLOÏS, CHAPUIS.

délcgué du Club. Renlier.

des Ateliers Nationaux.

AVIS ("

La Caisse générale du Commerce et de l'Industrie , se trouvant dans l'impossibilité de réaliser immédiatement la majeure partie des valeurs et des créances qui représentent son actif, et assurent le paiement de ce qu'elle doit , est dans la nécessité de cesser ses paiements , et de se mettre en liciuidatioa à partir de ce jour.

Les gérants vont s'empresser de convoquer les créanciers pour leur soumettre

la situation financière de cet établissement.

l^aris, le G mars 4848.

(l) Affiché rue Laffîte, à la porte de la uiaisou Jouin et Comp. (N. d. E.)

ADRESSE

DES

DÉMOCRiTES-IClRIENS DE BORDEAUX.

-aroaœ="

ThÈS CHER ET TRÈS VÉNÉRÉ PÈRE ,

Nous avons eu communication de votre manifeste icarien.

Cela a donné lieu à une réunion nomlîreuse de vos enfants de Bordeaux, qui , à l'unanimité , ont jugé convenable de le faire réimprimer, afin de le répandre ici.

Mille exemplaires de cet écrit sont déjà distribués dans les classes laborieuses. Nous voulions le placarder par toute la ville : mais l'autorité agonisante s'y étant opposée, nous nous sommes rappelé vos principes de paix et de modération, et nous n'avons pas voulu passer outre, dans la crainte de vous déplaire et de nuire à la sainteté de notre cause. Cependant , si nous avions le droit de placarder , et que vous jugiez à propos que nous usions de ce droit , nous le ferons avec d'autant plus de plaisir, que nous sommes persuadés de faire un grand nombre de prosélytes , par ce moyen.

Ici, on s'épouvante de tout ce qu'on ne connaît j^as, même de la République, à laquelle beaucoup de gens, voire des plus notables, ne croient pas encore. Les aristocrates ont tellement incrusté leurs idées dans les cerveaux de leurs exploités, que ces derniers arrivent difficilement à comprendre que leurs intérêts ne sauraient être les mêmes que ceux des hommes vivant des sueurs du travailleur qui portent leur joug. ^

Nous voudrions, si vous le jugiez opportun et utile , professer à Bordeaux, un cours icarien exactement conforme à vos divins principes. Quelques-uns de nos Iréres , hal>ilu<'s au professorat, orateurs expérimentés et fait? aux discussions politiques, se chargeraient volontiers de celte tâche, quel que pénible quelle put être. Toutefois, nous ne ferons rien sans voire approbation préalable.

Uec*>vez, 1res cher et très vénéré père, les salutations de vos enfants soussignés, rcprésealanl tous les icariens et icariennes de Bordeaux.

[Suivent vingt-une signatures. )

Voir le Populaire du 'i mars 1848, page 2, col. 2.

ADRESSE

DE LA

TYPOGMPfflE PARISIEME

Aox lembres composant le Gouvernement ^provisoire de la Répulilique Franç-aise.

Citoyens,

La typographie parisienne éprouve le besoin de vous faire part de l'impression pénible qu'a j^roduite dans le public , en général , et chez elle , en particulier, le maintien du timbre pour les journaux et écrits périodiques.

Les typographes rougiraient, en présence d'un principe aussi sacré que celui de la libre pensée, d'invoquer des considérations toutes matérielles.

Si le timbre appliqué aux journaife nous paraissait une mesure utile, dût cette mesure fraj^per de mort les nombreux organes de la presse qui sont venus saluer le réveil de la liberté, nous l'appuierions de toutes nos forces.

Mais parmi les institutions liberticides inaugurées ou conservées par le pouvoir déchu , nous avons toujours placé au premier rang la législation sur la presse.

Le cautionnement créait un monopole de rédaction et de fondation ; la haute bourgeoisie seule pouvait avoir des organes.

Le timbre , d'un autre côté , monopolisait la lecture des feuilles publiques ; il fallait, pour prendre un abonnement, payer au fisc un impôt annuel de 18 à 20 fr.; le prolétaire ne pouvait avoir son journal.

La révolution s'est faite au nom de la liberté ; le timbre n'est pas une question d'impôt, c'est une question de liberté.

Le premier cri du peuple a été : Il nous faut de l'instruction.

Eh bien ! dans les circonstances où nous nous trouvons, la seule instruction efficace, accessible à tous, c'est la presse à bon marché. 11 n'y a que la presse qui puisse initier le peuple au rôle politique qu'il aura à exercer prochain emejit dans les élections. 11 n'y a que la presse qui puisse stimuler le zèle des citoyens et leur gue déslu

Car

campagnes. Les nombreux établissements publics permettent du moins aux ouvriers des villes de lire parfois les feuilles du jour; mais combien de comniuiu^s en France où l'on n'a jamais vu de journaux , parce qu'à l'impôt du timbre, 18 fr. , l'habitant des campagnes doit ajouter encore l'impôt de la poste ,

ili fr. 50 c. ; en tout , 32 fr. , et plus d'impôt annuel pour savoir ce qui se passe dans son pays, pour apprendre à connaître, à chérir, à défendre la liberté.

N'oubliez pas, citoyens, que la liberté et 1 instruction populaire sont des considérations d'une tout autre importance qu'une mesquine question d'impôt, dont il vous serait facile , au besoin , de combler le vide , par la suppression des sinécures et la réduction des traitements exorbitants établis jadis par un pouvoir dilapidateur.

N'oubliez pas que , si le gouvernement a besoin d'argent , le peuple a encore plus besoin d'instruction.

Recevez l'expression des sentiments fraternels que vous portent vos concitoyens.

Pour la typographie parisienne ,

Les membres du Comité :

BARRAUD, président, et tous les Membres du Comité.

Voir le Peuple constituant du 4 mars 1848, et la Réforme du 19 mars 1848, pag. 4, col. 1. (Art. sur la fondation du Club typographique, signti Masson, vice-président.)

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