‹ Les musardises, 1887-1893Chapitre 50 sur 67 · LA BRANCHE · texte numérisé non relu

LA BRANCHE

Cette branclip pendante et gracile de saule,

Qui vibre parce que l'eau vibrante la frôle,

Ayant voulu sans doute écouter de plus près

Ce que dit le ruisseau dans son tumulte frais,

Se pencha, d'une souple inflexion de tige.

Un peu d'abord, puis trop, — maladresse ou vertige!

Et l'eau, par luie feuille, en courant, la retint :

Si bien qu'elle, à présent, dont c'était le destin

De vivre, avec toujours le même geste calme,

Dans l'azur, d'une \ie indolente de palme.

Elle doit s'agiter sans cesse, trembloter.

Sangloter quand il plait à l'eau de sangloter,

Se secouer gaîment si l'eau devient rieuse.

Et s'épuiser en longs émois, la curieuse,

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