‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 67 sur 236 · X. CHAMBELLANT · texte numérisé non relu

X. CHAMBELLANT

Cultivateur à Condé, canton de Houdon.

Paris. — Imprimerie Lacrampe et Fertiaux, rue Damiette, 2.

AUX ELECTEURS

du département de la Manche.

Mes Concitoyens,

Quelques amis m'ont proposé à vos suffrages comme représentant du département de la Manche à l'Assemblée Nationale.

Je dois à tous de dire à quels titres j'ai été proposé, à quels titres je viens moimême solliciter la plus haute marque de votre confiance.

Quelques mots sur ma vie feront juger si mon caractère, si mes principes offrent les garanties d'indépendance, de loyauté et de patriotisme qu'on demande au député du peuple.

Né dans le département, d'une ancienne famille de cultivateurs, j'ai senti de bonne heure que le travail seul donnait la véritable indépendance, la vraie noblesse.

Les institutions sévères et patriotiques de l'École Polytechnique n'ont fait que fortifier en moi ces sentiments.

Pour satisfaire à cette exigence de ma nature, j'ai préféré, à ma sortie de l'École, la carrière laborieuse et libre des sciences, aux carrières publiques qui m'étaient légitimement ouvertes.

Si plus tard j'ai accepté les fonctions de répétiteur, et successivement d'examinateur de physique à l'École Polytechnique, c'est que ces fonctions librement conférées par le suffrage des professeurs ne sont jamais le prix de la faveur ou de l'intrigue.

Je puis donc dire avec fierté que rien dans mon passé n'est en désaccord avec la devise de l'homme libre : Liberté, Patrie !

La liberté ! non cette liberté dont le souvenir fait encore frissonner nos pères, mais cette liberté sainte qui, consacrant tous les droits, permet à toutes les forces sociales de se produire, de se développer et de s'unir dans l'intérêt et pour le bonheur de tous.

Après bien des ébranlements, bien des mécomptes, la société française attend encore cette liberté sage et forte.

C est ayec la volonté d'employer mes forces à l'établir, avec la conscience d'avoir le courage de la défendre contre toutes les usurpations et toutes les tyrannies, que j'ose aspirer au litre glorieux de Représentant de la nation.

Si vous m'en jugez digne, mes efforts tendront surtout à obtenir, à assurer 1 émancipation, tant de fois promise, toujours ajournée, de la classe la plus nombreuse, la seule réellement productive, de la classe des laboureurs; de cette classe rjue tous les régimes, héritiers des vieilles maximes féodales, ont jugée tailiahlc et corvéable à merci et à miséricorde. Comptons sur Dieu et sur notre droit.

Cii. CABART,

Ancien ilèYe de l'École Polytechnique.

Imp. de Bacheueh, rue du Jardinet, 12.

AtX CITOYENS

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