‹ Les musardises, 1887-1893Chapitre 41 sur 67 · SILENCE · texte numérisé non relu

SILENCE

Délassement délicieux. Cerveau g-uéri

De tous les coups dont il était endolori

Par tout le bruit que l'ont tous les gens ([iiOn rencontre

Et qui ne cessent pas de parler pour et contre

La chose indifférente ou rindi\idn \ain.

Suprême réconfort. Bain d'eau fraîche... le hain

Oiî les rêves lassés laissent tremper leurs ailes!

(Mais, quand ces ail(;s-là rebattront, auront-elles

Jamais l'incomparable et divin battement

Des plumages muets qu'écoutait Saint-Amant!*)

0 silence!

Et surtout, ne plus jamais cnlenrlre Ceux qui disent, venant |)ar le 1)outon vous prendre : (' Expliquons-nous ! »

Grands dieux ! ne nous expliquons plus 1 On ne s'entend que grâce à des malentendus.

lilLIJ'/f ])E REMERCIEMENT

Mon chc!' Mécène, quelques lignes M'avisent que votre intendant Vient de ni expédier deux cygnes Pour embellir mon humble étang.

Priant les dieux qu'il ne s'égare Sur leurs plumages éclatants Aucun des charbons de la gare,.

Je les attends! je les attends!

Après avoir brossé sa veste El mis dans ses poches du pain, Le vieux jardinier, d'un pas leste.

Est allé les chercher au train.

Page 1