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PROFESSION DE FOI POLITIQUE

Se portant candidat dans la Manche pour la dépntalion à l'Assemblée

Nationale.

Citoyens de la Manche, mes compatriotes,

Une nouvelle révolution vient de s'accomplir en renversant la royauté et en instituant la République : en voici les raisons et les conséquences, en ce qui nous concerne.

La bourgeoisie des grandes villes, cette classe oppressive pour tout ce qui n'est pas elle, parce qu'elle est sans lumières et qu'elle n'aime que le luxe et l'ostentation, c'est elle qui, depuis 300 ans, depuis Louis }^I et Louis XIV (1), mais surtout depuis 11 ans, opprime la population rurale et le peuple de l'industrie, et travaille à avilir les travaux des champs. Des aigrefins, des muscadins, n'ayant rien de viril, fringants et pimpants, les bottes vernies aux pieds, des gants jaunes toujours aux mains, la face blême, les cheveux noirs, mais le cerveau vide : voilà la race, voilà la faction qui méprise tout homme qui ne change pas ou ne peut p;is changer de vêlements et de modes tous les matins, mais par dessus tout l'homme du peuple et l'homme naïf et simple, mais loyal et bon, de la vie rurale, de la vie de la terre, auxquels il n'a manqué souvent qu'une éducation de collège et impeu de loisirs pour être, l'un et l'autre, des hommes cent fois plus profonds, plus larges de vues, d'idées et de pénétration, qu'eux.

Dans nos arrondissements aussi, chers concitoyens, depuis o5 ac.s qu'un système él(>ctoral mensonger et fallacieux des chartes de 181/t et 1830, il s'est formé une petite armée d'individualités vivant exclusivement de la vie bourgeoise et n'aimant que la bourgeoisie; cette petite troupe, élayéc d'un certain nombre d'.'icolytes pris dans la sociéti' ])Ourgeoise, mais qui, vivant presque exclusivement aux dépens des populations rurales par les procès et les chicanes, se mo- (juauMît d'elles et s'en servaient comme d'un marchepied dans les élections du système renversé, pour monter et s'imposer aux faveurs et à la considération : nous voulons parler de celte coUuiejusle-miîieu d'enrichis dans nos troubles ci-

fl) (> fiiiTiU or-s i»rinci|.cs imiiioiaux qui firent, l'un cl l'aiilrc, le (Icfinilif triomphe tif^urpatcur de la riassp X.iirgeoisc sur ce qu'on a ai.|.elé à U.ii les hommes de la féodalité, qui n'étaient alors, à la réserve < e <iii<M(|uos collntrratix de la (hinuslic et clrs ailles ileux, tyrans (>t hautains sur les populations de leurs

ï;*'!''' ;.' T"; ''"^ •';"»•"''« <)« l.i lorro , tes hommes de ragriculturc et des masses. La faction historique

inicxrii-i.mzol m^nl a la mciaphjsiquc, l\ Ihisloire, à la morale, sur tous les points.

vils et politiques, depuis 50 ans, et des officiers ministfîriels (1), de cette classe qui trône sur les populations et dont les offices ne peuvent manquer d'être révisés par le gouvernement populaire ; avec un certain nombre d'avocats et de juges qui l'ont été : cette coterie, dis-je, exploite et méprise aussi les masses rurales et urbaines de nos contrées.

Voyez qui faisait la fortune électorale de la plupart des députés de la chambre, de cette fameuse chambre que le peuple et les hommes loyaux de Paris viennent de faire sauter par les fenêtres! C'étaient, par arrondissement électoral, deux ou trois avoués, quelques notaires, des huissiers en sous-ordre, des placeurs de capital en rentes iisuraires sur de pauvres cultivateurs qui travaillent toute leur vie pour eux, quelques avocats et juges l'ayant été, des enrichis par les biens nationaux et Vusure, des agents d'alfaires et régisseurs de fermes, pillant de toutes mains et opprimant de malheureux fermiers, presque toujours à l'insu des propriétaires leurs commettants, et se faisant sur eux, par des pots-de-vin, par l'usure et des extorsions, les fortunes scandaleuses que nous voyons dans toutes les villes du pays, en quinze ou vingt ans! Ces intrigants politiques, ces impudents civils là, étaient la nouvelle féodalité de la contrée; tout relevait d'eux, il n'y avait de faveur et de notabilité que pour eux et qu'en eux. Places de juges, perceptions et recettes, faveurs dans l'armée, places de conseillers et présidences de cours, sous-préfectures, gérances de biens, grasses clientèles, mariages combinés en vue des richesses bien ou mal acquises, flatteries au pouvoir immoral, et appui donné en toutes circonstances aux fripons bien vétns. Voilà quelles étaient les occupations et les mobiles de cette coterie.

La plupart des arrondissements devenaient ainsi la propriété de ces faiseurs, qui s'entre-passaient, avec le député, leur général, la rhubarbe et le séné pour tout ce qui était gouvernement, administration et avantages sociaux, en laissant de côté les intérêts de nos contrées, comme ceux du pays tout entier; ceux de l'humanité, par rapport à l'état anormal des esprits et du monde depuis si longtemps, depuis la réforme de Luther et les innombrables découvertes dans les sciences physiques, mathématiques et théologiques, qui en ont été la conséquence. Entre autres la connaissance, immense pour la forme politique des sociétés, de la constitution et des lois de l'univers, de celles de la terre que nous habitons, explorée aujourd'hui dans tous les sens, et de la place relativement secondaire qu'elle occupe dans les mondes, mondes aussi certains dans les espaces qu'il est certain que la ville de Saint-Lô existe et que son église a été à diverses époques, allcr/iativement et même simultanément, épiscopale avec celle de Coutances.

Les souvenirs historiques et glorieux des populations de nos contrées, d'abord sous le nom d'Liielliens, de Gaulois de la deuxième Belgique, de Neustriens de la contrée sacrée par excellence et gouvernementale dans toute la Gaule, par rapport au grand chapitre et au collège druidique situé dans le pays des Carnutes, depuis Chartres jusque chez nous, et puis le siège de Varchidruide, avec une dernière et

(I) Parmi ces officiers, il y en a beaucoup , dans notre pays d'agriculture, qui sont et ont toujours été des hommes de conscience, et qui ne se livraient ^ aucune intrigue : ce sont des hommes esl^âbles , et ce que nous disons ici ne les regarde pas.

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plus haute science, ou science ësotérique ou réservée pour les hautes intelligences, qu'il y faisait enseigner, et qui étaient situées dans l'ile de Jersey/et en Angleterre dans l'île de Wight, en face de Cherbourg.

Dans des temps postérieurs, les courageuses, les loyales et si gouvernementales races normandes, qui ont tant ennobli les champs AnCotentin, de VAvranchin, du Bocage ou comté deMortain, illustre dans la vie et la franche cordialité féodales; en Italie, en Sicile, en Grèce ; aux croisades, toutes les races d'illustre mémoire de notre contrée qui les accompagnaient. Ces hommes des croisades, de la première croisade surtout, la seule politique et qui montrât quelque entente de la marche de l'esprit du monde, de 1079 a 1102, étaient tout ce qu'il y avait de plus instruit en science sociale et politique alors en Europe. Ces nombreux chevaliers, ces valeureux et si loyaux hommes de la terre qui les accompagnaient, qui faisaient corps avec eux sous le nom d'écuyers, de compagnons, de sergents d'armes, de varlets, tous hommes, chers concitoyens, qui sortaient de toutes les familles de nos contrées, et familles qui, loin d'être des serfs et des esclaves comme tant l'ont supposé et le supposent peut-être encore par erreur, étaient des hommes libres, cultivant leurs terres et payant leurs rentes quand ils en devaient, et pouvant changer de domicile à volonté. Ceux qui pensent le contraire de cela sont trompés par la lecture d'ouvrages erronés faits par des hommes superficiels qui avaient généralisé ce qui existait de leur temps ou avait existé, mais seulement dans leurs provinces ou d'autres pays : entre autres dans la Gaule moyenne et méridionale, peuplée de la race romaine ou latine, où l'agriculteur, l'homme rural dans les temps féodaux et même encore aujourd'hui, quand il n'est pas propriétaire lui-même, n'était et n'est qu'un malheureux artisan rural : \e colon journalier, et souvent esclave du droit romain, sans matériel ni applets ni bestiaux, sans mobilier ni semences, et qui cultivait et cultive à moitié fruits avec le propriétaire, sous le nom de colon partiaire.

Mais ici, dans ce moral et si tranquille pays de notre département, le fermier, l'agriculteur y a toujours été à peu près ce qu'il y est aujourd'hui, maître de luimême, possédant son matériel d'exploitation quand il n'était que fermier, et se possédant lui-même, et passant, quand il avait acquis de l'aisance, comme cela avait lieu en Germanie, le pays de presque tous ses premiers ancêtres, dans les rangs des nobles hommes et des chevaliers. Mais il ne cessait pas pour cela de rester bon compatriote avec ceux qui avaient un peu moins de talent et de bonheur que lui. 11 devenait leur officier, rien de plus. Or, de l'officier au soldat il n'y a pas l'intervalle de l'esclavage, il n'y a que l'autorité du savoir et du courage supérieur de plus.

A la conquête de l'Angleterre et dans les grandes guerres que ce pays a eu à faire à toutes les époques depuis deux mille ans, toujours ou presque toujours le fils de ce qu'on appelle le paysan aujourd'hui, quand il était à la bataille, si son seigneur ou patron perdait la vie, il se saisissait à l'instant de son épée, montait sur son cheval et se mesurait contre l'ennemi au milieu des autres chevaliers, qui le traitaient comme eux.

Qu'on ne vienne donc pas dire à Paris ou ailleurs, en parlant de l'homme de la charrue et de la vie rurale (au moins pour la Normandie), comme font depuis dix-scpf ans les journaux de la classe bourgeoise, le Siècle, le Constitutionnel, les

Débats : Les paysans, le droit électoral ne peut être confié qu'à la population lettrée et éclairée, et non aux populations ignorantes des campagnes. J'espère bien, mes chers concitoyens de la ville et des champs, car tout le monde est de la terre chez nous, qu'il se fondera des feuilles rédigées moralement, qui auront en vue comme lecteurs la paisible et respectable population rurale de notre contrée.

Cette population, dont les famUles, presque en masses, sont anciennes comme les contrées qu'elles habitent. Les chroniques normandes de Matthieu Parisy de la Tour de Londres, d'Orderic Vital, des abbés du M ont-Sainl- Michel, et de vingt autres abbayes, qui datent de quatre, de six, huit cents ans, de mille ans, contiennent des centaines, des milliers de noms de nos concitoyens, de familles alors illustres et toutes ruinées depuis des siècles par les races parlonentaires et bourgeoises de Paris et de Rouen et leur politique anti-sociale, et qui existent encore presque toutes aujourd'hui dans nos campagnes, perpétuées qu'elles se sont dans ces longues séries de siècles, par des mariages légitimes, par des mariages contractés conforaiément aux rits religieux et domestiques, à la différence de la race bouijeoise qui nous opprime, dont un très grand nombre, presque la totalité, en la prenant dans la série des générations, sont et ont été des races de deux jours, recrutées ou créées par la bâtardise et l'immoralité, et qui n'ont pourtant, depuis des siècles, cessé de travaillera nous avilir et à nous abrutir, pour nous exploiter et nous asservir; d'abord, en nous ruinant par leur luxe, par l'usure, et puis par les décrets et les expropriations, et, en outre, sous la forme de toutes ces innombrables sinécures et occupations écrivassières qui n'en sont point, qu'elles ont créées à leur profit sur nous dans le gouvernement, transport et fixation de toutes les juridictions dans leurs murs, intermédiaires de chicane obligés, ne servant qu'à nourrir et embrouiller les contestations :

Dans la révolution, en nous enlevant toutes nos bibliothèques qui étaient dans les couvents, les abbayes, les prieurés, les cures ruraux, pour les porter à leurs villes, et puis par la fixation de tous les collèges dans leurs murs, nous ont privés depuis lors de la possibilité de toute éducation classique pour nous et nos enfants.

Dans l'institution des bourses pour les collèges royaux, en les mettant toutes dans les mains des municipalités urbaines à l'exclusion des campagnes. Ce qui a produit cette armée de rhéteurs secs et cupides du système renversé, travaillant à démoraliser les populations pour les dominer, et dont pas un, depuis quarante ans, n'a montré qu'il y eût en lui la moindre étincelle du feu sacré!

C'est là ce que la race bourgeoise, haut juste-milieu, a fait par Bonaparte, par les Bourbons de la branche aînée, et, par dessus tout, par la race, si Justement expulsée, des d'Orléans.

En effet, si un homme lettré, ami de l'enfance et charitable, prêtre ou laïque, s'avisait, depuis cinquante ans, de vouloir donner, dans les campagnes, quelques leçons de latin ou de grec à des enfants méritants de ses voisins, vite l'armée des procureurs du roi et des juges d'instruction, tous fils de bourgeois, couraient sus et le traînaient à la poHce correctionnelle pour le faire condamner à l'amende, pour lui faire expier son abnégation, la bonté de son cœur, d'avoir voulu épancher son esprit et son âme sur quelques enfants méritants de ses semblables.

Aussi l'homme de la campagne, depuis la ruine de la République, n'a plus pu

faire donner aucune éducation classique à ses enfants, à moins qu'il ne les envoyât aux collèges des villes, souvent très éloignés, en s'en privant d'une manière absolue ; et c'est ce qu'il ne pouvait presque jamais faire, parles frais trop grands de pension et d'études, et par la crainte qu'ils ne fussent mal traités ou ne tombassent malades.

En sorte que l'homme rural, le père et la mère de famille, souvent descendants directs des races les plus illustres et les plus vertueuses [et vertus qui sont encore souvent dans leur âme ^HOï^we appauvris) des siècles antérieurs, se voyaient ;?rwîe^, subordonnés, abaissés dans leurs descendants pour une faction des villes, née souvent des femmes entretenues et de catins, et bâtards eux-mêmes, fruits de l'immoralité, et immoraux et déloyaux comme leurs parents d'aventure, mais qui avaient fait leurs classes ou des classes, parce qu'ils étaient nés à la porte du collège. Or j'espère, mes chers concitoyens, que vous êtes d'avis qu'il soit remédié à cela, et que des écoles d'enseignement classique, que des institutions d(! plein exercice ou des établissements complets d'enseignement, seront aussi fondés ou placés à la portée des populations des campagnes, comme il en a été fait pour les populations des villes. Et si vous voulez bien m'iionorer de vos suffrages, je vous promets que je m'emploierai au redressement de toutes ces iniquités, comme à celles résultant d'une foule d'autres points qui nous regardent, et à la défense des principes sociaux qui pourront avoir besoin d'appui dans ce passage de l'ordre ancien à l'ordre nouveau.

Par exemple : de demander le remaniement et la subdivision des juridictions, pour rapprocher le juge du justiciable ^ et deux ou quatre assesseurs (1), pris dans la population du lieu, à lui associer en premier ressort, pour pouvoir prononcer comme jurés, eux, et lui, comme légiste, sur les faits et le procès, au civil comme de simple police ou de police correctionnelle, et expédier promplement les afïaires, sans écritures ni presque de plaidoiries ni de frais ;

La diminulion et le remaniement des octrois à la porte des villes pour l'entrée de vos denrées ou pour ne pas surcharger les objets de consommation contre l'habitant pauvre; une très grande diminution, une abolition même de tous droits sur le sel, si la chose est possible; de même sur les cafés et sucres, sur les boissons, sur les fers, sur les houilles, sur les ports de lettres, sur tous les objets enfin de première nécessité du corps et de l'esprit;

De demander ou d'appuyer les mesures les plus larges en faveur de l'agriculture, soit comme allocations de fonds, soit comme enseignements, productions et disiribulions délivres, fondations d'écoles, de fermes, d'institutions de crédit, de fêles, etc.;

De défendre et de proléger en toutes circonstances les principes de la famille, (lu loyer domestique et de la propriété', comme principes primordiaux de toute société, et sans lesquels il n'y aurait plus ni société ni civilisation, mais barbarie.

be perfeelionnemenl des voies de communication par chemins de fer étant un fiit ac(jnis anjourd'hui aux sociétés, que dès que le pays sera constitué, qu'il sera rassis de la secousse qu'il vient d'éprouver, et que l'état de nos finances le

(1) De manière à former un tribunal do trois ou cinq juges.

permettra (1), qu'une grande artère par un chemin de fer, partant de Cherbourg, notre grand port militaire, et qui deviendra aussi commercial à présent que nous allons disposer de nous, qu'une grande artère, dis-je, partant de Clierbourg et de Granville, et longeant toute la Normandie vers Paris ou les pontréps centrales du pays, avec des embranchements sur nos centres importants de population et courants d'alFaires, seront faits par l'État comme il en est lait au travers des autres provinces et départements ; du Nord, de l'Est et du Midi, ou c'est que la République, par une cause ou par une autre, ne ferait pas travailler aux chemins de fer. Car si elle y faisait travailler sur d'autres lignes, nous saurions bien, d'accord avec la députalion de notre belle province, faire respecter nos besoins. A la différence de cet ordre monarchique immoral et concussionnaire, et de ces députations énervées par épicuréisme et égoïsme qui viennent d'être renversés ; députations qui ne s'en occupaient pas ou presque pas, et qui, pour courir après des questions en l'air, des questions ronflantes et vides d'application, mises en avant par la presse bourgeoise et des charlatans politiques, passaient leur temps, épuisaient leurs forces pour des choses qui ne touchaient en rien à nos intérêts. Il faut enfin que la Normandie redevienne dans 14. granPP

UNITÉ FRANÇAISE, LA NATION BRAVE, LA NATION SAVANTE, LA NATION MORALE, LA NATION

PRATIQUE ET RAISONNABLE qu'elle EST EN RÉALITÉ, et qu'elle participe à toutes les fonctions et influences sociales dans le gouvernement et l'aiministration du pays ; aussi bien que les hommes et les intérêts des provitices du midi, qui les ont toutes ou presque toutes depuis deux cent cinquante ans, par l'ignorance et la trahison, contre les populations de l'agriculture, de la famille des Çapets! de cette fanjJUp de comtes, de bourgeois^ les Eudes, les Robert, les Hugues et tous Jeups succes.seurs, qui n'avaient, depuis 800 ans comme il n'y en a encore que 20, pour affidés et protégés que la faction égoïste et orgueilleuse haute-bourgeoise et parli^ mentaire qui en sortait, de la hanse ou commerce de Paris par la rivière 4fi Seip^. C'est cette famille dynastique avec la faction haute-bourgeoise son acolyte, qui ont nps les pojDulations rurales et de l'agriculture sur |joute la surface fie ce grand pays de iîrance, les familles nobles comprises qui étaient des famille^ de la terre et de la vie rurale (car pour une grande partie des nobl<^s titres vivant dans des villes ou n'allant à la campagne l'été que pour )a forme cjaps des niftisons de campagne, et qui, il y a encore den?i jours, roulaient carrosses arnigrips dans les rues de Paris cl des grandes villes, ce sont des nobles de la fabrique des Bourbons qui n'ont cessé d'en fabriquer 4t'puis 1270), dans l'étal de déniinient et de malheur où elles sont depuis si longtemps, mais de plus en pWs aujouiv d'hui, auprès de l'aisance, de la dignité et des lumières qui caractérisent les populations agricoles dans tous les autres états de l'Europe !

Eh 1 mes chers concitoyens, il n'y a pas besoin de s'occuper ni de se préoccuper des Prétendants! Quand on saura, quand on sait que la fauiille, d ailleurs on ne peut plus ignorante à toutes les époques, des I^ourbons, (jue (jes Bourbons, de pères en fils, n'ont jamais eu d'affection que powr ^^^ jjourgeois, en génétvjj,

(i) Il est même questin déjà de faire rentrer l'Etat dans la possession de tous les chemins de fer faits et à faire, afin d'avoir des occupations utiles à donner au peuple. Pans ce cas, 4e daoïauder que notre province §oit étudiée, et qu'il soit lait l^'availler sur la ligue de notre départemeul.

auxquels ils ressemblaient par leur ignorance de l'histoire et leur dégoût héréditaire pour toute lecture des choses sérieuses, et par le lien de la haute-bourgeoisie et de la Jianse de la Seine, et pour ses fils, sous le nom de légistes, procureurs et juqeailteurs éaoïstes et hautains de l'ancien parlement de Paris et des autres parlements, qu'ils ne cessaient d'anoblir, comme si on pouvait faire des nobles, comme a dit de Maistre, qui seuls se font ! Qu'est-ce, chers concitoyens, qui aurait assez peu de jugement pour venir proposer d'introniser Henri V, ce rejeton si incapable à l'imitation de ses pères, ou les fils de son parent, fils du roi expulse? Si des impossibilit(^s rapprochées ou éloignées conduisaient à de pareilles propositions , c'est qu'il n'y aurait plus en France qu'une population pervertie en masse, une population sans amour ni esprit d'obéissance ni de modération, et alors ce ne serait plus de Prétendants qu'il s'agirait, mais d'une domination de l'étranger ! On ne peut pas admettre cela.

Si vous m'honorez de vos suffrages, mes chers concitoyens, je vous promets de travailler de toutes mes forces à V accomplissement de ces divers points, comme à ceux qui touchent la nomination et les rapports si importants des curés des communes avec les habitants ; ceux de l'évéque avec le clergé inférieur et le gouvernement, par l'élection d'abord des curés et vicaires, parles fidèles, sur les indications et les renseignements paternels de l'évêque; et puis pour le choix de l'évêque lui-même, par les prêtres et la population du diocèse, comme dans la primitive église, et cela sur les renseignements moraux, de conseil et de conciliation du souverain pontife, pour le maintien de l'unité des dogmes et des pratiques fondamentales du culte ; et de ceux du chef du pouvoir exécutif de la contrée, préfet ou autre, comme il convient à un peuple qui se gouverne lui-même, mais qui le fait par la paix, la raison et le bon lien de toutes choses, afin que Dieu soit avec lui. Les populations aujourd'hui meurent d'ennui aux offices dans les églises. Les exercices religieux ne sont plus que chose de plastique et banale; il faut que la vie, la science, l'amour charitable et la douce gaîté rentrent ou entrent dans le temple et dans l'assemblée religieuse des fidèles et du prêtre, par une bien plus grande liberté laissée au prêtre, et par un enseignement théologique qui embrasse les lois du monde physique comme celles du monde spirituel : qui embrasse toute la science sous les formes de la jDoésie et de la synthèse; à la différence de l'enseignement de l'école, qui l'enseigne, lui, sous les formes didactiques et scientifiques de l'analyse. Ce qui sera autrement nourrissant de l'esprit que ces prédications, au style et au vide académique, des offices d'aujourd'hui.

Les ports de Graiiville et de Cherbourg, ainsi que ceux de plusieurs de nos localités maritimes et nos havres, demandent des travaux et de grandes améliorations. Le dernier gouvernement en avait projeté. Ces travaux doivent être entrepris ou repris là où il y a eu un commencement d'exécution, sauf les modifications que l'ordre nouveau peut demander. J'insisterais pour cela si j'étais nommé, parce que c'est indispensable à la vie et aux progrès de notre contrée dans la civilisation.

Quant à la forme à donner à notre gouvernement par la constitution attendue, de savoir s'il y aura une chambre unique avec une présidence, ou un comité directoire, de trois ou plus de membres, ou bien deux grands corps législatifs,

sous des noms divers, de sénat et de chambre ou conseil, avec présidence unique ou multiple aussi ; la fixation et division des départements ministériels et administratifs du pouvoir exécutif, la détermination du nombre d'années des législatures, les modes d'élection pour tous les ordres, et autres dispositions formant la constitution du pays, etc., vous me permettrez, mes chers concitoyens, de m'abstenir d'émettre un sentiment dès aujourd'hui, sentiment qui ne peut être émis, d'ailleurs, comme bien on lèsent, sans témérité, que sur les grandes discussions et délibérations à I'Assemblée Nationale; que ces graves questions ne pourront manquer d'amener.

Voilà, citoyens, très en abrégé un aperçu de ce que nous sommes et des heureuses conséquences à attendre pour nous, si nous conservons Dieu au milieu de nous, c'est-à-dire la bonne foi entre nous tous, dans l'institution du gouvernement républicain.

Les honorables négociants et armateurs de Granville, comme ceux du port de Cherbourg, les commerçants dans les affaires de la pêche maritime, ceux du cabotage sur toutes nos côtes et dans nos ports et havres, les marchands honnêtes et si estimables qui composent les bourgeoisies de nos petites villes, toutes empreintes et animées de l'esprit de la terre et de la culture, ont trop d'esprit pour prendre pour eux et elles, et après nous avoir lu, ce que nous avons été. à grand regret, obligé de dire contre la haute bourgeoisie en France, qui ne s'applique bien qu'à Paris et à quelques grands centres d'un mercantilisme exagéré et corrupteur. Mais mercantilisme qui, venant bien vite à perdre ce qu'il a d'usurpateur et de guindé par l'établissement du gouvernement du pays par le pays, laissera les citoyens qui l'exercent dans les positions naturelles de leurs localités et de leur activité, n'aura plus rien que de salutaire et d'honorable. Et alors le pays, les populations tout entières de ce grand pays de France, fraternellement liées et unes dans leurs diversités climatériques, ne craindront plus rien des peuples étrangers, peuples, d'ailleurs, qui seront très vite amenés à réformer ce qu'il peut y avoir de factice et d'injuste dans leurs propres institutions, à notre exemple.

Telles sont, mes chers compatriotes^ et dans les termes, les choses que nous avons à attendre. La contribution de qu:r ante-cinq pour cent que vient de 'frapper le gouvernement provisoire comme nous terminions cette profession de foi, nous a vivement affecté, car elle va frapper en plein sur notre population agricole, pauvre en général, et déjà très surchargée. Cette contribution ne portera, il est vrai, que sur la seule année 18/t8 : elle est due à l'état déplorable où le gouvernement renversé a laissé nos finances. Mais c'est un motif, et j'appelle votre attention sur ce point, mes chers compatriotes, qu'il vous faut donner votre mandat, dans la si grave affaire des élections qui vont avoir lieu, à des hommes pratiques, instruits par la lecture de l'histoire ou V expérience. Normands par la naissance et par les sympathies, et non à de purs littérateurs étrangers qui ne connaissent ni nos intérêts ni nos besoins, et qui ne seraient peut-être, dans le cas actuel, que des idéologues dangereux. Il y aura, d'ailleurs, bien assez de littérateurs et d'auteurs à l'Assemblée attendue. Ce seront des hommes pratiques,

positifs et froids, comme nous, Normands de race franke et germanique, qui y manqueront le plus.

Mes chers concitoyens ,

Salut et fraternité.

BELLÉE,

Avocat à la Cour d'appel de Paris , mais agriculteur de profession et de race d'agriculteurs depuis plus de huit cents ans, d'abord dans différents lieux de la Normandie, du Maine et de l'Anjou^ et aujourd'hui à Saint-Lô-d'Ourville, dans l'arrondissement de Valogne, depuis près de quatre cents ans.

P. S. Pour ceux du système renversé qui portent ou se donnent ou ne se donnent pas de particule, et qui, nous regardant comme un payscm, nous méprisaient à ce litre (il y en a au moins un, mais nous le lui rendions !), parce qu'ils nous sentaient du cœur et quelque valeur dans l'esprit et qu'ils n'en ont pas, qui sd liupperaient avec nous dans la lutte électorale qui va avoir lieu, nous répotidrbns qUe, quelle que soit leur prétention à la noblesse, nous le sommes encore plus qu'eux, bien plus anciennement qu'eux; que les manchons de notre chrtrrue qiië tions avons tant tenus, ne nous ont pas enlevé la dignité du caractère, les nobles sentiments de l'âme, l'esprit de loyauté, la décence, l'amour du bien et de nos semblables, et que dans toutes les grandes affaires, soit de pure chevalerie, soit pour là défense du territoire elThonneur de la France, nos ancêtres, du côté de notre père et de notre mère, y ont concouru. Nous en avions à la première croisade sous Robert Courte-lieuse, avec les Tancrèdes, ces émules presque d'Osirii et d'Hercule^ en Italie, en SicilCj en Grèce, et dont les descendants vivent encore aujourd'hui dans les Etats de Venise elle duché de Raguse; en Angleterre, avec Guillaume et ses successeurs, sous les noms aujourd'hui des IIay(1), des Foley, des Follett, sous ceux des Belay, des Bellai, etc. Qu'au siège de tJrida^ en 1660, deux des nôtres y périrent très bravement et glorieusement, conmie capitaine l'un, comme porte-enseigne l'autre, du régiment de cavalerie des gardes^ donné au vice-roi de Catalogne et de Barcelone , le comte d*Harcotiri, par «lélégation de l^ouis Xlll ; et puis enfin, ce qui vaut encore mieux, que nous avons (|Uelques idées sociales pratiques pour notre contrée dans la tête, et d'autres sur la constitution des sociétés, provenant de nos études, à exposer devant une Assemblée conslituanle de notre pays', au lieu des phrases banales et sanà portée ni vérité que nous avons entendues depuis tant d'années.

(1) Les de La Haye (bupuius), de La Haye d'Aigneaux, les de Follet.

Imprimerie de Guiraudet et Jouaust, rue Saint-Honoré, 315.

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RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ

MiMFESTË DU COMITÉ ÉLECTORAI

DE LA

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